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Le 16 juin dernier, le Trianon parisien a vibré au son du heavy metal massif de Black Label Society accompagné pour l'occasion du trio britannique Venom Inc. Grosse soirée... qui a tenu ses promesses ! On vous raconte ça de suite. C'est donc Venom Inc. qui a la charge de lancer les hostilités et chauffer une salle plus que correctement remplie (le concert est annoncé complet mais à l'heure où le groupe débarque sur les planches, le Trianon n'est pas encore comble). Pour ce faire, pas de chichi, pas de blabla, d'écran ou de costumes... juste trois gars et leurs instruments, un micro monté bien haut pour que Tony "Demolition Man" Dolan puisse éructer en regardant le plafond et une sono qui vous éclate les tympans. Oui, le son ce soir est fort. Très puissant. Et ça ne va pas se calmer avec la tête d'affiche, on en reparlera. Venom Inc. : ils ne sont que trois mais ils ne manquent pas de conviction et sont bien décidés à faire du bruit. Il n'y a plus aucun membre de Venom (il n'y aura d'ailleurs que deux reprises du groupe dans le set) dans cette mouture -excepté Dolan, bien entendu - mais je reconnais le guitariste récemment embauché : il s'agit de Curran Murphy (la touche américaine du trio) que j'ai déjà vu sur scène avec Nevermore puis Annihilator vers la fin des années 90 et le début des années 2000. Il a une présence scénique assez forte, fait preuve d'enthousiasme, bouge bien, interpelle le public plusieurs fois... bonne recrue, aucun doute !  
Le set est principalement constitué de morceaux issus du premier album de Venom Inc., Avé. Le concert commence d'ailleurs avec Ave Satanas et War, bien efficaces, qui plantent le décor heavy en diable. Y aura des relents de la NWBOHM avec The Ark de Venom... un solo de batterie accompagné par les larsens de Murphy à la guitare, un Black'n'Roll bien rapide et implacable vers la fin du set, un cours speech de Dolan évoquant la communauté Metal et la tristesse que l'on ressent quand on perd certains des membres parmi les plus éminents de cette congrégation... avant de proposer une reprise de Motörhead (The Hammer) en guise de conclusion, dédiée à Phil Campbell (tiens, pourquoi ne pas avoir choisi un titre sur lequel jouait vraiment Campbell à la base ?). Pendant ce temps, la fosse du Trianon semble vraiment apprécier le set, elle se fait entendre entre les morceaux de ce set de quarante-cinq minutes rondement mené... même si elle demeure plutôt statique. Mais cela ne va pas durer... 
Setlist Venom Inc. : Ave Satanas War There's Only Black Preacher Man Cursed (Venom cover) The Ark (Venom cover) Guitar/drums jam Inferno Black'n'Roll The Hammer (Motörhead cover) Le son était fort pour Venom Inc., il est énorme pour Black Label Society (peut-être même un poil trop... ça décape !). On s'en rend vite compte dès que le quatuor déboule sur scène. Juste avant d'apercevoir les musiciens sur scène, on a eu le droit à un petit mix Whole Lotta Sabbath dans les enceintes qui a permis au Trianon de bien s'échauffer la voix... et quand le grand rideau tombe, c'est Funeral Bell (superbement introduite par son riff principal et les cloches funéraires qui vont avec) qui nous atomise pendant que Zakk Wylde secoue sa crinière dans tous les sens et que les canons à fumée accompagnent le tout. A ce moment là, la fosse est en ébullition et ça saute partout dans une ambiance de fête presque inappropriée vu qu'on est quand même en train de parler d'enterrement (funeral).  
BLS a un nouvel album à défendre, Engines Of Demolition. C'est donc naturellement sa chanson d'ouverture (Name In Blood) ainsi que single très efficace au demeurant qui arrive en deuxième position dans la setlist. Elle aussi est accueillie plus que chaleureusement. D'ailleurs, c'est bien simple, Zakk et ses sbires semblent bien pouvoir faire ce qu'ils veulent ce soir, le public est totalement acquis à leur cause et leur mange dans la main. Une telle ferveur, une ambiance aussi chaleureuse... ça fait plaisir et contribue très largement à faire de ce concert l'un des meilleurs shows de Black Label Society que j'ai pu voir depuis la création de ce groupe. Ca pogotte un peu, ça saute sur place, ça éructe pas mal, ça gueule les refrains en chœur... les fans ne se sont pas déplacés pour faire de la figuration discrète, on sent une envie de vivre le moment à fond.  
Pour en revenir au nouvel opus de BLS, eh bien, surprise... on en aura finalement très peu (Name In Blood, déjà citée... et Ozzy's Song en fin de set, juste avant le Stillborn final). Des albums références comme The Blessed Hellride et Mafia sont privilégiés (trois extraits chacun). Le groupe enchaîne les titres sans temps mort... il faudra attendre une bonne demi-heure avant que Zakk ne prenne la parole pour l'une des rares fois de la soirée. Ce moment a lieu juste après que le grand blond nous ait offert une partie de la chanson No More Tears (de son mentor décédé en juillet dernier), en la commençant à partir du fameux solo épique qui nous donne des frissons. A la fin, la salle scande "Ozzy ! Ozzy ! Ozzy ! Ozzy !" comme un seul homme... On sent une émotion assez forte chez certains et notamment chez Wylde lui-même. Le frontman nous présente alors tout son groupe, avec humour et en prenant bien son temps (façon match de boxe à l'américaine) avant de se placer derrière un piano pour démarrer In This River. Forcément, les visages de Dimebag Darrell et Vinnie Paul apparaissent sur scène, un de chaque côté (si certains l'ignorent encore, Zakk avait composé ce morceau après la disparition de Dimebag et la joue toujours en lui rendant hommage). 
Wylde change de guitare très régulièrement. Elles sont très belles. Il nous sort même un joli double manche sur The Blessed Hellride. Comme c'est le gars depuis quelques années, Dario Lorina est régulièrement mis en valeur et se fend de très chouettes solos ou duos avec le boss, notamment sur Fire It Up où Zakk et lui se lancent dans un long dialogue guitaristique en portant chacun leur instrument derrière leur tête. Le reste du groupe fait un boulot remarquable lui aussi, la section rythmique est puissante et carrée et c'est toujours un plaisir de voir le bassiste John DeServio se démener avec enthousiasme. Tout s'enchaîne assez rapidement, c'est la démonstration de force et de charisme (Zakk reste un sacré animal sur scène) mais avec un peu plus d'émotion que d'habitude, à cause du décès d'Ozzy bien sûr et de la chanson qui lui est consacrée vers la fin du show (avec des photos du Madman projetées sur le fond de la scène). Le solo est magnifique, Zakk se retourne pour saluer son boss (terme inadapté, on le sait, pour caractériser la relation entre les deux hommes), c'est fort. C'est Stillborn qui est proposé en guise de conclusion et malgré la durée assez courte du set (une bonne heure vingt), on repart rassasié et content de s'être pris une grosse claque. Carton plein pour Black Label Society qu'on imagine bien revoir prochainement vu le succès de la soirée et l'accueil mémorable fourni par une assistance surchauffée. Un grand merci à Veryshow pour l'accréditation !  
Setlist Black Label Society : Funeral Bell Name In Blood Destroy & Conquer A Love Unreal Heart Of Darkness No More Tears (deuxième partie, à partir du solo) In This River The Blessed Hellride Set You Free Fire It Up Suicide Messiah Ozzy's Song Stillborn
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