Aux Portes Du Metal

À venir

BEYOND THE STYX "Divid", CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm", ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset", THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless", VANIR "Wyrd"

Prochaine mise à jour:
le 20 avril 2026.

Nous soutenir

La compil de l'année

Les albums du moment

Tous les coups de cœur

Communautés

Groupe:

Testament + Hellripper

Date:

01 Janvier 2026

Lieu:

Toulouse

Chroniqueur:

ced12

Chaque période de l’année a ses rituels. Le début de la saison estivale, ce sont certes ces fortes chaleurs qui éreintent les corps et les âmes mais aussi bien sûr la saison des foins, le début des vacances, les résultats du bac, le Tour de France, cet anachronisme géant d’une France profonde qui ne semble avoir le droit d’être ce qu’elle est et de n’être valorisée que courant juillet. C’est aussi le début des festivals que le Hellfest a lancé en majesté, comme à chaque fois. Dans la dynamique de ces Fest, nous avons la chance d’avoir les groupes qui tournent dans nos contrées entre leurs prestations en Fest. Ce doit être un étrange contraste pour ces groupes qui passent des Main Stage (pour les plus chanceux) à des clubs plus intimistes. Vertige assuré, besoin de se mouiller la nuque obligatoire. L’avantage c’est d’avoir un auditoire venu pour eux ce qui en Fest n’est par définition pas le cas. Un peu à l’instar d’un coureur cycliste qui passe de courses plus intimistes toute l'année à la folie d’un mois de Juillet en France avec un public moins connaisseur mais bien plus nombreux ! 

Sur Toulouse, l’offre de ce début d’été est folle. Jugez-en : Anthrax - Mastodon // Blood Incantation et ce soir Testament. Et ce dans des salles n’excédant pas les 1 500 personnes. C’est vraiment royal au bar et nous mesurons la chance que nous avons. Le public se déplace ce qui rend le système pérenne et ainsi tout le monde s’y retrouve. Souhaitons (et faisons en sorte) que ça dure !

Inutile de présenter Testament. Groupe historique de la Bay Area, mastodonte du thrash. Déjà vu plusieurs fois mais c’est toujours un plaisir de les revoir. Le Bikini avec son espace extérieur aménagé, sa piscine, est investi par une cohorte de metalleux ravie de venir prendre sa petite rasade de thrash. Les bars sont pris d’assaut, l’ombre extérieure est la bienvenue, franchement, la soirée est agréable, parfaite pour passer une bonne soirée.

Hellripper

En entrant dans le Bikini, quelle ne fut pas la surprise de voir un créneau d’une modeste demi-heure pour Hellripper. Maîtrisant mal le groupe (pour ne pas dire pas du tout), j’en fus un peu surpris. Ceci dit, j’ai très vite compris la raison. Hellripper joue à une vitesse absolument dingue. Je ne crois pas avoir déjà vu une telle déferlante. Le groupe écossais débarque, déjà les musiciens détonent. Baskets blanches, jeans noirs slims, on se croirait revenus dans les années 80 en pleine vague thrash. En faisant un effort, on pourrait penser se trouver au Keep It True (ce Festival ouvertement rétro reproduisant à l’identique des shows metal typique années 80). 

Hellripper c’est un one-man band en la personne de James McBain guitariste et chanteur. En live, il est accompagné d’Andy Milburn à la basse. Déjà ces deux-là, ce sont des sacrés gabarits, bien Europe du Nord et on se dit que le XV écossais est peut-être passé à côté de deux 3ème lignes de talent. Le second guitariste Jackal Batcharj a plus un physique de demi de mêlée et se présente comme un parfait complément de James McBrain. Le batteur Max Southall débarque torse nu et délivre une prestation majuscule. 

Hellripper ça joue à une vitesse hallucinante. C’est bien simple, au quatrième morceau, j’ai regardé mon portable et ça faisait tout juste dix minutes que le groupe avait commencé son show. Les riffs sont excellents, le speed metal de Hellripper est couplé à une voix black mélo. Les musiciens font participer l’auditoire, les circle-pits s’enchainent le tout dans un sentiment de vitesse permanente. Franchement, rarement vu ça !! Il fait chaud dans le Bikini (où on voit que la récente Interférence est bien en avance sur ce sujet), les musiciens sont trempés de sueur. Le plus impressionnant est le batteur Max Southall. Il cogne vite, il martèle ses fûts. C’est impressionnant.  

Au bout de vingt minutes, le frontman qui rend un bel hommage à la tête d’affiche du soir en les présentant comme le GOAT nous annonce la prochaine compo « a fast one ». Et de nouveau cette folle dynamique, ce rythme frénétique. Au bout d’une demi-heure d’un show éreintant, Hellripper nous abandonne, étourdis par tant de vélocité, de riffs, de notes. Un show détonnant et surtout les écossais arrivent à combiner vitesse et qualité des mélodies avec des riffs intelligibles, des solis de qualité le tout dans une ambiance fiévreuse et intense. Un sacré démarrage.

Setlist
All Hail the Goat
Kinchyle (Goatkraft and Granite)
Goat Vomit Nightmare
The Affair of the Poisons
Mortercheyn
Within the Everlasting Hellfire
Hunderprest
The Nuckelavee
Spectres of the Blood Moon Sabbath
Bastard of Hades

Testament

Vu la moiteur qui monte dans la salle, tout l’extérieur est envahi et l’intérieur délaissé. Un immense drap couvre la scène pendant que les derniers préparatifs se terminent. Les lumières s’éteignent, la clameur monte et depuis les côtés, on devine Chuck Billy tout sourire. Le drap tombe et on découvre une très belle scène, la plus aboutie proposée par le gang de la Bay Area. Un immense squelette, très réussi, orne l’arrière de la scène. Le kit de batterie, surélevé, en impose et on voit à peine Chris Dovas. On l'entend par contre. Encore un batteur incroyable débauché par Testament dont la liste sur ce poste est impressionnante. Devant, le bassiste Steve Di Giorgio continue d’épater lui qui joue aux doigts. La paire de guitaristes Eric Peterson Alex Skolnick est une des plus affutées du circuit. Quel talent ! Toujours aussi « cool », Alex Skolnick a l’élégance de monter sur le promontoire pour que tout le public puisse profiter de ces remarquables solis. Charismatique et sympathique ce Alex, avec son petit look Tahiti Bob et son t-shirt le Bikini belle preuve d'affection pour cette salle si chère au cœur des Occitans. Steve Di Giorgio vient souvent le chercher, ça s’entend à merveille sur scène. Hyper souriant, dynamique, Chuck Billy assure comme un chef son lot de frontman, distribue des médiators au public, des goodies, le tout avec un grand smile qui ne le lâchera pas de la soirée.

Les compos sont toujours aussi efficaces, inutile de les décrire, on les connaît. C’est hyper efficace, en place, interprété avec vigueur. Testament sait faire, maîtrise son sujet. Je ne peux m’empêcher de repenser à Chuck Billy au Bataclan en décembre 2017 hyper ému de jouer en tête d’affiche, le groupe œuvrant en tête d'affiche après une longue période où il occupait une place de guest de luxe sur de belles affiches certes mais pas sous leur nom. Mais là on était là « pour eux ». Je peine parfois à comprendre que certains leur reprochent de « cachetonner » tant je trouve les musiciens souriants, présents pour leur public. Ok c’est hyper professionnel. Bien sûr, c’est très américain avec parfois ce côté formaté. C’est très propre, les déplacements sont calibrés et pour les avoir vus plusieurs fois, les concerts se ressemblent mais c’est de très grande qualité et c’est toujours un plaisir de les voir. 

A ce sujet, récemment présent lors du concert d'Anthrax, je persiste à ne pas comprendre qu’Anthrax fasse partie de ce fameux Big 4 et non Testament que je trouve infiniment meilleur. Bon je n’ai pas connu le thrash des 80’s car trop jeune et Anthrax y a sorti des disques référentiels mais depuis une grosse vingtaine d’années et le retour au premier plan de Testament, ces derniers régalent quand Anthrax ne génère chez moi qu’un intérêt très (très) relatif. Pour ne pas dire un ennui poli. Bon ce n’est que moi, Anthrax a ses fidèles et tant mieux pour eux. Et ils ont l’air sincèrement sympathiques les musiciens, là n’est pas mon point. Je leur reconnais de venir systématiquement avec de belles affiches (Mastodon c’était génial, franchement impressionnant !) et c’est peut-être ce qui les tient à flot, allez savoir. Enfin soyons assertifs, c'est de saison !

C’était ma petite aparté sur la scène thrash dont je ne suis par ailleurs pas grand spécialiste mais nous avons été servis sur Toulouse en ce début d’été et c’est toujours un plaisir de profiter de ces groupes majeurs qui en ont encore sous le capot (je pense à Testament on m’aura compris). Belle soirée avec une météo encore tenable avec deux groupes vraiment sympas, une qualité générale remarquable. 

Allez petite récup avant les Fest de fin juillet et de début août, l’occasion idéale de s’intéresser au Tour de France. L’éternelle magie de Juillet.

 

Setlist
Into the Pit
Henchmen Ride
Practice What You Preach
Infanticide A.I.
Shadow People
More Than Meets the Eye
Sins of Omission
The Ballad
Electric Crown
So Many Lies
Nature of the Beast
Drum Solo
First Strike Is Deadly
Low
Over the Wall

 

Venez donc discuter de ce live report sur notre forum !