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Skelethal (Azagtoth)
Rien de tel pour démarrer la journée que du bon death putride et régressif, sur la scène du Blackwater qui plus est. C’est donc au tour de Skelethal de nous ramoner les conduites, avec son death metal classique et qui semble venir d’une autre époque. Le duo de base (Jon Whiplash et Gui Haunting) qui gère basse, chant et batterie s’est entouré de deux autres compères, dont une guitariste.
Un groupe qui m’est très sympathique et qui envoie pas mal pour un premier concert de la journée, quitte à réveiller les quelques pèlerins amassés dans le bac à sable et encore cuités de la veille.
Temple Of Baal (Azagtoth)
Autant j’apprécie beaucoup ce groupe sur album, autant sur scène j’avais peur de m’ennuyer un peu… et ce fut le cas. Leur black/death aux compos assez longues n’est pas vraiment fait pour ce type d’événement, en pleine matinée qui plus est. J’imagine ça plutôt dans un cadre intimiste, dans l’obscurité. Bref, je ne suis pas rentré dedans, d’autant que les mecs n’ont pas un charisme de fou. Mais j’écouterai quand même avec intérêt leur prochaine sortie, Mysterium, prévue pour début octobre.
Hamferd (Fimbultyr + Azagtoth)
Hamferd est un groupe de Doom/Death originaire des Iles Féroé qui a gagné le Wacken Metal Battle de 2012. Habillés de façon très chic sur scène, ils nous ont délivré une musique planante de la meilleure qualité, idéale après le show plat de Temple Of Baal. J’ai trouvé leur vocaliste (qui a été recruté chez Barren Earth) assez bluffant, tant le petit homme maîtrise à la perfection tous les registres vocaux qu’il emprunte. Pendant quarante minutes, certains finissent leur nuit allongés dans l’herbe tandis que d’autres se contentent d’écouter cet excellent groupe. Le contraste avec Haemorrhage qui suivait était intéressant !
Haemorrhage (Azagtoth)
Et c’est parti pour quarante minutes de goregrind carcassien, avec les Espagnols de Haemorrhage. Dès qu’ils montent sur scène, c’est déjà drôle : le gratteux est habillé en chirurgien boucher et le vocaliste est torse nu et tout sanguinolent. C’est ce dernier qui met le feu dès le premier morceau, en gigotant dans tous les sens, haranguant la foule, jouant avec une jambe en charpie et divers autres accessoires du parfait charcutier dentiste. Et quelle voix, punaise ! J’ai adoré ce set très fun, d’autant que ça assurait aussi au niveau de la musique avec des compos certes très classiques mais qui démolissent tout. Joli contraste avec ce qui précédait, effectivement.
Metalucifer (Fimbultyr + Azagtoth)
Heavy Metal ! (rien d’autre à dire)
Oui, c'est le mot clé à retenir de ce set. Parce que Metalucifer n'a pas d'autre raison d'être que de faire du heavy metal à l'ancienne. Et comme le line-up est limite le même que celui de Sabbat, j'ai trouvé que ça faisait un peu redondant. Bref, on s'est un peu fait chier à ce concert un peu inutile. Désolé pour les fans.
Setlist de Metalucifer :
01. Heavy Metal Is My Way 02. Heavy Metal Drill 03. Heavy Metal Chainsaw 04. Heavy Metal Bulldozer 05. Heavy Metal Highway Rider 06. Heavy Metal Samurai 07. Heavy Metal Hunter
Supuration (Fimbultyr)
Encore du doom/death aujourd’hui, et français cette fois !
C’est sur la Sanctuary Stage que ça se passe et ça commence doucement par trois morceaux du premier album, l’excellent The Cube. Après le Prelude, The Elevation et 1308.JP.O8, c’est le morceau Incubation qui semble le plus toucher la foule. Problème récurrent de cette scène, le son est à peine correct et c’est dommage, car cela dessert lourdement ce groupe. Mais rassurez-vous, on arrive tout de même à apprécier le concert. L’ambiance est bonne, le groupe fait la promo de Reveries… en nous recommandant de l’acheter. C’est dans l’ensemble un bon concert, mais il va sans dire qu’ils ne faisaient que nous faire patienter pour ce qui suit : Suffocation et Nile…
Setlist de Supuration :
01. Prelude 02. The Elevation 03. 1308.JP.08 04. Incubation 05. Synergy Awakes 06. 4TX.31B 07. Tales From The Crematory 08. Suppurated 09. The Cube
Suffocation (Azagtoth)
Là encore, un groupe que je n’avais jamais vu ; pourtant, ce n’est pas faute d’être des papas du brutal death depuis de nombreuses années… Ils commencent avec une intro surprenante : un morceau de trap tout moisi (Stitches Kilos In My Bag, apparemment), qui décontenance un peu le public. Mais vu ce qu’ils ont envoyé par la suite, ce fut très vite oublié. Parce que la bande à Terrance Hobbs nous a atomisé la gueule en règle. C’est Ricky Myers qui avait pris le micro, et s’il n’est pas Frank Mullen il a autant assuré ici que derrière les fûts chez Disgorge.
De toute façon, quand on écoute un Liege Of Inveracity, un Mass Obliteration ou leur tout premier morceau Catatonia, ce sont des titres tellement puissants, complexes tout en étant truffés de riffs de malade avec ces fameux appels de guitare de Terrance Hobbs, que ça ne peut que marcher.
J’ai regretté qu’ils ne jouent pas plus de morceaux de Pierced From Within ; en fait, j’ai juste regretté que ça ne dure pas plus longtemps. Enorme claque, Suffo est à la hauteur de sa réputation. Ils ont continué leur tournée en Europe en compagnie de Nile par la suite.
Setlist de Suffocation :
01. Thrones Of Blood 02. Breeding The Spawn 03. Mass Obliteration 04. As Grace Descends 05. Liege Of Inveracity 06. Abomination Reborn 07. Pierced From Within 08. Catatonia 09. Funeral Inception 10. Effigy Of The Forgotten 11. Infecting The Crypts
Satan (Azagtoth)
Bon, j’ai raté une bonne partie de leur set pour des raisons alimentaires, mais ce que j’en ai vu et entendu m’a beaucoup plu, contre tout attente vu que ce n’est pas mon style de prédilection. Satan, c’est un peu un groupe qui a loupé le coche lors de sa première incarnation dans les années 80 malgré un premier album très coté. Mais ils sont revenus d’entre les morts plus forts que jamais, semble-t-il. Sur scène, c’est très pêchu, ce malgré leur âge relativement avancé. Le vocaliste notamment s’en sort encore très bien et leur concert nous a donné la banane à tous. A revoir, en ce qui me concerne.
Setlist de Satan :
01. Trial by Fire 02. Blades Of Steel 03. Siege Mentality 04. Twenty Twenty Five 05. Break Free 06. Incantations 07. Testimony 08. Alone In The Dock
Rappel: 10. Kiss Of Death
Nile (Fimbultyr)
Après l’énorme claque que fut Suffocation, c’est au tour de Nile de nous bulldozeriser la tronche.
La bande de Karl Sanders arrive (légèrement en retard, d’ailleurs) et retentit alors Sacrifice Unto Sebek qui lance les hostilités sur les chapeaux de roues. Exécution parfaite, présence imposante sur la scène, tout est réuni pour commencer ce concert tant attendu dans les meilleures conditions. S’ensuit alors un Kafir!, grand classique du groupe qui fédère la foule au plus haut point, tout le monde semble d’accord sur le point suivant : There Is No God! On salue ici la précision chirurgicale des musiciens et notamment de George Kollias, ce batteur exceptionnel. Suite logique de Kafir!, Hittite Dung Incantation nous envoie dans la cambrousse de l’Anatolie antique avec ses sonorités si particulières. Après quoi, nous avons droit à trois morceaux venant du nouvel album (sur huit morceaux au total) : Call To Destruction, In The Name Of Amun et Evil To Cast Out Evil. Si la première fut excellente, la deuxième était selon moi dispensable. Evil To Cast Out Evil par contre apporta un véritable plus à ce concert, de par sa puissance et son rythme effréné. C’est pour moi la grande chanson de ce nouvel album. Après quoi, on retourne à ce qu’on connaît, soit Sarcophagus qu’on ne présente plus. C’est avec un mélange de joie et de déception que sont accueillies les premières notes de Black Seeds Of Vengeance, car ce morceau sonne à coup sûr la fin du set. C’est également avec surprise que l’on voit apparaître tout Suffocation sur scène pour chanter les « Black Seeds Of Vengeance » qui termineront le concert. Difficile de se remettre de l’enchaînement Suffocation/Nile que l’on vient de subir, et c’est à Razor que revient la dure tâche de prendre le relais.
Setlist de Nile :
01. Sacrifice Unto Sebek 02. Kafir! 03. Hittite Dung Incantation 04. Call To Destruction 05. In The Name Of Amun 06. Evil To Cast Out Evil 07. Sarcophagus 08. Black Seeds Of Vengeance (avec des membres de Suffocation)
Razor (Azagtoth)
Le groupe de thrash canadien est encore un vieux de la vieille et nous a livré un set énergique et sympathique, même si d’une intensité incomparable avec ce qui avait précédé. Ceci dit, c’est un groupe que j’apprécie plus sur album que sur scène, car je trouve que ce genre de thrash vieillit assez mal (le groupe n’a rien sorti depuis 1997).
Setlist de Razor :
01. Instant Death 02. Iron Hammer 03. Cut Throat 04. Violent Restitution 05. Behind Bars 06. Stabbed In The Back 07. Sucker For Punishment 08. Speed Merchants 09. Cross Me Fool 10. Take This Torch 11. Evil Invaders
Coroner (Fimbultyr)
Changement de programme à la dernière minute : à la place de Triptykon, c’est Coroner qui joue maintenant.
Les thrashers suisses ont dû subir un certain nombre de déconvenues sonores au niveau de la guitare de Tommy T. Baron qui a cafouillé sec. Malgré cela Ron Royce semble particulièrement en forme et Diego Rapacchietti, qui a remplacé le batteur historique Marquis Marky en 2014, s’en tire remarquablement bien.
Après l’intro de Golden Cashmere Sleep, Coroner nous livre un peu de chacun de leurs albums en mettant l’accent sur Mental Vortex. Avant-dernier album de Coroner sorti en 1991, ce disque méritait vraiment que le groupe lui consacre trois morceaux aujourd’hui : Divine Step, Metamorphosis et Semtex Revolution. Le rythme est déchaîné, ce qui est inévitable au vu des partitions ultra-techniques des Zurichois. On peut dire qu’aujourd’hui les festivaliers se font malmener, la journée d’hier n’aura été finalement qu’une mise en bouche comparé à la violence de ce samedi. Pour le rappel du groupe, nous avons eu le plaisir d’entendre Reborn Through Hate, tiré du premier album du groupe, R.I.P. Coroner nous quitte au son de Die By My Hand, et malgré les problèmes de son susmentionnés, ce concert fut quand même excellent.
Setlist de Coroner :
01. Golden Cashmere (Intro) 02. Divine Step (Conspectu Mortis) 03. Internal Conflicts 04. Semtex Revolution 05. Read My Scars 06. Metamorphosis 07. Masked Jackal 08. Grin (Nails Hurt)
Rappel : 09. Reborn Through Hate 10. Die By My Hand
Tsjuder (Azagtoth)
Place au black metal des brutes de Tsjuder. Bien que leur retour discographique avec Legion Helvete ne m’ait pas enthousiasmé (la suite, Antiliv, est plus alléchante, mais j'en reparlerai), j’étais quand même curieux de voir ce que ça donnerait sur scène. Eh bien ça a la patate, même si le début du set fut pollué par un problème d’équilibrage de son de guitare (de toute manière, ce groupe devrait avoir deux guitaristes sur scène) ainsi qu’une basse inexistante. Tsjuder, c’est de la pure violence gratuite, le pit s’en souvient. J’ai bien aimé les morceaux joués de Desert Northern Hell (Ghoul et Malignant Coronation), ce sont des titres qui envoient vraiment la purée. Leur batteur AntiChristian est aussi impressionnant que sur album.
Un bon concert, au final.
Triptykon (Fimbultyr)
Dire que le groupe fut attendu ce soir serait un sacré euphémisme. La Blackwater Stage est noire de monde pour attendre la fine équipe de Tom G. Warrior.
L’introduction magistrale Crucifixus retentit pendant l’arrivée des musiciens et très vite, les Suisses commencent le massacre avec Procreation (Of The Wicked), dans une version très ralentie. Ce morceau de Celtic Frost nous ramène très loin en arrière, en 1984 précisément, et c’est la folie au Fall Of Summer. Le son est quasi parfait et Warrior, Santura, Lonhard et Slajh sont au top de leur forme.
Toujours dans la veine Celtic Frost, ce qui n’est guère pour nous déplaire, c’est Circle Of Tyrants qui suit. La présence de Tom suffit à elle seule à galvaniser la foule, il y a quelque chose de surnaturel dans le charisme de cet homme au parcours si particulier.
Premier titre de Triptykon, c’est Goetia qui sort. C’est déjà la moitié du concert et on a l’impression que ça vient de commencer. La longue Altar Of Deceit s’ensuit. C’est terminé pour Celtic Frost ce soir, nous n’aurons plus que du pur Triptykon pendant encore deux titres : Tree Of Suffocating Souls et The Prolonging pour terminer.
Rien d’autre à dire sur ce concert, probablement l’un des meilleurs de ce festival. Le son, les morceaux, l’ambiance, la présence scénique, ce fut littéralement magistral.
Setlist de Triptykon :
01. Crucifixus 02. Procreation (Of The Wicked) (Celtic Frost cover) 03. Circle Of The Tyrants (Celtic Frost cover) 04. Goetia 05. Altar Of Deceit 06. Tree Of Suffocating Souls 07. The Prolonging
Ihsahn (Azagtoth)
Après les concerts de fou de la Blackwater Stage, la Sanctuary nous invitait à venir planer aux douces mélopées progressives d’Ihsahn et sa bande.
Personnellement, j’y suis allé en total néophyte, n’ayant jamais pris le temps de m’intéresser à l’œuvre de l’ancien frontman d’Emperor. J’ai donc découvert un groupe à la musique très élaborée mais finalement assez prenante, les musiciens étant tous chevronnés bien que d’un âge certainement peu avancé et tout est réglé comme du papier à musique. Le batteur notamment était impressionnant, malgré un set de batterie somme tout assez rudimentaire. Les nostalgiques ont pu apprécier le medley de morceaux d’Emperor, repris à la sauce Ihsahn avec brio.
Une excellente surprise, pour ma part.
Setlist d’Ihsahn :
01. Hiber 02. Pulse 03. Tacit 04. Frozen Lakes On Mars 05. A Grave Inversed 06. Emperor Medley 07. My Heart Is Of The North 08. The Paranoid 09. The Grave
Abbath (Fimbultyr)
Comme l’année dernière avec Bömbers, c’est à Olve Eikemo, plus connu sous le nom de Abbath, que revient l’honneur de clôturer ce beau festival. Il va sans dire que le bonhomme est attendu, et nombre de festivaliers hurlent plutôt que scandent son nom. Pile à l’heure, le patron arrive accompagné du fameux King ov Hell et de Baard Kolstad, jeune batteur au CV impressionnant. On commence par deux morceaux de I, Battallions et The Storm I Ride. Les lumières sont colorées et assez épileptiques, l’ambiance est bonne, et personnellement j’attends tranquillement que passent les morceaux de I et la nouvelle compo d’Abbath (Fenrir Hunts) et que commencent les morceaux d’Immortal.
Les choses sérieuses commencent avec deux morceaux venant de Sons Of Northern Darkness : One By One et Tyrants. Les Norvégiens sont au top de leur forme et nous en mettent plein les mirettes. La foule connaît les chansons sur le bout des doigts et s’excite de plus en plus. Monsieur Abbath est magistral et comme à son habitude, sans aucun respect. Après une pause cigarette impromptue, il revient en lançant son mégot sur le public, mégot suivi d’une canette de bière dans la tronche d’une demoiselle du premier rang. Outre cela, Nebular Ravens Winter nous ramène à la réalité avec un son un peu rétro qui sort tout droit de l’enfer. Le légendaire frontman nous demande : "All Shall What ? ALL SHALL FALL !" Et c’est parti pour ce titre, qui envoie sévère. L’intensité ne décroît pas d’une miette tant sur la scène que dans le public, et on a maintenant droit au classique d’Immortal , le crachage de feu de Abbath. Il faut avouer que c’est classe, la combinaison du feu, de la musique et de la lumière. Après une courte pause, le groupe revient pour jouer l’ultime morceau du concert et du festival : Withstand The Fall Of Time. Au vu de l’agitation que connaît le public je ne suis clairement pas le seul à adorer ce morceau.
Par contre, les mecs, ils sont partis comme des voleurs, sans nous dire au revoir...
Setlist d'Abbath
01. Warriors (I song) 02. Battalions (I song) 03. Fenrir Hunts The Storm I Ride (I song) 04. One By One (Immortal song) 05. Tyrants (Immortal song) 06. Nebular Ravens Winter (Immortal song) 07. In My Kingdom Cold (Immortal song) 08. All Shall Fall (Immortal song)
Rappel : 09. Withstand The Fall Of Time (Immortal song)
En ce qui concerne les afters, on ne peut pas vraiment vous en parler, on est allé se coucher... Il paraît qu'il n'y en a pas vraiment le deuxième soir.
En conclusion, nous étions tous deux d'accord pour dire que cette édition fut meilleure que la première, notamment en raison des concerts énormes du deuxième jour. Ce festival a vraiment de l'avenir. A priori, il y a eu plus de monde cette année, sans que ce soit gênant pendant les concerts. Niveau espace, il y a encore pas mal de marge. Vous pouvez encore rappliquer en force l'année prochaine !
Par contre, coup de gueule au niveau des stands de nourriture : si la variété était de mise cette année (galettes/crêpes, sandwichs chauds et froids, wraps, salades), il fallait attendre facilement une heure voire une heure et demie pour être servi. La faute en grande partie au manque de discipline des festivaliers.
Ce qui ne nous a pas empêché de passer un moment inoubliable. En même temps, vu l'affiche, il y avait de quoi être amplement satisfait. Nous, on y retourne l'an prochain. Et vous ?
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