Andre Matos

Artiste/Groupe

Andre Matos

CD

Mentalize

Date de sortie

Février 2010

Style

Power Metal Mélodique

Chroniqueur

Blaster of Muppets

Note Blaster of Muppets

14/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

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C H R O N I Q U E

 Voici donc enfin le nouvel album solo de notre cher André "ex-Viper, ex-Angra, ex-Shaman" Matos. Déjà sorti depuis la fin de l'été dernier au japon et au brésil, ce Mentalize daigne enfin pointer le bout de son nez en Europe... il était temps. Sauf que depuis quelques mois, on ne peut pas dire que les premiers avis donnés ici et là par certains webzines, s'étant probablement procurés l'album en import, aient été dithyrambiques. Bien au contraire, j'ai lu des critiques sévères et ai même entendu quelques anonymes (notamment lors de récents concerts auxquels je me suis rendu) évoquer le disque avec des propos du genre "Ouais, le dernier André Matos est vraiment pas terrible..." Et là, je dois confesser une incompréhension totale de ma part. Non pas que Mentalize soit génial, non, il ne l'est pas. Ce n'est certes pas le disque le plus brillant sur lequel André Matos ait chanté, de là à le trouver mauvais ou s'acharner sur lui de la sorte, non, je ne comprends vraiment pas.

Que lui reproche-t-on au juste à ce nouvel effort de notre ami brésilien? Les premières écoutes semblent fournir une piste... les trois premiers titres Leading On, I Will Return et Someone Else constituent une mise en bouche sympathique mais pas renversante. Et forcément, la comparaison avec des démarrages d'albums cultes comme Angels Cry et Holy Land d'Angra, ou Ritual de Shaman joue contre le petit nouveau. C'est pas mal, bien joué, bien fichu mais on ne retrouve pas la même magie ou le même effet de surprise que sur d'anciens albums du monsieur. Cela veut-il dire que ces nouvelles chansons sont sans intérêt pour autant? Absolument pas, plus on les écoute, plus on s'y attache. Le refrain de I Will Return s'avère particulièrement catchy, on le croirait d'ailleurs composé par Tobias Sammet pour l'un de ses Avantasia (dont je ne suis pas toujours fan, mais il me faut admettre qu'il a un don pour composer des refrains aux mélodies accrocheuses).

Parlons un peu du style de Mentalize car il me semble qu'il explique également (en partie) la déception occasionnée chez certains auditeurs. Si l'on enlève le "n" du nom de l'album, on se retrouve avec le titre "Metalize" qui se révèle un très bon indicateur quant au contenu de celui-ci. La plupart des compositions font dans le Heavy Metal speedé, ce qui, connaissant le compositeur et son parcours, ne surprendra personne. En revanche, il est vrai que l'ami André nous avait habitué à des influences plus variées et originales. Ici, les breaks inspirés par la musique classique ont disparu, et les aspects plus tribaux ou brésiliens se font bien plus rares ou discrets. La musique de Matos a donc perdu une partie de sa singularité et on se retrouve face à un Metal mélodique ne manquant pas d'attraits, mais se révélant tout de même assez avare en surprises. Ceci étant dit, ça reste quand même du André Matos, j'affirme donc que nous sommes assez éloignés de la médiocrité qui caractérise beaucoup de productions parasitant un style par ailleurs saturé de groupes n'apportant rien au genre.

Gardons-nous bien de juger cette nouvelle oeuvre trop rapidement. Mentalize est emprunt de qualités, c'est évident... et ça le devient d'autant plus à partir de la quatrième piste intitulée Shift The Night Away, un morceau speed particulièrement entraînant et au refrain très réussi. Et puis, en sixième position, il y a la chanson titre avec son riff incisif (très metal encore une fois) et son refrain imparable. Il serait également dommage de passer à côté de l'excellente The Myriad, dont le couplet nous ramène à l'époque bénie d'Angels Cry et plus particulièrement de la chanson Never Understand. Cette chanson ne manque pas de force, mais elle a également ce petit plus qui fait la différence, une belle ambiance, un côté épique et majestueux dans le refrain, une atmosphère qui nous rappelle qu'on est bien en train d'écouter l'ex-chanteur de formations comme Angra ou Shaman.
Bien sûr, je mentirais si j'affirmais que toutes les compositions de cet album étaient du même acabit. Il y a deux ballades (Back To You et A Lapse In Time) qui, si elles sont jolies et pas désagréables, ne resteront pas non plus dans les annales. Une petite poignée d'autres chansons s'écoute bien, sans laisser de souvenirs impérissables... peut-être un peu trop classique ou facile, c'est vrai.

Alors soit, Mentalize est un cran en dessous de Time To Be Free, et les glorieux albums des anciens groupes du chanteur brésilien demeurent hors d'atteinte. Mais il n'empêche que cette nouvelle offrande contient son lot de compositions efficaces, qu'elle est bien faite, bien produite et interprêtée par des musiciens plus que compétents (belles parties de guitares ou de batterie pour les amateurs). Il me semble que les fans d'André Matos sauront se contenter d'un album rentre-dedans, un peu plus sombre mais bien fichu, en attendant quelque chose de plus surprenant, fort ou subtil. Mentalize n'est donc pas l'album de l'année, certes, mais il reste un bon disque de Heavy Metal, honnête et très agréable.