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Après une heure de route sous un chaleur encore supportable entre deux canicules, l’arrivée se fait tranquillement sur le site du théâtre de verdure de Vouneuil-sous-Biard, petite commune à une dizaine de minutes de Poitiers. Après avoir récupéré l’accréditation auprès de l’équipe bénévole (dont je souligne dès maintenant la gentillesse, le professionnalisme et le cœur), c’est Julien, l’un des bénévoles qui m’emmène faire le tour du site. Et là, la première impression est simplement le whaou. Désolé je n’ai pas trouvé d’autres mots. Le site est un écrin de verdure, rien que ça. La scène est entourée d’un amphithéâtre de verdure avec des gradins naturels en pierre, et avec une jauge d’environ 700-1000 personne tout à fait respectable. Cette même scène est entourée d’arbres, et, bien qu’il fasse bien chaud, la fraicheur arrivera très vite à la nuit tombée. Il convient de souligner que ce festival se déroule sur une journée et est en « entrée libre », chacun donne ce qu’il veut, ce qu’il peut. Ils proposent plusieurs solutions pour faire entrer quelques euros dans les caisses comme une tombola (avec une guitare comme lot principal, on ne se fout pas de notre gueule ici), mais tout est bienveillant, et ce n’est pas un piège pour sortir le porte-monnaie toutes les 2 minutes. Le festival propose aussi plusieurs stands qu’il convient de mentionner au regard de leur particularité qui va avec l’esprit du reste. La restauration et le bar est à prix très abordable, mais surtout, et c’est là la particularité, c’est le fameux rougail saucisse qui est servi à 20h, là aussi à prix libre. Il était gratuit sur les treize premières éditions, cette année c’est à prix libre. Original hein ? Ou plutôt ori-génial ! Pour compléter l’offre quelques stands de produits locaux sont présent comme un mini-marché, un espace VIP agréable, et collé au reste (les VIP sont parmi la foule et c’est une bonne idée). En bref, un festival vraiment original, simple qui ferait tirer des larmes et encore, on en est qu’au début. Pour cette quatorzième « lessive » comme ils aiment le dire, la programmation est d’une qualité impressionnante, et je vous laisse aller faire un tour sur l’interview du président qui explique le choix de la programmation qui est comme le reste, très particulière. En gros, en quelques minutes je me retrouve hors du temps, une bière à la main, à discuter de tout et de rien avec Kim Melville et Fred (Furies) son guitariste, mais aussi quelques membres de l’organisation qui m’expliquent que cette année c’est un écran LED qui accompagne la scène, l’écran gonflable de l’année dernière ayant montré ses limites. Mais comme tout avance vite, le premier groupe est annoncé par le speaker, il est tout juste 18h, le soleil tape fort sur Vouneuil. POST CONNECTION
Ce sont les locaux de Post Connection qui ont la lourde tache d’ouvrir le bal. Le site vient tout juste d’ouvrir et on voit beaucoup plus de monde autour du bar à l’ombre que sur le théâtre en plein cagnard. Il faut deux chansons au groupe pour voir le public commencer à s’approcher et prendre place dans cet amphi si particulier, qui donne une vraie personnalité au site (je ne dirais jamais assez). Le duo est composé d’un chanteur guitariste et d’un batteur, et bien que leur rock soit énergique et dynamique et qu’ils se donnent à 200 %, le public reste très sage et poli. On compte tout juste une petite centaine de personnes dans l’amphi, et pourtant Post Connection fait son set énergiquement et leur post rock est plutôt sympa. Il fallait bien un groupe pour ouvrir le bal… Les changements de plateau durent environ une trentaine de minute, le temps de se désaltérer (merci à l’inventeur du jus de houblon), de manger un truc pour reprendre quelques forces car la soirée ne fait que commencer. 
EDGÄR
C’est au tour du groupe amiénois Edgär de prendre place sur la scène. Groupe d’electro-pop, je dois bien avouer ne pas connaitre leur discographie, ni leur univers (j’ai bien écouter un peu leur production, sans pousser plus loin la découverte qui sera totale ce soir). Le duo composé d’Antoine Brun et Ronan Mézière est rehaussé pour se proposer en formation « groupe » à quatre. Attendus comme l’un des coups de cœurs de l’organisation du festival, le groupe va s’arrêter après deux chansons. Déjà que l’affluence arrive timidement, c’est la chaleur qui a raison du matériel, l’ordinateur lâche et le groupe de retrouve à nu. Antoine et Ronan ne se démontent pas pour autant, et le temps que la technique revienne (et que l’ordi baisse en température), ils nous proposent un guitare-voix en reprenant The Sound Of Silence qui embarque le public présent avec eux. Grâce à ce titre, ils reprennent leur set sans que l’énergie ne soit trop retombée et le groupe repart plein pot, et l’amphi se remplit progressivement et s’enivre de ce rock qui n’est pas sans rappeler Fontaine D.C. (avis purement personnel, mais j’assume). Les morceaux s’enchainent à un rythme effréné et ça envoie sévère (toute proportion gardée), Edgär à envoyé le set idéal pour mettre le festival sur orbite. 
A table ! C’est l’heure du rougail saucisse ! J’ai trop de respect pour ne pas trop faire saliver nos lecteurs, mais entre-nous, ce rougail saucisse c’était une tuerie ! L’un des marqueurs de ce festival dont certains viennent aussi et surtout pour ce moment (je l’ai entendu). GAËLLE BUSWEL Voici la première tête d’affiche qui se présente sur la scène. Le décorum est plus fourni, et Gaëlle Buswel grimpe sur les planches en formation complète avec un batteur, un clavier, un bassiste et un guitariste qui fera un malheur tout le long du set en éclaboussant tout le monde de son talent. La demoiselle, toute de jean vêtu nous balance deux morceaux de blues rock, et chausse la guitare sur le troisième pour envoyer le gros son bien plus mordant. Avec deux guitares l’ensemble prend son envol et sa tutoie les sommets d’un gros niveau de gratte. Si elle ne fait pas les solos, le relai est prit par son guitariste lead qui, comme je le disais ci-dessus, nous offre une technique impressionnante. Gaëlle Buswel prend plaisir à être sur scène alternant le chant, la guitare et les cymbales, elle bouge partout et embarque le public avec elle, bien plus nombreux puisque le théâtre est bien fourni (seule la fosse est encore un peu clairsemée). Que nenni, Gaëlle descend dans la fosse et partage un moment de chant avec le public qui lui rend bien, en profite pour faire quelques messages personnels aux enfants présents, une artiste au grand cœur, et le public s’en rend compte et lui rend bien. Retour sur scène pour nous balancer un Perfect Foil dont on ressent les parpaings et les mains calleuses de sortis (enfin toute proportion gardée). On assiste à une démonstration de guitare sur le final pour nous dire que le gros son, ouais elle maitrise. Avec un set blues rock aux teintes rock et très axé sur les guitares, Gaëlle Buswel aura mis le festival sur orbite. 
Le soleil tombe de plus en plus sur le site du lavoir et, comme on me l’avait fait remarquer, la fraicheur arrive pour le plus grand plaisir de votre serviteur qui commence à se liquéfier (mais dont la bière permet de maintenir à flot).
KIM MELVILLE C’est au tour de la jeune Kim Melville de fouler la scène du lavoir. Si pour beaucoup (dont moi) cette artiste sera une découverte, je m’étais penché sur sa musique et j’avais coché ce show de mon côté comme l’un des concerts à ne surtout pas manquer. Rien que son entrée annonce la couleur. Les lights et le decorum nous font prédire que le gros son arrive tel un boulet de canon. C’est accompagné de François à la basse, de Lukas, son frère, à la batterie et de Fred à la guitare que le jeune Kim monte sur scène. Fred, pour la petite histoire, je l’avais rencontré l’année dernière car il est également le guitariste de Furies, dont nous avons déjà parlé dans nos augustes pages. Mais ne volons pas la vedette et revenons à Kim. Pas besoin d’intro ou autre joyeusetés, Kim Melville et son groupe balancent d’entrées des riffs acérés qui s’enchainent à qui mieux mieux. Le groupe joue puissant et Kim crève la scène. Le public ne s’y trompe pas et envahit la fosse et les gradins pour partager l’engouement provoqué par la demoiselle. Kim Melville nous distille un rock bien hard par moments et nombreux sont ceux qui dodelinent ou tapent leur main sur la cuisse. Elle nous gratifie d’une reprise de Dream On d’Aerosmith où l’alchimie entre Kim et Fred est impressionnante. Cette version est à tomber et me ferais presque tirer des larmes. Whoo, faut que je me reprenne, pas de place pour trop d’émotions, mais ‘tain qu’est-ce qu’elle assure ! Le set de Kim va aussi connaitre un moment d’interruption au moment au Lukas sort précipitamment de scène, ce dernier ayant pété la peau de sa grosse caisse, c’est dire s’il joue comme un damné. Fred et Kim nous proposent à leur tour un guitare-voix plutôt sympa qui voit le retour de la batterie de Lukas en seconde partie pour un final bien foutu. Ce petit break involontaire aura eu la vertu d’embarquer tout le monde, et Kim Melville déroule la fin de son set en mode patronne jusqu’à prendre un bain de foule et chanter dans le cœur de l’amphithéâtre. J’avais placé cette artiste comme un potentiel coup de cœur, ce fut une véritable découverte dont je ne peut conseiller à nos lecteurs de se pencher sur l’univers de Kim Melville dont l’album sort bientôt. 
C’est là que le festival va prendre une tournure un peu étrange puisque c’est l’heure du changement de plateau pour le final avec 7 Weeks. Une bonne partie du public commence à quitter les lieux, ce qui me surprend vu qu’il n’est que 23h, mais j’entends ça et là des bribes de noms de joueurs de football, et je me rends compte que certains ont décidé d’aller finir leur soirée dans le canapé à voir onze gus courir après un ballon. Je n’ai rien contre le foot, mais entre un France-Paraguay (dont on soulignera le match pourri), et un concert de 7 Weeks, moi j’ai choisi !
7 WEEKS Au moment ou le groupe envahit la scène, l’amphi du théâtre de verdure est moins rempli que pour Kim Melville (cf ci-dessus pour comprendre pourquoi). Tant pis pour ceux qui sont partis car on va assister à un show monumental. Le jeu de lumière est sacrément bon pour un festival, dans une teinte noire et blanche, presque blafarde qui match bien avec l’énergie développée par le groupe. Le son du trio est énorme et d’une puissance de folie. Si Julien remarque que le public est moins nombreux, il en profite pour redoubler d’effort pour celles et ceux qui sont là et on ne peut que l’en remercier. Le groupe puise dans sa discographie pour nous offrir un set aux petits oignons. Gageons que le groupe part bientôt dans une tournée pour défendre leur prochain EP qui sortira en septembre. On trouve un Gerald en grand forme à la guitare et Jeremy tape comme un malade sur ses futs. Si à cela on rajoute un Julien bien en voix, on est face à un groupe à son firmament. Le groupe joue en communion avec le public présent et nous achève morceaux après morceaux, mandales après mandales. Pour clôturer le festival, c’était le concert qu’il fallait car il marquera les esprits sans aucun doute. 
Il est tard, il est plus d’une du matin et je dois faire le chemin inverse, la banane aux lèvres. Ce festival est une expérience à vivre car il est un peu hors du temps et hors des codes grâce à une équipe de bénévoles passionnés. Ils ont su créer un évènement qui mérite bien plus de renommée qu’elle n’en a. Et pourtant, avec environ 1 500 à 2 000 personnes sur la journée c’est une véritable réussite, tant dans l’organisation, que dans le choix des artistes. Un festival familial, à taille humaine, faisant venir d’excellents artistes, sans avoir l’objectif de nous « faire les poches » il faut vraiment venir découvrir Le Lavoir Electrique. A titre personnel je remercie (et je n’aurai pas d’adjectif assez fort pour les remercier) grandement Julien Buyck et le président Hervé Carré pour l’accréditation et d’avoir pu parcourir ce festival en ayant toutes les portes ouvertes. J’ai déjà pris date pour l’année prochaine et l’édition des quinze ans. Et vous ?
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