Abstrusa Unde

Artiste/Groupe

Abstrusa Unde

CD

Introspection

Date de sortie

Novembre 2012

Label

Apathia Records

Style

Avant-Garde Black Metal

Chroniqueur

fifi59

Note fifi59

18/20

Site Officiel Artiste

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C H R O N I Q U E

Abstrusa Unde est un combo français fondé en 2007 par Thibault Schwartz. Le projet était à l'origine censé développer le mythe d'Orphée en intégrant de nombreux paysages musicaux, avec l'apport d'une instrumentation variée, Metal et Classique.
Mais après deux ans de boulot, le projet, très difficile à mettre en oeuvre, fut abandonné. Cela ne sonna cependant pas le glas de la formation qui se remit en marche pour aboutir à une musique moins complexe mais qui continuait à explorer divers styles pour aboutir à une synthèse purement et simplement jouissive. Introspection était né.
Sorti en autoproduction en 2010, l'album est resorti chez Apathia Records en novembre 2012.

Le line-up sur Introspection est composé de dix membres : Thibault Schwartz (ex-Ave Tenebrae, en charge de la composition, de la batterie, du chant, du designs et du son), Renaud Fauconnier (Wormfood, ex-Borgia, arrangements de guitares, guitares), Alexis Fartek (ex-Taliesin, ex-Borgia, basse), Matthieu Marchand (claviers), Augustin Bernard-Roudeix (ex-Taliesin, chant), Aurelien Demaison (ex-Borgia, chant), Perrine G. (chant), Diane Hazael-Massieux (violon), Celine Eme (violoncelle) et Elodie Vosgien (clarinette). On indiquera qu'il n'y a pas de chant clair masculin sur Introspection.

Commençons par la production de l'album.
Après deux écoutes intégrales, mon opinion est la suivante : le son d'Introspection est très bon, équilibré, puissant. Il laisse toute lattitude aux instruments et aux chanteurs de s'exprimer. Le rendu sonore est donc de grande qualité.
Lorsque j'ai lu l'interview de Thibault (que vous pouvez lire ici), j'ai été surpris de découvrir que l'enregistrement avait été fait "avec les moyens du bord" par un musicien pas du tout spécialiste en la matière et que le mix n'était pas, selon lui, un point fort de l'album.
Thibault a fait un boulot conséquent au niveau de la mise en son et, même sans matériel haut de gamme et sans expérience, force est de constater qu'il fait mieux que certains groupes établis ayant du temps disponible dans des studios d'enregistrement.
Un bon son met en valeur un album et, je le dis sans détour, Introspection est bien mis en valeur !

Les diverses écoutes furent toujours placées sous le signe du plaisir... je le dis d'emblée : que d'excellents moments passés avec Introspection !
Lorsqu'on lit la liste des groupes que Thibault écoute, on voit notamment Solefald, Arcturus, Diablo Swing Orchestra, Sleepytime Gorilla Museum mais également Emperor ou Dimmu Borgir... donc des formations ayant fait le choix d'une musique ayant une approche différente, originale, ainsi que d'autres plus spécifiquement dans un registre Black Metal et ayant beaucoup apporté à cette scène.
Introspection est un peu la synthèse de ces influences et se révèle pourvu d'un agencement idéal, sans failles.

Introspection mélange moments baroques, black, sympho ou prog avec une dextérité impressionnante.
Les idées fusent, les plans barrés ne sont pas du style "en veux-tu en voilà" car Abstrusa Unde ne fait pas partir sa musique dans tous les sens, préférant multiplier les atmosphères et surprendre l'auditeur en variant énormément les plaisirs tout en demeurant cohérent, lui offrant ainsi une musique originale et empreinte d'une belle personnalité.
Nous aboutissons à un album d'une richesse indéniable, renforcée par une maîtrise technique impeccable.

Après un départ au piano, avec le titre éponyme, nous immergeant dans une ambiance style film d'épouvante, c'est l'occasion pour moi d'être enthousiasmé par la voix sublime de Perrine, qui illumine Hamsa Lonri (et plus généralement l'album dans son intégralité), rejointe par d'efficaces vocaux extrêmes et quelques choeurs réussis, sur une musique sombre aux riffs black, avec des passages au piano qui apportent beaucoup, incarnant l'une des originalités de la musique du combo.
Avec Al Aklorodan, nous avons des passages délicats et d'une grande richesse mélodique lorsque Perrine intervient, des moments heavy/sympho avec les vocaux extrêmes, que d'imparables orchestrations viennent sublimer.
Du haut des ses dix minutes, Carrousel démarre comme si nous étions dans une fête foraine, puis c'est de nouveau cette parfaite dualité vocale, au sein de passages posés ou plus agressifs, qui vient nous entraîner dans cet univers désormais familier et ô combien plaisant ! Ici, les passages symphoniques sont plus présents, d'ailleurs, sur la fin, c'est à un Black Sympho particulièrement prenant auquel nous avons affaire.
L'instrumental The Gutter met de nouveau en scène ces magistrales orchestrations, proposant sur deux minutes trente toute la panoplie inhérente au combo : variation des tempi, passages calmes ou rentre-dedans, éléments Sympho/Prog, que du bon quoi !
Calme, doux au début avec le chant féminin, brutal ensuite lorsque le chant masculin intervient, cette dualité vocale et d'atmosphères ne s'en tient pas là puisqu'ensuite, Hastra Na propose un passage atmosphérique introduisant quelques sonorités plutôt électro sur guitare heavy et chant féminin / vocaux parlés masculins. Notons que les divers vocaux masculins sont regroupés dans un final explosif !
Lost For Life met de nouveau à l'honneur ce piano sombre, mélancolique, au sein d'un Black toujours d'excellente facture puis nous sommes conviés à un radical changement d'ambiance, un peu jazzy, avec orgue, craquements (typiques du Horror Metal), avant de repartir vers des horizons plus extrêmes.
Nous prenons congé avec un Suune Kvalta où les voix se succèdent puis s'entremêlent, couplées à ce Metal Symphonique décidément au sommet !
Abstrusa Unde nous en donne plus avec l'instrumental (légèrement) caché nommé 4.12.12.12.1, le plus barré de l'album, aux atours électro, évoluant ensuite vers le Black Sympho dans lequel le combo excelle, n'oubliant cependant pas sonorités diverses et variations rythmiques.

Introspection est une petite merveille de plus à mettre à l'actif de ce Metal français florissant.
A mon sens, l'une des grandes forces d'Abstrusa Unde est de ne pas avoir cherché à verser dans l'avant-gardisme à outrance et une complexité pouvant s'avérer rébarbative, mais d'être resté sur un terrain diversifié et original, sans complexité excessive.
L'album nécessite plusieurs écoutes pour en extraire toutes ses subtilités mais croyez-moi, à chacune d'elle, c'est un voyage fantastique qui nous attend !
En bref, Introspection est une oeuvre à se procurer d'urgence !

 

Tracklist de Introspection :

01. Introspection
02. Hamsa Lonri
03. Al Aklorodan
04. Carrousel
05. The Gutter
06. Hastra Na
07. Lost For Life
08. Suune Kvalta
09. 4.12.12.12.1

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