J'ai tellement aimé l'édition précédente que je suis revenu à Montagny pour la huitième édition du Lions Metal Festival. La programmation des 23 et 24 mai derniers a également été une excellente source de motivation. Comme le montre l'affiche ci-dessous, cela valait vraiment le déplacement aller-retour entre Antibes et Montagny pour moi. Cette édition 2026, qui a réuni 21 groupes, s'est déroulée sous une chaleur intense qui n'a cessé de monter durant les deux jours, transformant la salle Le Trait d'Union en un véritable volcan. Toutefois, cela n'a pas empêché le bon déroulement de l'événement ni l'enthousiasme des groupes et des festivaliers. La première journée a débuté à 11h30 avec l'ouverture, et le premier concert a commencé un peu après midi, au moment où les festivaliers commencent à affluer. Shrimpaler C'est le groupe local Shrimpaler qui ouvre le bal. Soutenus par quelques amis regroupés devant les barrières, les quatre Lyonnais vont nous livrer un Thrash/Crossover plein d'énergie. Le jeu est rapide et puissant, et le son pour ce premier set de la journée est bien clair. Le public, qui commence à arriver, réagit positivement à l'énergie communicative du groupe et de ses fans. Shrimpaler enchaîne sa setlist sans pause. On a toutefois ressenti un peu de tension sur les premiers morceaux, mais les encouragements venant de la foule les ont rassurés, et au fil du concert, une vraie complicité s'est installée avec le public : ça pogote, ça headbangue... On peut dire que leur performance a fait sensation. Malgré la jeunesse du groupe, Shrimpaler a rempli son rôle de chauffeurs de salle. Les quatre Lyonnais ont laissé une ambiance survoltée pour le groupe suivant ! Setlist : From the bottom of the Deep hole His eyes open Look at the shit above Synaptic Huizilopochtli And sighs They’re already doomed Hellixxir Les festivaliers commencent à affluer en grand nombre pour accueillir les voisins isérois d'Hellixxir. La chaleur à l'intérieur du Trait d'Union augmente, mais cela n'empêche pas les musiciens d'Hellixxir de se donner pleinement ; leur death metal old school reste toujours aussi percutant. Musicalement, ceux du public qui ne connaissaient pas le groupe ont rapidement compris qu'ils n'avaient pas affaire à des novices.   Bien en place, efficaces et incisifs, Hellixxir transmet son énergie et son amour pour la scène au public, qui leur réponde en headbanguant intensément et en lançant les premiers circle pits de la journée. Les duels entre les deux guitaristes sont bien maîtrisés, témoignant de leur expérience. Le fait que le set soit court, sans paroles inutiles, lui donne une énergie organique et communicative, et le public est ravi ! Bénéficiant, comme le groupe précédent, d'un son de qualité, les Grenoblois très efficaces nous ont offert une demi-heure de pure énergie, leur setlist a fait un carton auprès du public qui a vraiment pris une belle claque ! Setlist : Far Away From My Precious Life Larvatus Prodeo The Plack Fortress Oxymoronic Way Of Life By The Star Se Seceived A Journey Of The Ineffable. J'ai essayé de mettre un pied dehors, mais la chaleur nous enveloppe rapidement ; en fait, que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur, la température reste constante et dépasse les trente degrés. Pendant le temps des balances d'Aesmah, je me rends à l'espace des médias, un lieu mis à notre disposition, qui est le seul endroit bénéficiant d'un courant d'air, fonctionnant un peu comme un climatiseur... Aesmah Le devoir nous appelle, on retourne dans la fournaise, car Aesmah monte sur scène. Le set débute avec Quartz pt.II, une composition tirée de leur premier album Walking Off The Horizon, que j'avais écouté en apprenant la présence des Viennois au Lions Metal Festival, mais surtout parce qu'ils étaient référencés par surprise sur mon webzine. Cette composition est un bon Death Metal Mélodique teinté d'ambiance atmosphérique et de passages ultra techniques, Olivier Girard, le créateur du groupe, est un musicien remarquable et son binôme à la guitare, Simon Moulin, n'est pas en reste non plus. Liza Bouchet au chant, en bonne frontwoman, lance le morceau suivant See How We Run qui s'inscrit dans la même veine que le premier ; on peut souligner son charisme ainsi que sa technique vocale qui s'accorde parfaitement aux compositions. Suit un deuxième titre du premier album Emerald Vision qui me fait complètement décoller, quelle intro ! Audrey Gardenat à la batterie révèle toute la subtilité de son jeu avec Raphaël Steyaert à la basse, ils forment une rythmique de feu ! Pour l'instant, je ne partage que mes impressions… Mais bien sûr, le public, encore plus nombreux, est très réceptif à leur musique, certes plus ambiante que celle de leurs prédécesseurs, mais d'une telle profondeur mélodique. Puis, musicalement, le niveau a monté d'un cran, le reste des titres est d'une qualité impressionnante, assurément leur prochain album annoncé bientôt sera une sortie à ne pas manquer ! Belle découverte ! Setlist : Quartz pt.II See How We Run Emerald Vision Before The Tide What Follows Warside Formé en 2018 à Lyon par Vince (guitare) et Jérôme (basse), Warside s’est forgé une solide réputation de machine de guerre death metal implacable grâce à ses concerts aux côtés de groupes célèbres tels que Vader ou Vomitory. Après avoir écouté leur premier album sorti en avril dernier, j’étais impatient de voir l’impact scénique de certains morceaux. Waouh ! Ça démarre sur les chapeaux de roue, quelle puissance, le tempo mené par Thomas à la batterie sur Invasive Trought, Mind Fracture est impressionnant, encore plus que sur l’album. Suit Last Blood, un titre sorti en 2020 avant l’arrivée de Mathieu au chant ; en comparant les versions, son intégration devient évidente. De plus, il a une présence scénique assez impressionnante et n’arrête pas de demander à la foule un wall of Death ou un circle pit, ce qui fait beaucoup bouger le public. Un de leurs amis monte sur scène pour hurler avec lui sur Neurocide. Le Trait d’Union est en ébullition et la reprise de Vomitory, Hollow Rétribution, ne fait qu’empirer les choses, on en est presque à suffoquer ! Après Viceral, le morceau suivant, l’enchaînement des titres Synaptic Decay et Synaptic Abyss est une pure tuerie ! Quel set ! Warside termine sa prestation avec son morceau éponyme, Warside, les Lyonnais nous ont infligé une raclée monumentale ! Setlist : Invasive Trought Mind Fracture Last Blood Neurocide Hollow Retrbution Viceral Synaptic Decay Synaptic Abyss Warside Darkfall Après avoir découvert et écouté quatre groupes remarquables de la région Rhône-Alpes, voici le premier groupe international de la journée, Darkfall, venu d'Autriche. Ce groupe a été créé en 1995 par le chanteur Thomas Spiwak, qui est le seul membre fondateur encore présent. Le concert débute, on ressent l’enthousiasme des musiciens à jouer devant nous, les cheveux des musiciens tournent comme des ventilateurs, les headbangs se multiplient rapidement aussi bien sur scène que dans le public. Thomas interagit fréquemment avec nous en levant le poing. Le death metal de Darkfall est un véritable rouleau compresseur imparable, le public, captivé par l’énergie du groupe, est en transe devant les barrières, les têtes oscillent de haut en bas en rythme avec le tempo imposé par les Autrichiens. Darkfall nous a infligé une belle raclée, le public sort comblé mais éreinté, le sol de la salle est imbibé de la sueur qu'il a versé et une odeur de fauve émane du Trait d'Union ! Setlist : Phoenix Rising blood Red Horizon Only Death Is Real Tides Of War Rise To Dominate Blutopfer The Art Insane Ride Trought The Sky Exocrine On revient en France avec Exocrine, groupe de death metal originaire de la région bordelaise, expérimenté et d’une précision chirurgicale sur scène. Pour ma part, cela faisait un moment que je n’avais pas vu les Bordelais. La formation a peu changé : Jordy assure toujours la basse et le chant, Nicolas et Sylvain sont fidèles aux guitares, seul le poste de batteur a été repris par Julien Helwin. Comme mon ami Jean-Mich’Hell l’a récemment souligné dans notre webzine, un autre aspect immuable chez Exocrine est leur énergie scénique. Les quatre musiciens dégagent une intensité impressionnante dès les premières secondes, avec l’enchaînement de Blast et Maelstrom. Nicolas et Sylvain frappent fort avec leurs riffs tranchants, tandis que Jordy nous écrase sous ses lignes de basse puissantes… quelle force ! En plus d’accompagner parfaitement Julien, il nous hurle dessus avec une rage communicative. Le concert démarre sur les chapeaux de roues.   Le public, emporté par la déferlante Exocrine, est déjà en fusion devant la scène. Et ce n’est pas Eidolon, premier extrait de Legend, leur dernier album, qui va calmer l’ambiance. Allier violence et technique à un tel niveau est remarquable. Julien, nouveau venu derrière les fûts, s’avère être un excellent choix : sur Hybrid Suns, comme sur le reste du set, il impressionne par son aisance et son impact. Véritable rouleau compresseur, il continue d’écraser tout sur son passage. Suit Life, avec son refrain fédérateur, puis le brûlot Kraken. Dans la fosse, c’est incandescent : pogos, wall of death, circle pits s’enchaînent, et même quelques slammers viennent compléter le tableau. Bien que centrée sur les trois derniers albums, la setlist est implacable. Il faut dire que la discographie des Girondins est d’une qualité constante, comme le prouvent encore Dying Light puis le final Legend. Exocrine a prouvé une fois de plus qu’il faisait partie des boss de cette soirée. Le groupe a tout écrasé sur son passage, sans jamais faiblir, et le public exténué en quittant la salle ne dira certainement pas le contraire. Une démonstration de puissance, de maîtrise et d’intensité qui confirme leur statut parmi les formations les plus redoutables de la scène death technique française. Setlist : Intro Blast Malestorm Eidolon Hybrid Suns Life Kraken Dying Light Intro Legend Nightrage Après ce petit moment de récupération, la soirée reprend de plus belle avec les Grecs de Nightrage, qui dévoilent une nouvelle facette du Death Metal, plus mélodique mais tout aussi percutante. En termes de maîtrise et d’ambiance, on reste clairement dans la continuité qualitative de l’après‑midi : solide, carré, efficace.  
Le guitariste et le bassiste s’amusent à provoquer le public, et les riffs immédiatement accrocheurs créent très vite une vraie connivence entre la scène et les festivaliers. Les morceaux joués sont taillés pour le headbang, et l’énergie de la foule montre bien que beaucoup avaient coché ce concert comme un rendez‑vous incontournable. L’un de leurs fans a même traversé l’Atlantique depuis le Mexique uniquement pour les voir, ce qui ne manque pas d’impressionner.  
La dynamique imposée par le groupe est implacable : ma pause fraîcheur n’aura pas tenu longtemps tant la chaleur revient vite au contact de leur intensité. Mais qu’importe, le plaisir est total, notamment en voyant le hurleur du groupe se donner sans retenue. Son interaction avec nous est directe, palpable, presque contagieuse. Les Grecs livrent un set sans fioritures, droit au but, parfaitement exécuté. Une prestation solide, sincère et fédératrice, qui lance idéalement la suite de la soirée.  
Setlist : Intro So Far Away Being Nothing Euphoria Within Chaos A Throne Of Melancholy Elusive Emotion Affliction Scathing Phantasma Nauseating Oblivion Descent into Chaos Spiral The Tremor Outro Hate Après la Grèce, c’est la Pologne qui prend le relais avec Hate. Dès l’introduction, une fumée presque opaque envahit la salle et se mêle à la moiteur ambiante. Dans cette pénombre, on distingue à peine les silhouettes des musiciens. L’atmosphère se veut lourde, sombre, presque suffocante, pour accueillir le premier titre : Bellum Regiis. Le groupe déploie un black metal puissant, traversé de relents death dans sa structure. Les watts fusent immédiatement, malgré un volume sonore très élevé, les Polonais conservent un son étonnamment clair et précis.  
Ils enchaînent avec l’excellent Erebos, véritable brûlot qui embrase en quelques secondes le Trait d’Union. Le batteur impressionne : sa double pédale semble constamment au bord de la surchauffe, notamment sur The Wolf Queen. La puissance dégagée par le quatuor prend littéralement à la gorge. La setlist, parfaitement pensée, n’aligne que des titres incisifs qui parlent directement au public, déjà en furie. Les morceaux défilent : Sovereign Sanctity, Rugia, Lux Aeterna… Devant la scène, c’est l’apocalypse. Hate poursuit avec Iphigenia et The Vanguard, deux extraits redoutables de Bellum Regiis (2025), avant de nous achever avec Hex. L’intensité est totale, implacable. Hate nous broie, nous malmène, nous laisse au bord de la suffocation.  
Ce passage de Hate restera comme l’un des moments les plus violents et maîtrisés de la soirée. Une démonstration de force, de technique et d’atmosphère, où chaque titre a frappé juste. Le public en ressort sonné, mais galvanisé : la Pologne a frappé fort, et Hate a confirmé qu’il était l’un des groupes les plus redoutables de la scène extrême actuelle.  
Setlist : Intro Bellum Regiis Erebos The Wolf Queen Sovereign SanctiTy Rugia Lux Aeterna Iphigenia The Vanguard Hex Equilibrium Premiers gestes à effectuer avant le prochain concert : s'hydrater, puis prendre un moment de tranquillité. Après m'être un peu ressourcé, je rejoins le groupe de photographes pour découvrir les têtes d'affiche de la soirée, les Allemands Equilibrium qui célèbrent leurs 25 ans de carrière. Je dois admettre que je ne suis pas le plus grand fan du groupe, mais sur scène, habituellement ils assurent.  
Fabi, le chanteur, en petite laine malgré la chaleur, est très sympathique et souriant. Bien en place, les Teutons déroulent leur set, et le public se laisse rapidement emporter par les morceaux joués, un mélange entre anciens et nouveaux titres. Même si les morceaux issus de la discographie récente sont très fédérateurs, comme beaucoup de puristes, je préfère l’Equilibrium des débuts, plus pagan et brutal. Attendu comme le show de la soirée, les Allemands n'ont pas déçu, les guitaristes ont souvent fait chauffer leur instrument en bord de scène pour être proches du public  
Quant au chanteur, son interaction a été constante. Le groupe porte bien son nom, il a trouvé le juste équilibre pour satisfaire tout le monde et faire bouger la salle au rythme des headbangs. Belle prestation, pas ma préférée de la soirée, mais quand je vois la majorité du public sortir avec le sourire aux lèvres, on peut conclure qu'ils ont fait le job et que mon avis compte peu !  
Massacra Legacy Voici le concert final de cette première journée, une journée intense tant au sens propre qu’au figuré. Le dernier groupe est un projet revival de l’époque emblématique de Massacra, pionniers du Thrash Death Metal français des années 90. Baptisé Massacra Legacy, ce projet mené par Chris Palengat, batteur originel de Massacra, puise dans les trois premiers albums du line-up initial : Final Holocaust, Enjoy the Violence et Signs of the Decline.  
La salle est pleine à craquer. L’hommage officiel démarre avec Agonizing World. Au chant, Moreno Grosso assure sans faillir : sa voix s’inscrit parfaitement dans la lignée de celle de Fred Duval. Sur scène, il impose par son charisme autant que par sa carrure. Malgré l’heure tardive, l’ambiance grimpe immédiatement. Avec une setlist pareille, le Trait d’Union ne peut que brûler. L’enchaînement Evidence of Abominations / Atrocious Crimes / Final Holocaust / Gods of Hate met le public en transe. Ça headbangue dans tous les sens, les circle pits se multiplient, la fosse est en fusion. Moi, je reste hypnotisé par le jeu de Chris Palengat, qui derrière ses fûts n’a rien perdu de sa dextérité.  
La suite arrive : Nearer to Death, puis le doomesque Full of Hatred. Et ça repart de plus belle avec Signs of the Decline, suivi du brûlot Ultimate Antichrist, une vraie tuerie. Le niveau reste tout aussi percutant avec l’hymne The Day of Massacra : le Trait d’Union explose. Le final Seas of Blood / Enjoy the Violence achève tout le monde. Quelle brutalité. On vient de prendre une énorme branlée. Avec une telle prestation, on peut dire que c’était le jour de Massacra Legacy. Et que la bande à Chris, même si Equilibrium était la tête d’affiche, a clairement gagné ses galons de headliner dans le cœur du public. Setlist : Intro Agonizing World Evidence Of Abominations Atrocious Crimes Final Holocaust Gods Of Hate Nearer To Death Full Of Hatred Signs Of The Tecline Ultimate Antichrist The Day Of Massacra Seas Of Blood Enjoy The Violence.Voici la fin de cette première journée, qui a été très agréable tant par sa programmation que par l’enthousiasme du public, qui, malgré la chaleur intense, est resté actif du premier au dernier groupe. Je dois avouer avoir reçu quelques belles claques, avec en première place Massacra Legacy, qui a été pour moi la tête d’affiche de la journée, suivi d’Exocrine, les Bordelais étant vraiment impressionnants sur scène. En troisième position, les Polonais de Hate, dont le black metal a su m’immerger dans leur univers. Il faut aussi souligner les prestations des groupes régionaux invités, avec une mention spéciale pour Warside et Aesmah, qui m’ont donné envie de découvrir davantage leur répertoire respectif. Il est temps maintenant de se reposer pour se préparer au second round, qui s’annonce tout aussi intense...
|