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Interview Steve Smyth (face à face)
Salut Steve. Merci de m’accorder quelques instants. Votre tournée européenne en compagnie d’Overkill vient juste de débuter... Et cela a commencé en France. Il me semble que c’est la première fois que tu donnes un concert ici avec One Machine, n’est-ce pas ?
Oui, nous avons commencé à Lyon. Nous donnons notre troisième concert de la tournée ce soir. C’est vraiment génial… Avant cette tournée, nous avons donné deux concerts en Italie en tant que tête d’affiche et ça s’est vraiment très bien passé. Nous avons joué pendant 70 minutes devant un public très sympa qui avait vraiment envie de nous voir sur scène. Cela valait vraiment le déplacement, en plus cela nous a permis de nous mettre en condition pour cette tournée. Alors oui, c’est vraiment super, nous sommes tous très enthousiastes.
Cela fait longtemps que tu travailles dans le domaine de la musique, mais One Machine est un groupe assez récent. Vous n’avez pas encore eu l’occasion de faire beaucoup de tournées, n’est-ce pas ?
En effet, nous avons commencé à tourner dès nos débuts, environ deux semaines avant la sortie de notre premier album. Nous avons participé à un festival au Danemark… A cette époque, Mikkel Sandager et Tomas Koefoed faisaient encore partie du groupe. Par la suite, Mikkel a décidé de ne pas continuer avec nous, c’est à ce moment-là que Jamie a eu l’idée de faire appel à Chris (Hawkins) pour le remplacer, nous l’avons donc contacté…
Au fait, comment l’avez-vous connu ?
En fait, il a pris des cours de guitare avec Jamie qui enseigne à l’école de musique de Bristol. Chris a d’abord suivi le cursus consacré à la guitare mais il a finalement changé d’avis pour étudier le chant… Et finalement ce choix lui a plutôt réussi. Il continue à jouer de la guitare mais son point fort reste le chant. C'est donc Jamie qui le connaissait et il savait également qu'il avait terminé ses études. Nous avons donc pu le contacter pour lui demander d'enregistrer quelques démos et le résultat était vraiment à la hauteur de nos espérances. Nous l'avons donc invité à jouer avec nous et nous avons travaillé pendant trois semaines afin de mettre les choses au point... Il apprend vite, il y est parvenu sans difficultés.
Avez-vous pressenti que Mikkel allait quitter le groupe ou est-ce que son départ a été une véritable surprise pour vous tous ?
Oui, pour répondre sincèrement, je peux te dire qu'il y eu plusieurs signes avant-coureurs... Il avait des problèmes à régler avec sa famille et d'autres soucis à gérer. Il avait des problèmes personnels assez compliqués à l'époque... Il n'avait pas d'autre choix, il manquait de temps.
Votre line-up a subi d'autres modifications entre votre premier album et le second…
Oui, Thomas a quitté le groupe pour des raisons similaires. Rafael (Saini, le batteur) nous a également quittés, mais dans son cas il s'agissait d'un problème d'affinité, il ne parvenait pas à s'intégrer, cela ne fonctionnait pas vraiment... Il faisait également partie d'un autre groupe, mais il ne nous en a pas parlé au départ. A l'époque, on essayait d'organiser des concerts pour nos tournées et nous ne comprenions pas pourquoi Rafael ne nous aidait pas à accélérer les choses...Et tout à coup, il nous a annoncé qu'il s'était engagé auprès d'Iced Earth, puis il a quitté le groupe. Nous avons donc fait appel à Michele Sanna pour l'enregistrement de “The Final Cull” mais malheureusement au final il a également quitté le groupe pour des raisons d'affinités. Mais actuellement, c'est Matt qui nous accompagne en tournée.
En effet, je viens juste de le rencontrer et je l'ai reconnu, c'est lui qui joue de la batterie dans le clip que vous avez enregistré pour le morceau "Forewarning", n'est-ce pas ?
Oui, tout à fait, c'est bien lui. Il nous a rejoints dès que nous sommes partis en tournée pour promouvoir cet album, au mois d'août. Stefano nous accompagne également. Je le connais depuis longtemps, il a joué dans le groupe Savage Messiah et je l'ai contacté lorsque Tomas nous a annoncé qu'il ne serait pas disponible à cause de ses engagements familiaux. J'ai contacté Stefano à plusieurs reprises pour lui demander s'il était disponible pour nous rejoindre. A l'époque, je ne savais pas qu'il était sur le point de quitter Savage Messiah, mais en tout cas cela tombait plutôt bien. Tout se passe très bien depuis son arrivée, mais je ne suis pas surpris, car j'avais un bon pressentiment à son sujet. C'est une personne géniale, c'est un excellent musicien qui a vraiment l'esprit d'équipe. Chris est également motivé, nous sommes tous sur la même longueur d'onde.
Malgré tout mon respect pour Sandager, je trouve que Chris Hawkins reste le meilleur choix pour One Machine. Il a fourni une excellente prestation sur “The Final Cull”…
Oui, c'est exact, c'est le chanteur idéal pour notre groupe. j'avais quelques idées de mélodies et de lignes de chant et je voulais lui en parler lorsque nous avons travaillé ensemble sur cet album l'année dernière. Et bien je n'ai même pas eu besoin de le faire car il m'a directement proposé des idées qui étaient similaires aux miennes ! Cela m'a vraiment surpris ! Je me suis même demandé s'il n'avait pas lu dans mes pensées ! (rires) Nous avions imaginé les mêmes choses... et ses idées étaient même meilleures que les miennes. Nous avons travaillé sur quelques petites choses, après ça je l'ai laissé étudier le concept futuriste que j'avais en tête : la révolution numérique, la réalité virtuelle... Ces changements sont progressifs mais bien réels.
Cela explique le clip de "Forewarning"…
Oui, oui, tout à fait ! Cela peut paraître ridicule, mais nous avons fait de notre mieux pour exploiter ce genre de thème. (rires)
Et je suppose que c'est également pour cette raison que vous avez choisi de reprendre le morceau “Computer God” de Black Sabbath et de le proposer comme titre bonus. J'imagine que c'est parce que le texte de cette chanson s'accorde bien avec le concept de votre album…
Oui, exactement ! Nous avions composé neuf morceaux pour cet album et j'ai eu envie de reprendre ce titre car il correspond bien au thème que nous avions choisi. C'est vraiment un excellent morceau qui proposait une vision assez réaliste de l'époque actuelle lorsqu'il a été composé, vingt-quatre ans auparavant. Et en effet, je me suis dit qu'il correspondrait bien et que le reprendre serait une bonne façon de compléter l'album. Il est uniquement disponible sur le CD, vous ne pourrez pas l'écouter sur iTunes, Spotify ou autre...
On remarque nettement que vous avez progressé de manière impressionnante lorsque l'on compare votre premier album au second. Votre musique reste très technique et variée, vous avez également conservé votre style thrash mais votre son est devenu à la fois plus précis et plus accessible …
Oui, nous avons réussi à trouver un équilibre, je trouve que l'ensemble est plus harmonieux. Lorsqu'on doit composer, je m'isole généralement avec Chris pendant quelques jours pour travailler sur les mélodies. Nous travaillons ensemble pour trouver des idées intéressantes à proposer aux autres membres. Nous n'enregistrons plus de démos, comme nous le faisions pour le premier album. Et j'ai également conservé quelques morceaux inachevés pour que nous puissions les compléter et les enregistrer ensemble en studio. Je pense que cet album est différent pour deux raisons... Nous avons vraiment fourni un travail d'équipe, nous échangeons davantage, nous travaillons tous ensemble sur les arrangements, ce genre de chose. Et nous avons joué les morceaux en live pour les enregistrer. Je voulais procéder de cette façon car c'est ce que nous avions fait avec Vicious Rumors, dans les années 90, et cela avait vraiment bien fonctionné. C'était sympa, tous les morceaux ont été joués en live et cela m'a beaucoup plu...Et cela permet de donner une idée précise du son que le groupe a lorsqu'il est sur scène.
As-tu déjà des idées concernant le thème ou le style de votre troisième album ou est-ce encore trop tôt pour cela ?
Pour le moment, nous restons concentrés sur la promotion de "The Final Cull". Mais j'ai tout de même quelques idées de textes et quelques riffs en tête pour le prochain album. En ce qui concerne son style musical, je pense que nos deux premiers albums représentent assez bien le style que nous avons choisi de développer. Nous allons sûrement poursuivre sur la même voie afin d'améliorer le son de One Machine.
Tu es originaire de Californie, n'est-ce pas ? Quelles sont les raisons qui t'ont poussé à quitter ton pays et à t'installer en Angleterre ?
Je viens de la "Bay Area" et j'ai toujours été fier de mes origines, car il s'agit d'une région célèbre aussi bien sur le plan historique que musical, et pas uniquement dans le domaine du metal. Je l'ai quittée pour plusieurs raisons : premièrement, mon épouse est britannique. Nous avons discuté afin de choisir un endroit ou nous installer à l'époque. Et l'état pitoyable de la situation économique de l'époque nous a poussés à nous installer en Angleterre pendant quelques temps. Et finalement, la crise s'y est également installée, et bien... 10 ans plus tard ! Ha ha ! La seconde raison qui m'a poussé à faire ce choix, c'est mon désir de travailler avec des musiciens de metal talentueux. Et je savais que cela serait plus facile à faire en Europe et au Royaume-Uni. Je tenais vraiment à former un groupe uni et soudé. Cela m'a pris du temps mais nous avons finalement réussi à former le groupe idéal. J'en suis ravi et je suis sûr que cela fonctionnera. Nous continuerons à travailler ensemble tant que nous serons tous sur la même longueur d'onde.
Peux-tu nous dire quels sont les guitaristes/musiciens qui t'ont donné envie de faire carrière dans la musique et quels sont ceux que tu admires le plus aujourd'hui ?
Parmi mes premières influences, je peux citer Angus Young et Joe Perry, cela peut paraître étrange, car nos styles musicaux sont diamétralement opposés. Mais ils m'ont donné envie d'apprendre à jouer de la guitare. Par la suite, j'ai trouvé l'inspiration en écoutant Randy Rhoads, Yngwie Malmsteen, des groupes classiques de NWOBHM (Maiden, Priest, Sabbath, etc.), Akira Takasaki et Loudness ("Disillusion" est mon album préféré). J'ai également découvert Metallica et le “Big 4” quand j'étais gamin, ils m'ont donc tous influencé d'une certaine façon. Egalement Dio, Vivian Campbell, tous les membres du groupe Dio en fait, ils ont tous eu une grande influence sur moi. J'admirais ce groupe car ils étaient vraiment soudés et jouaient si bien ensemble sur scène. Je considérais Dio comme un sage. A présent, j'admire de nombreux musiciens issus de la jeune génération : comme le groupe Havok ou Revocation, mais je ne m'intéresse pas tellement aux nouveautés, même si mes proches me conseillent parfois d'écouter certains artistes. Pour le moment, je reste concentré sur One Machine, je n'ai pas vraiment le temps d'écouter d'autres groupes.
Tu as travaillé avec des groupes légendaires comme Testament, Vicious Rumors, Forbidden ou Nevermore... Comptes-tu réitérer cette expérience à l'avenir ? (à l'exception de Nevermore pour des raisons évidentes) ? Quels sont tes plus beaux souvenirs ou les plus belles réussites que tu as obtenues en collaborant avec ces groupes ?
Et bien je réponds toujours la même chose à cette question : personne ne sait de quoi l'avenir sera fait. Mais pour l'instant, je consacre tout mon temps à One Machine. Nous mettons tout en œuvre pour faire connaître le groupe et garantir son succès, et cela n'est vraiment pas une tâche facile dans l'industrie musicale actuelle. Mais nous ne baissons pas les bras et nous ferons tout notre possible pour réussir !
Il y a plusieurs années, j'ai lu quelque part qu'Eric Peterson était en train de préparer le troisième album de Dragonlord. As-tu des informations à ce sujet ? Comptes-tu y participer ?
J'en ai également entendu parler, mais j'ai définitivement quitté Dragonlord en 2005. J'ai quitté le groupe car j'avais toujours des problèmes pour organiser mon emploi du temps et assurer les tournées avec Nevermore et Dragonlord. Nous devions donner 185 concerts sur une période de deux ans avec Nevermore afin de promouvoir l'album "This Godless Endeavor", et je n'avais plus de temps libre pour faire autre chose. J'ai passé de bons moments avec le groupe, j'ai découvert le côté plus sombre de ce style de musique. J'ai également composé des morceaux pour les deux albums et j'ai participé à la tournée promotionnelle de l'album "Rapture".
Y-a-t-il du nouveau concernant ton projet instrumental EssenEss ? Est-il toujours en cours ?
Ha ha ! Et bien oui, nous allons essayer de terminer notre deuxième album cette année (ce sera notre deuxième album en 10 ans de carrière). Souhaitez-nous bonne chance, il sera peut-être terminé et disponible en 2017 !
Quels sont vos projets suite à cette tournée européenne ?
Nous allons continuer les tournées jusqu'à la fin de l'année. Nous reviendrons en Europe pour une tournée plus importante et nous donnerons également plusieurs concerts en tant que tête d'affiche en Amérique du Nord à la fin de l'année. Nous allons aussi participer à plusieurs festivals au Royaume-Uni cette année. Nous jouerons notamment sur le seconde scène (La Scène Sophie Lancaster) au Bloodstock festival et nous participerons à plusieurs petits festivals comme le Festival Thrashersaurus à Norwich et la Mammoth Fest à Brighton au mois d'octobre.
Je te propose d'adresser un message à nos lecteurs afin de conclure cette interview :
Je tiens à remercier tous nos fans pour leur soutien et leur patience, cela fait deux ans qu'ils attendent de nous voir en France ! Notre séjour nous a beaucoup plu et nous avons hâte de revenir vous voir dans quelques mois alors "merci beaucoup". Et merci de consulter notre page sur un de ces réseaux sociaux pour obtenir des informations sur nos tournées :
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