Metallurgicales - Soulfly-Paradise Lost -Mass Hysteria

Date

5 juin 2010

Lieu

Denain

Chroniqueur

amber_of_death

L I V E R E P O R T

Il fait une chaleur torride dans le Nord en ce samedi 5 juin, idéale pour un barbecue merguez/brochette/rosé et pas vraiment pour assister à un festival dans une salle. Mais les metalleux ne faisant rien comme personne, je décide avec quelques amis de me rendre à Denain pour la deuxième édition des metallurgicales, organisées par l’inénarrable député-maire de Denain, Patrick Roy et sa veste rouge.

C’est l’occasion de faire un point sur le personnage. En effet, ses différentes prises de position ont tendance à en agacer certains pour qui le metal ne peut être sous les lumières et se joue forcément dans une cave entre dix personnes. Pour d’autres, ce n’est qu’une manœuvre d’un politique pour gagner des voix. Je précise que je ne vote pas pour son parti mais j’ai eu l’occasion de discuter musique plusieurs fois avec lui. C’est juste un mec passionné, à cent lieues de penser qu’il peut gagner une élection avec le metal. Et ce n’est certainement pas avec ce type de festival qu’il remportera la mairie car ce n’est pas vraiment la tasse de thé de la population locale.

Sur un plan strictement organisationnel, le festival en est aux balbutiements. Tout n’est pas parfait, loin de là. Le pire exemple étant la queue pour la bière, surtout en plein soleil (compter quarante-cinq minutes d’attente à peu près !). La scène principale se situe dans la salle de sports où joue habituellement Denain Voltaire, le club de basket local. On peut y caser à mon avis près de deux milles personnes, voire plus. La scène secondaire est en dehors. Dès qu’un groupe termine à l’intérieur, l’autre enchaine dehors.

Sur la scène découverte : Sons of salem, Aone et Angher.

Sur la scène principale : Mass hysteria, Paradise lost et Soulfly. Le tout pour vingt-six euros mais que vous pouvez éviter tant il semble simple de rentrer sans payer.

Désolé mais je passerai rapidement sur la scène découverte. Sons Of Salem est un groupe de black death du Nord (de la France, pas de Norvège). Pour le peu que j’ai entendu, ce n’est pas mal mais le guitariste multiplie jusqu’à l’orgasme sensoriel pour lui mais pas franchement pour moi étant donné le temps. Sons Of Salem gagnerait à simplifier ses chansons pour éviter l’overdose.

Aone : désolé je cherche à boire, je n’ai donc qu’une oreille assez peu attentive aux nordistes. Apparemment, ça marche plutôt bien pour eux mais tant pis, j’ai soif.

Angher : le groupe se distingue par l’apport d’un violoncelle. Franchement, je n’adhère pas trop à leur thrash/neo même si on sent que le groupe a de la bouteille. Mais tant pis pour eux, j’ai faim.

Arrivé à ce point de la chronique, pour ceux qui lisent encore, on peut se demander ce que je viens faire dans cette galère ? Je suis d’abord venu pour Mass Hysteria et surtout Paradise Lost, que je n’ai jamais vu.

Que l’on n’aime ou pas Mass Hysteria, je prends une nouvelle fois une grosse claque en live. J’ai lâché le combo en studio après trois albums mais force est de constater que Mass Hysteria est un super groupe de scène. Quelle énergie nom de dieu (ou de satan). C’est simple, l’ambiance ne faiblira jamais durant le set. Le groupe oublie soigneusement les deux albums calmes pour se concentrer sur les autres opus. Alors on peut reprocher à Mouss d’être parfois volubile et de faire preuve d’une certaine naïveté dans ses propos. Il n’empêche, le mec est sympa et assure grave. MH vaut largement des groupes plus connus mondialement et en live, c’est une bombe. Le set se finira par un bœuf sur Furia avec Patrick Roy, invité à chanter et à tenter d’aligner un riff. Très fun et dans l’esprit du festival.

Difficile tâche dès lors pour Paradise Lost, coincé entre deux groupes dont le public n’est pas le sien. D’ailleurs, la salle tarde à se remplir au grand dam de Nick Holmes, peu en voix. Mais Paradise Lost est un vieux routier et la magie va opérer et ramener les brebis égarées. Le son est puissant et clair (tout comme Mass Hysteria). Principalement axé sur les deux derniers albums, les anglais vont mettre tout le monde d’accord et délivrer un set de très grosse qualité et recueillir un succès mérité et pourtant pas gagné d’avance. Et quel pied d’entendre des vieilleries comme Enchantment, Say Just Words et One Second. J’en aurai bien repris d’autres… Excellent.

Mouss a du citer dix fois Soulfly et Max Cavalera pendant son set. « Max va arriver, il n’est pas loin, il va déchirer, c’est une légende, il a bien fait caca… ». ben Mouss, tu aurais mieux de rester sur scène pour aider la légende en question. Entendons nous bien, je suis un fan de Sepultura, j’ai eu la chance de les voir en 96 à Lille après Roots Bloody Roots, le type de show qui vous marque un homme. Je n’ai pas aimé Soulfly et j’ai laché l’affaire. Je ne demande qu’à prendre une claque ce soir. Je vais prendre un coup de vieux. Cavalera est bouffi. Déjà qu’il ne bougeait pas beaucoup, il arrive à peine désormais à lever ses mimimes pour faire un doigt à la société. Marc Rizzo tient le groupe à bout de bras au niveau des guitares. C’est vrai Cavalera était à peine plus fort que Johnny pour jouer de la gratte mais là, j’espère qu’ils ont débranché l’ampli. Le son est d’ailleurs moins bon. J’en avais tellement mal pour lui que je me suis barré après trois chansons, préférant garder un souvenir intact de mon adolescence. Je précise que le public avait l’air d’apprécier, je suis certainement une exception. Mais j’ai des yeux et des oreilles… Dire que le groupe est en tête d’affiche du deuxième jour du Graspop, c’est une place totalement surestimée.

Comme dirait Georges Marchais, le bilan est globalement positif. Quelques problèmes d’organisation mais le bon esprit est là. Les Metallurgicales sont un festival sans prétention, avec une belle affiche. Pour ma part, j’y reviendrai certainement mais Max, par pitié, arrête les frais, à moins que tu ne sois dans un mauvais jour..