« L'anamnèse recherche dans le cours tumultueux des effets les thèmes directeurs et, derrière les thèmes, les événements individuels qui, chaque fois, ouvrent le sens d'une situation psychologique donnée » [E. Mounier, Traité du caractère,1946, p. 45].
Anamnesi ne vous dit sûrement rien, mais peut-être que si je vous parle de Vultur et surtout Absentia Lunae, alors vous cernerez sans doute mieux le contexte. Anamnesi est le side project du batteur des deux groupes précités, l’occasion pour lui de dévoiler ses talents en tant que multi-instrumentiste puisque le monsieur est seul aux manettes.
Erimanto est le troisième opus du bonhomme qui, bon an mal an, sort ses albums régulièrement et sans passer par la case E.P/splits/démos. Mais vu son background, je pense qu’il n’était effectivement pas nécessaire d’en passer par là…
Néanmoins, ce nouvel opus n’a rien de très impressionnant : du Black italien très traditionnel, beaucoup moins original que Absentia Lunae et aussi moins brutal. Dans le coin, on a Selvans qui perfore le plafond avec son Black/Folk de toute beauté, Gorrch avec son style chaotique, Coil Commemorate Enslave et son approche atmosphérique, bref, qu’apporte en plus le projet d’Anamnesi ? Pas grand-chose si l’on compare sa démarche à ces groupes exceptionnels, évidemment… Toutefois, si l'on est fan du chant italien à la Deadly Carnage, le voyage peut s’avérer sympathique.
Le tumulte de l’anamnèse est bien là, dans l’entrecroisement des guitares accordées dans les aigus, la batterie martelant à une allure folle et la voix crachée d’Anamnesi. Le Vestigia Di Un Sogno (traduire littéralement par « La trace d’un rêve ») est à cet égard une des plus réussies de l’album avec son final orchestral. Ad Bestias fait par contre figure d’étrangeté dans l’assemblage avec son départ « style norvégien » rapide et dégueulasse, mais la suite confirme l’ancrage italien avec la traditionnelle voix parlée en toile de fond.
En fait, ce qui caractérise le style actuel d’Anamnesi est assez simple à résumer : une batterie qui use à fond de la double pédale, des mélodies aiguës et une voix graveleuse chantant en italien, le tout ponctué par des petits instants atmosphériques. Mais où est passé l'ambient des débuts (cf. Descending The Ruins Of Aura) ? Nulle part, et c'est vraiment dommage pour le coup.
Erimanto est un album qui se laisse apprécier si l’on est fan de Black Metal italien traditionnel ; à recommander aux aficionados du genre, les autres risquent de s’ennuyer. D’ailleurs, on ne retrouve pas cette sensualité évoquée par l’artwork, encore dommage...
Tracklist d’Erimanto :
01. Erimanto 02. Eufonia Del Plenilunio 03. Le Vestigia Di Un Sogno 04. Oltre La Volta Celeste 05. (Sub)umano Declino 06. Ad Bestias! 07. L'Asceta 08. La Visione Prima Del Volo (Versione 2014)
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