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Groupe:

Plane R Fest Association les Sonorités de M

Date:

18 Juin 2026

Interviewer:

philippec

Interview Jonathan et Jean-Michel (Plane R Fest)

Bonjour, et merci de prendre le temps de répondre aux questions du webzine Aux Portes du Metal. Je suis Philippe. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter (nom, prénom, rôle au sein de l’association, parcours) ?

Jonathan : Hello, Je suis Jonathan VAN PASSENHOVE, le président de l’association. Je suis dans l’association depuis 2017, et j’ai commencé au plane'R Fest dans un 1er temps au parking, ensuite en tant que responsable Run, puis co-référent accueil artistes.

Jean-Michel : Je suis Jean-Michel Marchand / Organisation / Coordination générale

Comment avez-vous découvert le metal, et en quoi cette musique a-t-elle influencé votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

Jonathan : Dans les années 2000, mon meilleur ami et parrain de ma fille, malheureusement décédé depuis, m’a fait découvrir des musiques comme Within Temptation, Epica, surtout Linkin Park. J’ai fait mon petit bonhomme de chemin, en écoutant surtout du NU Metal (Deftones, etc…). Ensuite, le Plane'R Fest m’a fait entrer de plain pied dans la musique Metal au point que maintenant je saoule ma famille avec ça

Jean-Michel : J’ai découvert le métal par l’album Killers de Iron Maiden, plus qu’un choc, une révélation, et ensuite, la scène métal des années 80 et la richesse des groupes présents sur cette période m’a définitivement influencée. Même si j’ai des gouts musicaux très éclectiques et écoute vraiment toute forme de musique hormis le Rap pour lequel je n’arrive que rarement à adhérer, je suis resté très attaché à la musique métal et la richesse des styles.

Quelle est l’histoire derrière la création de l’association Sonorités de Montcul ?

Jonathan : Le festival était entièrement géré par la mairie au début du projet. Lorsque le festival a pris de l’ampleur, la mairie a décidé de créer une association indépendante d’elle afin de prendre le relais sur tout ce qui pouvait être logistique.

Jean-Michel : En fait le portage du festival avait besoin d’un relais derrière la mairie afin de pouvoir porter l’organisation, et notamment, la gestion des 350 bénévoles qui s’investissent chaque année dans cette aventure. C’est également plus simple pour une association, d’aller chercher des partenaires privés qu’une Mairie, et, en étant plus terre à terre, une association a également plus de réactivité et de facilité qu’une collectivité pour gérer des imprévus de dernière minute.

Quelles étaient vos motivations et vos objectifs au lancement de cette initiative ?

Jean-Michel : Au départ du montage du festival, l’idée était de professionnaliser un festival très amateur, en un évènement plus professionnel, qui permettrait également d’accueillir plus de public et de groupes confirmés. L’objectif originel étant plus une programmation Pop / Rock que 100% métal.

Qu’est-ce qui vous a poussé à imaginer un festival entièrement dédié au metal ?

Jonathan : La musique Metal est un magnifique tremplin pour la visibilité de la commune a travers la France. Le festival, lors de sa création, n’était pas un festival metal à proprement parler. J’aime à penser que c’était une grande fête de village. En 2017, la mairie a décidé de prendre MEDIATONE afin de l’aider dans l’organisation du festival depuis la programmation s’est tournée vers toutes les sortes de métal, c’est aussi ça qui fait la force du festival !

Jean-Michel : On peut dire que l’évolution s’est faite assez naturellement. Tout d’abord, le constat lors de l’édition de 2017, que le public metal s’était largement déplacé sur le festival, au contraire du public plus « main stream », et la rencontre d’Eric Fillon de MEDIATONE qui nous a amené son expertise en tant que programmateur a été déterminante. Il nous a orientés vers une programmation Punk Métal en 2018, puis clairement metal par la suite.Les résultats en termes d’affluence ont été immédiats, et la gentillesse du public a fait qu’en aucun cas, la question de revenir sur cette programmation ne s’est posée. Le succès et l’augmentation continue de l’affluence confirment la pertinence de ce choix !

S’agissait-il de combler un manque, d’exprimer une passion ou de concrétiser un rêve ?

Jonathan: Je ne pourrais répondre à la question étant donné que je n’ai pas créé moi même ce festival, mais je pense qu'à la base, c’était une envie des passionnés de notre commune, et l’envie commune de créer un évènement récurrent sur Colombier Saugnieu.

Jean-Michel : Combler un manque, certainement pas. Pour moi, l’aventure dans l’organisation du Planerfest est venue à la suite d’un coup de fil du créateur du festival, qui est un ami proche, et qui cherchais des bras pour lui filer la main pour l’organisation du festival originel. J’y suis allé par amitié, et aussi pour voir comment ça se passait et ce que je pouvais amener car j’avais déjà une sérieuse expérience dans l’investissement associatif, et l’organisation d’évènements, même si ils n’étaient pas aussi gros que ce que le Plane'R Fest est devenu. Petit à petit, on a vu le festival grandir, et c’est maintenant devenu un investissement à plein temps qui m’occupe toute l’année sur mes rares temps libre, mais c’est devenu vraiment passionnant de s’investir ainsi, en essayant année après année, de continuer à faire grandir le festival et trouver chaque année, une petite nouveauté afin de continuer à surprendre et étonner notre public !

Comment avez-vous choisi la ville et le site qui accueillent le festival ?

Jean-Michel : Très simplement, car c’était porté à 100 % par la municipalité à l’origine.

Quels critères ont guidé ce choix ?

Jean-Michel : Ce sont surtout les critères du choix du hameau, car il y a 3 hameaux à Colombier Saugnieu, et le choix s’est naturellement porté sur Montcul, car c’est le hameau qui possédait les infrastructures d’accueil les plus pertinentes. Choix qui nous a aussi servi car on joue énormément sur le mot Montcul dans la communication de l’évènement… Et du nom de l’association.

Organiser un tel événement dans votre région représente sans doute un défi financier important ?

Jonathan : Tout à fait ! Ça représente un défi constant. Nous cherchons chaque année à faire en sorte que ce festival ne soit pas un poids financier.

Jean-Michel : Colossal défi. Clairement, sans le soutien de la mairie, actuellement, il nous serait très compliqué d’organiser le festival avec les bases actuelles….

Quelles sont aujourd’hui vos principales sources de soutien (partenaires, subventions, mécénat, billetterie, etc.) ?

Jonathan : Tout ce que vous citez ici plus haut : Nos nombreux partenaires que nous remercions très fort car sans eux, nous ne serions pas la. Les subventions communales mais aussi régionale, puis évidement la billetterie.

Jean-Michel : Pour être plus précis, aujourd’hui, les recettes se divisent à hauteur de 40% en billetterie / 40 % en recettes merch / bar / Food, et 20% en mécénat et subventions.

La programmation du Plane’R Fest est chaque année très ambitieuse. Comment sélectionnez-vous les groupes et les artistes ?

Jean-Michel : On fait actuellement confiance à Eric (Médiatone), qui est en charge du booking. On parle quasi quotidiennement (Il doit me maudire) parfois des groupes qui tournent, des opportunités, des nouveautés, et de comment équilibrer la programmation entre groupes confirmés et groupes en devenir. C’est ainsi qu’on a eu des groupes comme Rise, Landmvrks, Ten 56 ou Resolve au début de leur carrière.

Travaillez-vous selon une ligne éditoriale précise (découvertes, têtes d’affiche, scène locale) ou de manière plus instinctive ?

Jonathan : Médiatone gère cette partie, mais il faut savoir que nous cherchons évidemment à avoir de gros noms, mais que nous promouvons également la scène locale (par exemple via le tremplin).

Jean-Michel : Je dirais que hormis des opportunités impossibles à refuser, nous commençons par la recherche des têtes d’affiche, puis ensuite nous déclinons la programmation en essayant d’équilibrer les styles d’une part, et les formats des soirées d’autre part. C’est clairement une gymnastique compliquée car on travaille avec un budget très serré. Il faut donc faire attention au dérapage, car l’interrogation sur le fait que nous puissions nous tromper sur le choix des groupes et donc de l’affiche est toujours présente. C’est toujours une forme de pari que nous essayons de rendre le moins risqué possible. Pour le moment, je pense que nous nous sommes pas trop trompés dans nos programmations, même si on peut toujours trouver a redire. Mais la présence du public nous conforte dans cette idée.

Sur le plan technique, qui vous accompagne pour le son et les lumières, collaborez vous avec une équipe locale ou avec des prestataires spécialisés ?

Jean-Michel : Les deux en fait. Nous collaborons depuis 2017 avec BAAM et plus précisément avec David Maigrot qui est notre régisseur général, il est devenu plus qu’un prestataire, mais un ami tout comme Eric de Mediatone d’ailleurs. Pour les systèmes son et lumière, nous collaborons également avec une entreprise locale, GB4D, avec laquelle nous avons établi une relation de grande confiance au fil des ans. Il n’y a que pour les scènes, où le matériel vient d’un peu plus loin. Nous sommes très régionaux.

Quels retours avez-vous reçus du public et des médias concernant la programmation et la qualité de l’accueil du Plane’R Fest ?

Jonathan : Nous avons d’excellents retours chaque année ! Nous nous faisons un devoir de recevoir les gens comme si nous étions à la maison ! N’oublions pas que nous sommes un festival “familial” et que nous souhaitons le rester, c’est également ceci qui fait notre force !

Jean-Michel : Disons que, d'après le niveau actuel des ventes de billets, le public semble réagir plutôt positivement .

Comment évaluez-vous la fréquentation et l’ambiance au fil des éditions

Jonathan : La fréquentation augmente petit à petit chaque année, ce qui est une excellente chose car cela reflète la réputation du festival. Pour l’ambiance, comment dire, je ne connais pas de meilleur public que les metalleux. Il n'y a qu'à voir les châteaux de boue lors de la pluie durant le concert de HANABIE en 2024 !

Jean-Michel : Je trouve que nous sommes sur une organisation qui arrive à maturité. Le public s’identifie à cette organisation ainsi qu'à la qualité des produits que nous lui proposons. Et il nous le rend largement avec chaque année une ambiance de plus en plus folle. Charge à nous de continuer sur cette voie afin de le motiver encore davantage. Pour la fréquentation, elle a toujours connu une croissance constante, même lorsque d’autres festivals rencontraient des difficultés. Je pense que c'est un signe positif sur notre approche du festival.

Et sur le plan économique, parvenez vous à maintenir un équilibre budgétaire ?

Jean-Michel : Non, malheureusement, on est encore beaucoup trop fragile et dépendant du soutien de la collectivité. Je vais en profiter pour lancer un message pour tous ceux qui souhaitent soutenir la scène métal française, nous sommes nombreux, organisateurs de festivals, qui cherchons des soutiens chaque année, afin de nous permettre de pérenniser nos évènements. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez intégrer le groupe de nos partenaires !

On observe une multiplication des festivals en région, et certains rencontrent des difficultés, voire des annulations. Ressentez-vous un risque de saturation dans le contexte économique actuel ?

Jonathan : Nous risquons toujours des difficultés, au vu du contexte économique actuel. Nous préférons ne pas y penser afin de créer le meilleur festival possible, abordable pour tous afin que chacun y trouve son compte.

Jean-Michel : Fatalement. Le public et ses ressources ne sont pas infinis, et les charges d’organisation de plus en plus lourdes.

Quels sont les rôles de Paco et d’Élodie dans l’organisation du festival ?

Jonathan : Paco et Elodie gèrent notre communication ainsi que la relation avec la presse. Elodie est essentielle pour nous car, en tant qu’attachée de presse, elle nous représente auprès des médias.

Jean-Michel : Accueil et relations avec les médias, organisation des interviews artistes en amont et sur le site pour Elodie. Pour Paco gestion des demandes en tout genre de plus en plus nombreuses. Et cerise sur le gateau, il est également notre DJ fou du DISKOPERO du samedi.

Un événement de cette ampleur nécessite de nombreux bénévoles. Comment les recrutez- vous et comment parvenez-vous à les fidéliser ?

Jonathan : Nous avons déjà une grosse base de bénévoles qui reviennent chaque année. Il y a évidemment des changements, des gens qui partent, d’autres qui arrivent ou reviennent. Mais généralement nous restons sur les mêmes bénévoles. Nous lançons une campagne de recrutement dès le début de l’année (Mars en général). Cette campagne est lancée d’abord sur les réseaux sociaux, ensuite, dans chaque évènement ou l’association sera présente, un QR code est à disposition et l’équipe également afin de répondre aux questions des potentielles futurs bénévoles.

Jean-Michel : On commence à avoir un réseau de bénévoles habitués, et le bouche à oreilles fonctionne très bien pour le recrutement. Il y a beaucoup d’ambiance dans cette équipe et donne l’occasion de retrouvailles chaque année. Un vrai bonheur d’avoir une telle équipe !

Pouvez-vous nous parler des équipes en charge de la sécurité (accueil, contrôle, barrières) ?

Jean-Michel : Pour tout ce qui est de l’accueil billetterie, c’est une équipe de la municipalité qui en a la charge, l’association se chargeant de l’accueil partenaires, invités, et des scans à l’entrée. Tout ce qui est palpation et fouille est à la charge d’une société privée, sous le contrôle de la Police Municipale. Il n'est pas question de faire effectuer des contrôles, fouilles ou palpations par un personnel non formé et assermenté. Pour les crashs barrière, nous avons une équipe de bénévoles (Les Licornes) qui œuvre dans nombre de festivals et maitrise parfaitement les pratiques de réception des slameurs. Une équipe vraiment au top !

Avez-vous de nouvelles ambitions, des projets ou des évolutions que vous souhaiteriez partager pour les prochaines éditions ?

Jean-Michel : Pour la suite, on est un peu suspendus actuellement sur l’orientation et le soutien que la nouvelle municipalité souhaitera faire pour le festival, mais 2027 se fera. Charge à nous de savoir réussir nos éditions et donner envie à tous de perpétuer l’aventure. L’équipe est malgré tout confiante et travaille déjà sur la prochaine édition.

Jonathan : Notre ambition est de sécuriser la tenue du festival pour les prochaines années, en satisfaisant le public, la mairie de Colombier Saugnieu, etc…

Merci encore pour votre disponibilité. Je vous laisse le mot de la fin pour conclure cette interview.

Jonathan : Merci pour cette interview. J’espère vous voir nombreux sur le site afin de partager ce moment de convivialité (et une petite mousse évidemment !).

Jean-Michel : Longue vie au Plane' R  Fest !

Venez donc discuter de cette interview sur notre forum !