Affector

Artiste/Groupe

Affector

CD

Harmagedon

Date de sortie

Mai 2012

Label

Inside Out Music

Style

Metal Progressif

Chroniqueur

Didier

Note Didier

15/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

L'intro de cette chronique pourrait bien être la même que pour celle de Flying Colors, car Affector est un nouveau groupe de metal prog constitué de têtes connues. Enfin, un peu moins que Flying Colors tout de même. Le projet est né de la rencontre de Collin Leijenaar, le batteur de tournée de Neal Morse et du guitariste Daniel Fries. Rappelons pour les incultes en metal prog que sur les albums de Neal Morse, c'est Mike Portnoy qui oeuvre derrière les fûts, mais qu'en concert c'est Collin qui depuis des années se charge de remplacer le maître. Un gage de qualité tout de même ! Daniel Fries est, par contre, moins connu. Il cite le groupe Divinity dans son CV, c'est tout. Les deux musiciens se rencontrent en 2006, mais c'est seulement en 2008 qu'ils arrivent à coordonner leurs agendas pour bosser sur l'écriture des morceaux de leur projet commun : un album concept sur 2012 et la (prétendue) fin du monde (selon les Mayas, avant qu'on ne s'aperçoive qu'on lisait leur calendrier à l'envers ou selon les prédictions de Nostradamus). Au final, soixante-cinq minutes de concept avec, pour paroles, des extraits de la Bible (sauf sur un morceau) ! Du lourd, dans un style pur metal prog qui devrait ravir les fans de Dream Theater (l'influence majeure), mais aussi Symphony X, Spock's Beard, Transatlantic et Neal Morse. Pour compléter le groupe, nous trouvons Mike LePond, qui n'est autre que le bassiste de Symphony X (tiens, tiens...), et Ted Leonard au chant. Ted Leonard est aussi le chanteur de Enchant et Spock's Beard (tiens, tiens...). Et aux claviers vous allez me demander ? Forcément ! Et bien là c'est une belle brochette puis on trouve selon les morceaux : Neal Morse, Alex Argento, Derek Sherinian (Black Country Communion, Planet X, ex-Dream Theater) and Jordan Rudess (Dream Theater). Eh bé ! Encore du beau monde tout ça ! J'allais oublier, un orchestre s'est aussi invité à la fête, le Sinfonietta Consonus, de Gdansk en Pologne.

Si Affector sonne un peu aggressif comme nom, on est bien là dans un projet metal prog assez orchestré, les morceaux sont longs (quatorze minutes pour le plus long), les changements de rythmes nombreux et la dextérité des musiciens sans équivoque. Le CD s'ouvre sur un Overture pt.1: Introduction (assez grandiloquent, dans le style musique de peplum) interprété par l'orchestre puis sur Overture pt.2: Prologue, le groupe prend le relais, pour un long morceau instrumental. Le ton est immédiatement donné. Daniel Fries est fan de John Petrucci, et ça s'entend. Et comme Collin est fan et doublure de Mike Portnoy et que ça s'entend aussi, vous imaginez bien que ça sonne assez comme du... Dream Theater. L'orchestre ajoute ici un petit côté oriental plutôt sympa et après plusieurs séries de solos de guitare impressionnants, c'est un bon solo de clavier qui termine le morceau. On enchaîne sur le suivant, Salvation, où apparaît Ted Leonard au chant. Sur ce morceau, la batterie de Collin est impeccable, certains roulements rappellent Mike Portnoy, les changements de rythme sont multiples. Il y a notamment un excellent petit break plus calme avec de somptueux arpèges de basse. Le solo de claviers est encore impressionnant. The Rapture, le plus long morceau de l'album, qui suit, est encore assez épique, très changeant, certains passages très imprégnés de Dream Theater (probablement le plus influencé de tous), on a droit à de longs passages instrumentaux. Les solos de claviers sont d'ailleurs assurés par Jordan Rudess. Cry Song est le morceau dont les paroles ne sont pas extraites de la Bible puisqu'elles ont été écrites par Daniel et traitent de la mort de son père. La patte de Neal Morse se fait sentir et pas uniquement dans les claviers. Dans la façon de chanter, de raconter une histoire personnelle et triste et même dans le solo de guitare. C'est un morceau assez mélancolique, bien sûr, avec des chœurs, des passages à la guitare acoustique, des solos de guitare très inspirés et un petit solo de basse sympatoche. Il n'y a que la fin qui me semble un peu tomber à plat. Ca repart de plus belle avec ce Falling Away & Rise Of The Beast, appuyé par l'orchestre à nouveau. Pas mal de chœurs et de contre voix, de changements de rythme (Derek Sherinian et Neal Morse se partagent les solos). Sur Harmagedon, titre de l'album, tout aussi inspiré, on trouve plusieurs magnifiques solos de claviers (de Jordan Rudess). Le morceau s'accélère au beau milieu de ses treize minutes, puis revient à son rythme de départ. On ne s'ennuie jamais d'autant que la voix de Ted est ici bien appuyée par des chœurs. Pour la leçon de shred, c'est dans les dernières minutes, et c'est impressionant. Le dernier morceau, New Jerusalem, est celui qui a le refrain le plus catchy (c'est peut être le seul reproche que je fais à l'album, ce manque de refrains accrocheurs). Le solo de Daniel Fries est encore très inspiré, avec en relais un autre bon solo de claviers.

Bref, encore un bon CD à écouter comme une pièce musicale unique, interpretée par des musiciens talentueux et inspirés. Bien sûr, les influences sont palpables, mais le résultat m'a convaincu. Daniel Fries maîtrise un maximum, ses solos sont inspirés, pas mal influencés par John Petrucci, mais pas uniquement. Les guests aux claviers font des apparitions forts remarquées, ils se sont carrément lachés, les uns comme les autres. La production, assurée par Rich Mouser (Spock's Beard / Transatlantic / Neal Morse), ne laisse rien au hasard. Une autre bonne nouvelle pour les amateurs de metal progressif, après le superbe Flying Colors du mois dernier.

 

Tracklist de Harmegedon :

1. Overture pt.1: Introduction
2. Overture pt.2: Prologue
3. Salvation
4. The Rapture
5. Cry Song ´
6. Falling Away & Rise Of The Beast
7. Harmagedon
8. New Jerusalem

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