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Interview St Negus (par mail)
Salut St Negus et merci de ta disponibilité. Tout d’abord pour nos lecteurs, peux-tu te présenter ?Tout d'abord, un immense merci pour votre intérêt à la découverte de nouveaux artistes. Je m'appelle Nagui aka St. Negus, le Black Zeppelin égyptien et français qui fait du bruit et qui sort son premier EP. Made in 1995. Comment t’es venu ce nom St Negus ?Une connaissance m'a appelé Negus et la signification du Negus (roi des rois) me plaisait bien. Mon intérêt pour la religion m'a tourné vers le Saint (St.), ça sonnait juste bien pour moi. Parle-nous un peu de ta carrière car j’ai lu que cela fait un moment que tu joues, avec pas mal de collaborations également.Je suis un jameur dans des clubs et un lecteur de partition. Le rockeur à lunettes. Ma carrière a été en sinusoïdale entre la musique “savante” et la musique populaire, entre conservatoire et festivals rock. J'ai joué dans des projets de folk, world music, groupe de cover purement Anglo-Saxons vibe, dans des projets pop, avec des orchestres symphoniques et ce dans plusieurs pays différents. Toutes ces expériences offrent une vision élargie de la musique, ça rend la musique riche je trouve. Je me dis que je suis tous les jours à l'école. Tu as été guitariste de Dust Lovers, comment était cette expérience ?Je suis toujours le guitariste des Dust Lovers, je dirais que c'est une famille maintenant. J'ai littéralement grandis artistiquement et humainement avec et grâce à eux. Ça reste une famille avec les avantages et inconvénients ah ah. D’ailleurs tu t’es produit deux fois au Hellfest avec eux. Quels souvenirs en gardes-tu ?Une immense fierté de jouer dans un festival, je remercie les personnes qui nous ont permis d'y jouer avec Dust Lovers. J'avais 22 ans la première fois, et j'étais fier de part mon origine et mon niveau musical d'assumer ma place sur la Valley. Je pense que c'est le genre d'expérience qui te fait comprendre que t'es fait pour ça.J'ai pris un pied de malade, la première et la deuxième fois. Bon, la deuxième fois, j'ai galéré dans un avion bien en retard (Le Caire-Paris), j'arrive 2 min avant de jouer sur le site, autant vous dire que j'avais beaucoup d'énergie à rendre sur la Valley. Revenons sur ton premier EP, Mumathil. Comment est né ce projet d’EP ?Il est né d'une envie cruciale d'exister pour moi-même, je voulais m'exprimer sans compromis. C'est le but d'un premier EP je pense, de voir ce que tu as dans le ventre, qui es-tu, que veux-tu. Ce process était douloureux, long, pénible et mais j'étais tellement vivant en le faisant. Pourquoi et comment es-tu parvenu à mélanger la culture arabe et le metal ? Et quels furent les premiers retours à l’écoute de cet EP ?Je suis allé en Egypte, voir des groupes rock et metal là bas m'a sur-motivé. Envie d'être en phase avec moi même et de prendre des risques en cassant des codes. Un chant arabe avec une prod et technique occidental ? Oui, let's go.Il y a eu un super retour, les gens y croient vraiment. Maintenant, faut que ça tourne. Qu’est-ce qui t’a poussé à proposer un chant en arabe car on en trouve assez peu, voire pas du tout dans l’univers metal ?Si je le faisais pas j'aurais eu l'impression de pas être moi.Ma mère m'a motivé et aidé à écrire en arabe. C'est comme l'anglais c'est très imagé. J'ai réussi à dire des choses qui ne sonnait pas du tout en anglais voire même en français. Quels sont tes thèmes de prédilection dans les morceaux de cet EP ?Gold Veins parle d'estime de soi, d'intégration et de racisme. Shanghai parle de relation toxique et à quel point c'est bon d'en sortir. Shihab est un ange protecteur, une conscience qui vient te conseiller quand tu es au plus bas. Mumathil, “acteur” en arabe, parle du rôle qu'on joue malgré soi pour se protéger, c'est de la survie. Enfin Gems parle de l'envie de trouver sa place et de s'aimer. Quelles sont tes influences ?Guitaristique, je dirais Angus Young. Ritchie Blackmore et Josh Homme. Artistiquement, Childish Gambino, Jack White et Tom Waits. Quels sont tes derniers coups de cœur ?Boko Yout, De Staat et Reignwolf très clairement des énormes coups de cœur. Une tournée est prévue pour défendre cet EP ? Des dates, des festivals ?Une tournée est en train de se profiler tranquillement, j'aimerais beaucoup faire des premières parties. J'attends de grossir un peu le set. Quelle est la suite pour St Negus ?La suite s'écrira avec le temps, j'ai des idées qui me définissent à cette heure ci, mon EP retrace vraiment les 10 dernières années. Y’a-t-il une question que l’on ne t’a jamais posée et à laquelle tu aimerais répondre ?“Mais où trouve-t-il toute cette énergie ?” Pour nos lecteurs, peux-tu nous offrir une exclue te concernant ?J'ai un single très important pour moi qui sortira en fin d'année avec une live session faites avec School Of Rock. On est très fiers du résultat. Le single s'appelle “Harib Daye” qui signifie “enfui, perdu” en arabe littéraire. Je te remercie du temps accordé à notre webzine, et je te laisse le mot de la fin pour nos lecteurs.J'aime assez la phrase d’Alex Turner : “Don't believe the hype”, aussi un son de Public Enemy remarque.
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