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le 20 avril 2026.

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Groupe:

Revnoir

Date:

19 Juin 2026

Interviewer:

L.Red

Interview Julien & Maxime

Bienvenue dans Théra’Pit. Aujourd’hui, on se retrouve pour des confessions metal sur le divan. Si vous pouvez juste vous présenter et dire quel est votre rôle dans le groupe Revnoir?

Maxime : Moi c'est Max, chanteur du groupe Revnoir.

Julien : Je m'appelle Julien et je suis le guitariste et pianiste de Revnoir.

Alors pour commencer petite question pour décrire votre concept. Est-ce que Revnoir c'est un projet musical ou est-ce que c'est un trouble collectif parfaitement assumé ?

Maxime : Euh non on ne peut pas dire que c'est un trouble collectif, c'est réfléchi y a du trouble mais c'est avant tout un projet musical.

Julien : Dans lequel on met beaucoup d'émotion beaucoup de choses qui peuvent se passer à l'intérieur de nous, évidemment, qui se retranscrivent dans nos chansons.

Justement si vous deviez choisir un morceau qui vous représente le plus psychologiquement, ce serait lequel?

Maxime : Moi je pense que c'est In Limbo. La chanson In Limbo parle de dédoublement de personnalité, du fait de se sentir obligé d’enfiler des visages différents et de ne plus savoir se reconnaître. Qui est le vrai Max du faux Max ? C’est un peu ce que j'ai ressenti pendant pas mal d'années. Savoir qui on est ? C'est un peu ce truc-là avec lequel je me suis battu pendant plusieurs années et je pense que je n'ai pas encore fini (rires).

Julien : Pour moi, j'ai beaucoup aimé In Limbo aussi et je pense qu'une de mes préférées c'est Revenge. Ça parle des relations que ce soit amoureuses ou tout simplement des relations normales qui peuvent être toxiques et la manière dont ça peut nous impacter.

Et quand vous composez sans filtre, quelle émotion vient le plus souvent?

Maxime : Sans diriger avec un thème particulier? C'est dur mais je pense que c'est la peine tout simplement. La peine de choses qui nous marquent et c'est souvent ce qui revient comme image. Quand on pense à la négativité, c'est souvent ce qui revient. Je ne suis pas quelqu’un de colérique à la base et ce n'est pas vraiment ça qui va venir en premier.

Quel est le sujet que vous abordez facilement en musique mais difficilement dans la vie de tous les jours ?

Maxime : Tous les sujets ! Tous les sujets qui touchent à l'émotion.

Julien : Tout ce qu’on arrive pas forcément à retranscrire avec des mots c'est vrai qu'on les met plus facilement la musique.

Maxime : Ouais ouais tout ce qui peut affecter mon entourage ou moi-même je vais plus avoir de faciliter à le dire par musique. D’ailleurs je ne dis jamais que j'ai écrit ça c'est seulement les gens qui vont aller voir mes chansons qui se disent « ça va Max ? Tu vas bien ?». J’ai des parents incroyables et vraiment ils s'inquiétaient de se dire « mais tu peux écrire des choses plus positives aussi ». Mais si je fais ça c'est qu'il y a la raison. Et puis je suis pas seul, si je le fais ce n'est pas que pour moi. C'est aussi parce que quand je vois quelqu'un qui me dit qu’on lui a sauvé la vie en écoutant de la musique, en écoutant les paroles, c’est pas faux du tout, je le sais parce que ça met plus ou moins arrivé, je sais que Kaz aussi ça lui est arrivé et on a eu des moments très difficiles et qu’ils nous ont aidés et on a voulu aussi partager ça.

Sur une échelle allant du folk acoustique au brutal death metal, c'est quoi le mood d'aujourd'hui après votre passage sur la Mainstage du Hellfest ?

Maxime : C’était brutal pour nous c'était incroyable.

Julien : Il y a en fait l'instant présent qui va extrêmement vite, c’est un battement de cils. Et c'est 6 mois de tunnel, en fait une date comme ça, surtout à un stade aussi tôt dans notre petite carrière. Propulsés sur ce genre de scène, c'est 6 mois d'imagination, d'appréhension et de préparation. Il y a énormément de tensions en montant sur scène, mais on n'est pas monté stressés ou anxieux, on est monté méga excités. En fait ça fait 6 mois qu'on s'était préparé pour ça, moi qui suis un ancien sportif, c’était comme une préparation physique et mentale.

Maxime : Je pensais que j'allais avoir peur de la foule parce que c'était énorme pour moi, j'avais jamais fait autant mais non enfin de compte c'est pareil. C'est pas le nombre de personnes qui change, c'est vraiment à quel point je suis préparé pour ça ou pas. Et à quel point je me sens bien avec moi-même pendant la même journée aussi. Parce que quand tu chantes, tu ne peux pas trop laisser tes problèmes de côté, il faut déjà les avoir affrontés, ensuite c'est bon, parce que sinon ça revient toujours dans ta tête. Ça vient se mêler à tes paroles ou ça va te rappeler des choses et en fin de compte ça va te dé-focus totalement de ce que tu fais. C’était important pour moi d’arriver serein.

Justement c'est quoi votre technique de régulation émotionnelle ? Est-ce que c'est la méditation, la sophro, le headbang ?

Maxime : Avant monter sur scène je pense que c’est la respiration sans vraiment pratiquer réellement mais je respire très profondément et ça m'aide pas mal. Pour le stress en général, je le combats aussi par les jeux vidéo, j'adore jouer aux jeux vidéo. C’est le truc qui me dé-focus totalement, je peux être dans un autre monde et ça me fait beaucoup de bien de me sortir du carcan habituel.

Julien : Moi c’est plus dynamique avant de monter sur scène, j'aime bien comme au sport, faire monter mon cœur, m'échauffer, comme en plus on bouge beaucoup sur scène. J'essaie d'être bien bien chaud, évidemment, je vais aussi faire de la respiration. Mais plus en mode faire chauffer mon corps, je suis plus comme ça.

Bon, je ne sais pas s'il y a encore des échelons que vous n’avez pas encore montés ?

Julien : On est au tout tout début de notre carrière.

Oui mais ça a plutôt explosé avec la cérémonie des Foudres non ?

Julien : Pas tant que ça.

Maxime : Je pense que ce sont les réseaux sociaux qui nous ont bien aidé. On a quand même vachement cravaché pas mal de fois, mais c'était la seule manière pour nous de sortir notre épingle du jeu et on va continuer à le faire de manière un peu plus stable. Les Foudres nous ont aidé pour le Hellfest je crois qu'il y a eu un moment où ça a contribué. Et on est très, très contents justement qu’il y ait ce genre de choses qui valorise le metal français puisque ça manquait clairement même s'il y en avait d'autres qui le faisaient quand même à côté. Je pense à Arthur Alternatif qui était déjà très cool, c'est bien qu'il y en ait encore plus parce qu'on en a besoin. 

Quelle scène représenterait un fantasme absolu après cette Mainstage 2 ?

Maxime : Maintenant qu’il y a la Sphère à Las Vegas qui existe, ce serait un gros fantasme. C'est ouf parce que tu peux faire un peu comme un concert électro à avoir tout un truc visuel derrière qui te retourne le cerveau. Et j'aimerais trop avoir cet univers de cinématographique. Comme un ciné-concert mais en sens inverse, un concert et un peu de cinéma à côté.

Julien : Je peux te répondre en France et en dehors de la France? En France ce serait les Eurockéennes de Belfort. J’aime beaucoup ce festival où j’allais quand j’étais plus jeune et où j’ai vu tous mes groupes préférés. A l'étranger ça serait Rock Am Ring, Rock Im Park ou Glastonbury Festival, ça c'est légendaire.

Quand vous regardez votre parcours qu'est-ce qui vous rend plus fier ? Et qu'est-ce qui vous rend le plus inconfortable ?

Maxime : C'est dur, c'est dur comme question ce qui nous rend le plus fier. Chaque jour, quand on regarde en arrière, on se dit wow on a quand même fait ça en peu de temps et c'est fou quoi. Mais on ne s'arrête jamais sur les moments avec nostalgie en y repensant parce qu’on veut toujours aller plus loin. Aujourd'hui ce n'est pas qu'une concrétisation d'un truc, c'est pour moi un step pour aller plus loin, je veux clairement aller beaucoup plus loin et c'est déjà très, très bien ce qui s'est passé. C'est pas derrière moi mais pratiquement.

Et le plus inconfortable ?

Maxime : Bah les premiers concerts je crois en rencontre quand on y réfléchit, j’étais pas au point.

Julien : Personne ne l'était et c'est normal. Tout est allé très vite, notre premier concert c'était un concert en tête d'affiche. On était à la Boule Noire à Paris, il y avait 200 personnes ce qui est déjà beaucoup en fait.

Maxime : C'était trop bien, les gens étaient déjà réactifs à ce moment-là, ça chantait déjà les paroles et tout, c'était fou. Mais par rétrospection je me dis qu’il y a tellement eu de changements que ça me met mal à l'aise de voir les vidéos. Mais on n'a pas fait de mauvais choix tout est assumé dans ce qu’on fait.

Si votre anxiété devait monter sur scène, elle ferait quoi ?

Maxime : J'ai des trucs en tête que je ne peux pas dire (rires). Je pense que je bégayerai à un point pas possible. J’essaierai de trouver des phrases et je serai gênant tellement en fait quand je suis anxieux, je ne réfléchis plus, mon cerveau ne fonctionne plus. C’est rare que je sois anxieux, je contrôle de mieux en mieux. Mais je peux vite me laisser partir en vrille, je vais dire des dingueries alors que je ne les pense même pas mais je vais le dire.

Julien : Je monte très rarement, voir jamais anxieux sur scène. C'est tellement une libération de monter sur scène que c'est plutôt un exutoire.

Et bien c'était ma prochaine question en réalité. Est-ce que vous montez sur scène pour partager vraiment quelque chose ou est-ce un exutoire ?

Julien : Les deux !

Maxime : Ça dépend des chansons et les paroles que chante à ce moment-là. Ca dépend des jours aussi. Il y a des paroles qui vont plus raisonner moi certains jours. C’est dingue parce que je vais chanter les paroles, je vais regarder par terre, ça va me percuter et ensuite je regarde les gens et j’oublie directement l'émotion que j'ai eu souvent assez négatives, en voyant les gens. Ca contrebalance un peu tout le long du show comme ça.

Avec quel artiste vous aimeriez le plus collaborer ?

Maxime : Chester Bennington mais ça va être compliqué (rires).

Ah bah va faut aller dans l’au-delà (rires).

Maxime : Ca peut se faire, avec un petit ouija (rires).

Actuel, c'est dur parce que j'aime énormément d'artistes mais collaborer faut qu'il y ait une intention tu vois. Il ne faut pas que ce soit juste un chanteur de metal, si on veut faire des feats on essaie qu’ils soient un petit peu inattendus. C'est pas un rêve mais j'adorerais collaborer avec Yuston XIII qui est un rappeur et je trouverais ça insane de mettre autre chose qu’un mec qui fait du metal. Ou pourquoi pas Will Ramos qui fait du metal mais en chant clair. Avoir des trucs où tu ne t’y attends pas.

Julien : On vient un peu de le réaliser avec notre dernière collaboration.

Avec Carpenter, ouais il est terrible le morceau.

Julien : Je suis un fan boy depuis la première heure de Carpenter Brut je suis allé le voir pour le premier concert qu’il faisait à Paris en 2014 et on s'est rencontrés aux Foudres dont tu parlais et ce type de collaboration pour moi est hyper intéressante parce qu'elle est extrêmement inattendue, et en fait même si nos deux univers marchent très bien ensemble, personne va t'attendre avec ce genre d'artistes. On va attendre, comme disait Max, un featuring avec un chanteur, un screamer. Et moi qui aime énormément l’électro, c'était l’apothéose de faire ce genre de choses. Ca transcende les genres de musique, et pas forcément faire venir un chanteur. On le fait et on va le faire dans les prochaines chansons.

Quel est votre souvenir le plus fou de composition ou de scène ?

Julien : Pour le souvenir de composition, c'était pour une des chansons d’un premier EP qui s'appelle 20mg sur laquelle il y a du français aussi, on a fait entre 100 et 120 refrains différents avant de le trouver.

Maxime : C'était horrible. Enfin c'était un beau souvenir par rétrospection mais c’était horrible sur le moment, je pétais un câble. On avait mis 3 semaines à raison de 2h par jour.

Julien : Ça ne nous est jamais réarrivé et c'est marrant puisqu’à l'opposé par exemple je sais que sur The Pact, le premier refrain qu'il a posé c'est le refrain qu’il y a sur le CD.

Maxime : J'ai un très beau souvenir d’une track qui n’est pas encore sorti. Mais elle est très émotionnelle dans la même vague que New World mais avec beaucoup plus d'intensité. Et celle-ci… je ne peux pas en dire beaucoup plus mais elle m’a touché au plus haut point. On a tourné un clip pour ça, et je pense que ça peut se voir sur le clip. Et en live celui-ci, j’avais une émotion intense quand même ici de voir autant de monde qui restait malgré la chaleur. On a pris une grosse claque.

Julien : Moi pour le live, [à Max] j'espère que tu t'y attends à ce que je vais dire. C'était notre deuxième concert en tête d'affiche à Paris en avril 2025 à la Maroquinerie. J'ai chuté. C’est un moment où il n’y avait absolument aucun bruit parce que je me dirigeais vers mon piano, j'allais commencer à jouer au piano. Il faisait très chaud à la salle était blindée, j’ai glissée et ma tête a heurté le piano, déjà ça a fait une note. Honnêtement, je me suis déboitée la mâchoire mais je ne l'ai pas senti sur le coup avec l’adrénaline et pendant la nuit ça a gonflé et donc je suis allé aux urgences et ils m’ont recalé la mâchoire.

Maxime : Moi j'ai rigolé en plus quand il est tombé, je ne pensais pas qu’il s’était fait mal.

Julien : Il y a des vidéos de copains évidement qui ont pris le truc qui tourne en boucle, t'entends « Boum aouh, boum aouh ».

Oh non, ça a fait un même quoi !

Maxime : Ah ça fait un super même ! Je vends la vidéo pour 100 balles (rires).

Julien : Je la montre assez régulièrement en plus.

Est-ce qu'il y a une question qu’on ne vous a jamais posé et à laquelle vous aimeriez répondre ?

Maxime : J'aime beaucoup les lasagnes (rires). Un truc que peu de gens savent de toi peut-être ? Un sport que tu pratiques ?

Julien : Je fais du ping-pong à côté. C’est devenu un sport hype depuis les JO avec les frères Lebrun. Nan mais les gens pensent quand tu vois les artistes sur ce genre de scènes que on fait que ça, puis en fait comme on est en plus au début de notre carrière, on a on a tous une double vie, un boulot à côté. On a tous des boulots qui sont très différents de ce qu'on fait sur scène. Par exemple Max travaille à la Mairie de Caen.

Maxime : Je suis maitre d’œuvre dans une collectivité à Caen. Ce qui n’a rien à voir, mais faut bien manger quoi.

Julien : Mais c'est intéressant de voir qu’on est obligé de faire ça pour arriver à faire décoller notre groupe. Kaz travaille dans la vente de chaussures, Robin était comptable. Moi je suis ingénieur à côté et en fait on a tous des trucs très différents. On en parle pas souvent, mais c'est important que les gens sachent que c'est pas si facile surtout au début, que tu dois jongler avec deux vies, deux emplois du temps, les vies amoureuses. Par exemple, on a plus assez de congé payés ou de rtt. Donc on doit poser des congés sans solde, c’est une période un peu dure avant de pouvoir éventuellement être full time dans la musique.

On vous le souhaite en tout cas de ne pouvoir faire plus que de la musique. Une dernière confession avant la fin de séance ?

Julien : Publié ou pas publié (rires) ?

Maxime : À ma prof de cm2 c'est moi qui avait cassé la vitre et je m'appelle Facebook. Wouah maintenant si elle lit ça, je suis désolé, c'est moi qui avait fait ça. Ah ça fait du bien d'en parler (rires).

Julien : Mon père ne voulait pas trop que je fasse de musique parce que mon père était guitariste Flamenco il y a un certain temps. Et je pense qu’il voyait à quel point c'était dur et je pense qu'il ne voulait pas trop que je fasse de la musique. On venait d’une famille modeste donc il voulait plutôt que ma sœur et moi on fasse des études. Mais en fait au fond de moi je n'ai jamais retiré l'idée qu'un jour je ferais de la musique. Donc c'est juste que j’ai essayé de finir mes études. Évidemment, de t’assurer quand tu as besoin d’argent et surtout de faire plaisir aux parents avant de bifurquer vers la musique chose qui m'animait.

Est-ce que vous allez mieux qu'au début de l'interview ?

En duo : Honnêtement c’était super intéressant, merci.

Merci à vous de m’avoir accordé cette interview.

 

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