Beauty and the Beast Fest

Date

23 novembre 2009

Lieu

Glaz'Art, Paris

Chroniqueur

Ostianne

L I V E R E P O R T

18h, les portes de la petite salle parisienne du Glaz'art s'ouvrent pour accueillir le Beauty and The Beast Fest. C'est environ 250 personnes qui se pressent pour avoir le premier rang, pour être collées à la scène et avoir une visibilité parfaite sur la soirée qui va se dérouler et sur la performance des cinq groupes de la soirée !

 

C'est tout d'abord le groupe Elis qui arrive et qui nous sert un set d'une demi-heure, pendant laquelle le public ne sera pas vraiment au rendez-vous. Il faut dire ce qui est, on le comprend vu le son. Sandra Schleret fait de son mieux, mais nous n'entendons pas sa voix, tout comme celle de Tom Saxer le grunter du groupe. Effectivement, les micros sont mal réglés et la musique couvre les voix. C'est bien malheureux pour Elis, qui pendant sa demi-heure a essayé de vendre son nouvel album Catharsis (sortie le 27.11.09) en interprétant notamment Des Lebens Traum, des Traumest Lebens, mais dont on n'a entendu que les guitares et la batterie. Pas évident de juger une prestation quand les seules notes que l'on entend sont celles chantées quand il n'y a pas d'instruments électriques, comme sur l'intro du morceau Der Letzte Tag. Alors puisqu'on ne peut s'attarder sur le chant, et la musique bien trop forte, attardons-nous sur le reste. La jolie chanteuse a un jeu de scène assez particulier, très sensuel, elle se déhanche beaucoup, ce qui est assez particulier quand on connaît la musique relativement sombre qu'Elis compose. En plus d'un joli sourire, Sandra arbore une robe léopard ouverte dans le dos, et asymétrique qui n'est pas vraiment du goût des spectateurs. Mais la jeune femme fait son maximum pour occuper la petite scène et montre une jolie complicité avec les musiciens. C'est sous des applaudissements timides que le groupe du Liechtenstein quitte la scène pour la laisser au groupe néerlando/mexicain qui suit.

 

 

Et ce groupe, ce n'est autre que Stream of  Passion, mené par la charmante et charismatique Marcela Bovio, qui malheureusement pour le public est malade ce jour là. Il faut dire que la dégradation du temps pendant la tournée et le fait que Liv Kristine soit malade n'ont pas du aider la jeune femme à garder la forme ! Quoiqu'il en soit, c'est une femme inquiète mais souriante qui arrive, fait quelques balances supplémentaires et qui se lance dans l'arène ! Chose agréable, bien qu’il ne soit pas optimal, le son des micros est au dessus de celui d'Elis, ce qui fait que lorsque The Art of Loss retentit, on entend Marcela chanter. Et on voit les soucis de la jeune femme qui a du mal à aller chercher les aigus et qui montre sa peine sur son visage qu'elle essaye de garder rayonnant. En plus de faire son maximum en chant, la mexicaine nous joue aussi du violon sur les morceaux qui en ont besoin avec brio malgré les couacs. Et en dehors de Marcela me direz-vous ? Et bien, nous avons eu droit à un set servi avec talent et professionnalisme, a une communication très sympathique assurée par le bassiste, Johan van Stratum. Le bassiste qui devait d'ailleurs se sentir assez frustré vu son attitude. On sentait qu'il avait envie de naviguer sur la scène, de se lâcher, mais que l'espace ne le lui permettait pas ! Les autres musiciens sont un peu plus sur la réserve, mais se donnent tout de même à fond pour offrir au public un show de qualité ! Et le pari est réussi, bien qu’il est regrettable que le groupe ait du retirer le titre Passion de la set-list à cause de l’état de santé de Marcela.

 

Set-list :

The Art of Loss

In The End

Out in a real world

Street Spirit

This Endless Night

 

 

Puis, c'est au tour d'Atrocity de faire son entrée. La scène n'est pas véritablement plus grande. Cependant, on remarque, que contrairement aux autres groupes, leur batterie est derrière, vers le milieu de la scène, alors que pour les groupes précédents et le suivant, la batterie se trouve derrière, mais sur le côté. Sachant que la batterie d'Atrocity et Leaves'Eyes a été montée avant le concert, on comprend mieux pourquoi les autres groupes ont vu leur espace réduit. Pas super sympa, même si on comprend le pourquoi du comment, rien que pour le timing. La scène, tout de même trop petite pour le groupe ne peut accueillir les deux cages qui sont normalement installées pendant les tournées d'Atrocity et dans lesquelles les danseuses très peu vêtues peuvent se déhancher et se trémousser. Mais bien qu'il n’y ait pas les cages, les deux danseuses sont bien présentes et vont nous le faire savoir dès l'intro pendant laquelle les deux se livrent à un exercice assez coquin qui chauffe rapidement la salle et surtout les hommes présents. Les membres du groupe entrent en scène sous les applaudissements et Alexander Krull se positionne derrière un pied de micro qui s'achève avec un "A" entourant le micro. Et c'est parti pour un show spécial années 80 avec les reprises de groupes comme Soft Cell, Bronski Beat ou encore Tears for Fears. Beaucoup appréhendaient cette partie de la soirée tant les albums Werk 80 et Werk 80 II ont mal été accueillis. Il faut dire que l'idée est surprenante et que la manière dont cela a été fait est un peu contestable ! Mais si sur album, il est clair que ce n'est pas réellement réussi (quoique si on le prend au second degré, on peut s'amuser), en concert, ça met de l'ambiance dans la salle ! Effectivement, qui ne connaît pas le Don't You (Forget About Me) de Simple Minds par exemple ? La foule chante, jumpe au rythme des reprises et l'énergie d'Alexander Krull (pourtant pas très en forme parait-il) traverse la foule et la nourrit ! Il faut dire que le colosse a une manière très particulière d'occuper la scène, et il ne faisait pas bon être au premier rang à ce moment là : risque de se prendre un genou dans la tête, d'avoir la main de monsieur Krull qui se pose sur votre tête et vous écrase en prenant appui sur vous etc, et ne parlons pas des cheveux démesurément long qui vous arrivent dessus ou une chaussure quand l'homme slam sur Tainted Love ! Ce qui est bien avec Atrocity, c'est qu'il y en a pour les yeux, et que ça rattrape un peu ce que l'on entend. Car si bien sûr les musiciens sont quand même expérimentés et maîtrisent aussi bien les instruments que la scène, Alexander Krull, lui maîtrise la scène, mais pas toujours son instrument. Sur album, c'est déjà faux, comme sur le The Sun Always Shines on TV, et sur scène, ce n'est guère mieux ! A trop dépenser son énergie, il oublie qu'il doit aussi se concentrer sur son chant ! Heureusement, pour les deux derniers morceaux, Sandra Schleret d'Elis vient interpréter les chants féminins assurés normalement par Liv. Et c'est avec joie qu'on entend enfin la voix de la jeune femme qui semble très à l'aise sur scène, presque plus qu'avec son groupe ! Il faut dire que l'accueil n'est pas le même ! C'est applaudi que le groupe sort de scène, Alexander ayant ses deux "créatures" autour de lui. Le groupe a fait dans la démesure, accentuant bien le côté sexy et l'utilisation de la femme des années 80 (et encore d'aujourd’hui !) ce qui laisse la foule soit songeuse soit dubitative !

 

Set-List :

Intro

The Great Commandment

Smalltown Boy

Don't You (Forget About Me)

Tainted Love

Fade To Grey

Send Me Angel

The Sun Always Shines on TV (feat. Sandra Schleret)

Shout (feat. Sandra Schleret)

 

 

Mais pas le temps de se poser trop de questions, car c'est au tour du groupe à la énième chanteuse de faire son apparition, j'ai nommé Sirenia ! Et la foule continue à être en délire et cela fait sourire la jeune espagnole Ailyn qui s'est fait toute jolie pour l'occasion. Le groupe ouvre avec The Path To Decay, dernier single du dernier album. Et il y a un hic : soit Ailyn a un souci avec sa voix, soit c'est le son qui n'est, une fois de plus, pas au rendez-vous  ! Et je pencherais plutôt pour la seconde option, car pendant les balances, on entendait bien Ailyn lorsqu'ils ont interprété l'une des chansons de la soirée. La jeune femme sourit, exécute son tour de chant avec quelques petits soucis de temps en temps, elle occupe plutôt bien la scène, mais comme ses consoeurs, n'a pas beaucoup de place pour s'exprimer. Elle ne parle que très peu au public, laissant Morten Veland le faire, une bien mauvaise idée. C’est d'une manière répétitive qu'il annonce chaque morceau, citant l'album dans lequel il se trouve et avec une tête à faire peur. Aucun effort pour ménager le public n’est fait. Il parle puis s'atèle à jouer de la guitare ou à grunter en faisant une tête d'enterrement, n'échange aucun regard ou sourire complice ni avec les musiciens, ni avec la chanteuse qui semble tenter de le décoincer. Quant au second guitariste, tout en restant de son côté de la scène, il se donne à fond, à en avoir tellement chaud qu'il ôte son tee-shirt. Il est frappant de voir une telle différence entre l'intériorité et l'extériorité de deux personnes partageant la même scène. Cependant, le groupe nous offre un show de qualité, chaque album est plus ou moins représenté. Le public acclame, Ailyn montre sa joie d'être sur scène et prouve à tous que c'est une bonne front-woman malgré sa voix si décriée car trop pop. Elle n'a pas encore su s'approprier toutes les chansons du répertoire, et il est bien dommage que sur l’intro de The Other Side, ils aient gardé la voix de Monika Pedersen, ça ne doit pas beaucoup aider ! Enfin, malgré cela, il faut aussi saluer Ailyn pour rester sur scène lorsqu'elle ne chante pas et d'occuper la scène aussi pendant ces moments là !

Après onze titres, le groupe quitte la scène, visiblement ravi de l'accueil qu'ils ont reçu (à part Morten bien évidemment qui ne laisse rien transparaitre) !

 

Set List :

The Path To Decay

Euphoria

Downfall

The Seventh Summer

Star-Corssed

Lost In Life

The Other Side

Meridian

Led Astray

My Mind's Eyes

 

 

Et il est temps pour la scène du Glaz'Art d'être foulée par le groupe de tête d'affiche, Leaves'Eyes. C'est dans la tenue qu'elle porte sur l'affiche que Liv Kristine fait son entrée sur le morceau Njord, accompagnée de ses acolytes qui ont déjà fait une sacrée performance dans la soirée. La fatigue se lit sur tous les visages, surtout sur celui de Liv qui n'a toujours pas récupéré, elle est malade, ça se voit et malheureusement, ça s'entend aussi. Les chansons qui demandent trop d'efforts pour aller chercher des notes, comme Elegy par exemple ont été supprimées du set, et c'est en tout cinq titres qui sont passés aux oubliettes. Le groupe joue peu de morceaux où Liv chante seule, et quand elle doit interpréter Emerald Island par exemple, on voit bien qu'il n'est pas évident pour elle de chanter. Malgré un grand sourire qui tente de dissimuler ses problèmes, on les voit, et on les entend ! Et si Alexander veut aussi essayer, à sa manière, de les faire oublier c'est avec une grande maladresse. L'homme dont l'exubérance était presque de rigueur pour son show avec Atrocity en fait, cette fois-ci, beaucoup trop et sa manière de s'imposer fait défaut à Leaves'Eyes car elle n'a rien à voir ni avec la musique, ni avec l'univers du groupe ! On a même l'impression qu'il écrase Liv qui finalement, à part tenir la main de certaines personnes du public ne fait pas grand-chose sur scène. Elle reste dans son coin, au milieu de la scène et chante. Gestuellement, elle met la main sur son ventre, puis écarte le bras, puis remet sa main sur son ventre, fait quelques signes au public pour qu'il fasse du bruit, fait quelques mouvements lorsqu'il y a des parties instrumentales pendant les morceaux. Bref, ce n'est un régal ni pour les oreilles (le dernier album n'étant pas un bijou, ajoutez à cela les soucis vocaux...), ni pour les yeux ! Autant Sirenia a su me plaire alors que je ne suis pas une grande fan, autant Leaves'Eyes qui me plaisait m'a beaucoup déçu par ce show qui pour moi n'avait véritablement que la saveur de l'ennui.

 

Set List :

Intro + Njord

My Destiny

Emerald Island

Farewell Proud Men

Take The Devil In Me

Norewegian LoveSong

Drum Solo

NorthBound

Ragnarok

Froya’s Theme

Outro – Nine Waves Maiden

 

 

La soirée se termine après le set de Leaves'Eyes. Une bonne soirée en général, avec quand même un gros défaut au niveau du son, et des chanteuses ou chanteurs qui malheureusement pour le public n'étaient pas toujours en grande forme ! Une expérience à renouveler, et si vous en avez la chance, n'hésitez surtout pas à vous rendre à un concert de Stream of Passion ou Sirenia qui ont véritablement été les deux groupes de la soirée !