André Matos

Artiste/Groupe

André Matos

CD

The Turn Of The Lights

Date de sortie

Octobre 2012

Label

Ear Music/Edel

Style

Power Metal Mélodique

Chroniqueur

Blaster of Muppets

Note Blaster of Muppets

11/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

Les temps sont durs pour André Matos. C'est un fait. Son deuxième album solo, Mentalize, a été globalement assez mal reçu quand il n'a pas été tout simplement ignoré. Je l'avais un peu défendu car j'avais trouvé dommage qu'il se fasse descendre en flamme alors qu'il me paraissait loin d'être si mauvais. Evidemment, il ne s'agissait pas du meilleur album du monsieur et manquait de surprise ou de panache... Avec le recul, je me rends bien compte que ce disque n'était vraiment pas inoubliable mais je continue de croire qu'on a été un peu dur avec lui. Ensuite, il y a eu l'épisode Symfonia avec Timo Tolkki. Et là, même avec toute la meilleure volonté du monde, difficile de ne pas trouver l'album assez médiocre. D'ailleurs, le groupe n'existe déjà plus... Mais André est tenace, il revient aujourd'hui avec son troisième effort solo intitulé The Turn Of The Lights, sorti au Japon et au Brésil depuis quelques mois déjà. 

Alors que certaines sorties déclenchent des émeutes parmi les chroniqueurs qui doivent alors rivaliser de vitesse pour obtenir le CD qu'ils souhaitent chroniquer, quand The Turn Of The Lights est proposé à la rédaction, personne ne se jette dessus... Preuve supplémentaire que le Brésilien a clairement perdu de son aura ces dernières années. Mais je me dévoue, je suis curieux... et j'ai l'espoir de trouver de bonnes choses dans ce nouvel opus de Mr. Matos. Certains confrères n'ont pas hésité à dire qu'André s'était encore planté dans les grandes largeurs et je me devais de vérifier si cela était vrai. 
Après plusieurs écoutes de The Turn Of The Lights, le verdict tombe : non, cet album n'est (encore une fois) pas la bouse que quelques-uns se plaisent à décrire. Il y a eu (et il y aura) bien pire dans le genre. De toute évidence, certains auditeurs n'ont pas entendu assez de mauvais disques (avec un chant ridicule, des compos mal jouées, très peu inspirées et massacrées par une production anémique) dans leur vie s'ils pensent que celui-ci est honteux. En revanche, c'est vrai, l'ensemble est tout de même un peu décevant et encore un cran en dessous de Mentalize (qui était déjà un cran en dessous de Time To Be Free, lui-même pas tout à fait aussi glorieux que Ritual de Shaman ou les deux premiers Angra). 

La direction musicale empruntée ici est sensiblement la même que sur les albums précédents d'André Matos. Il s'agit de Heavy Metal, tantôt speed, parfois plus calme ou progressif, toujours mélodique et bien moins marqué par les influences classiques (je parle de musique classique) ou traditionnelles (comprendre "brésiliennes") que par le passé. Niveau composition, le bon côtoie régulièrement le dispensable... ce qui laisse évidemment un petit gout amer en bouche, une fois les douze pistes passées en revue. Liberty est une chanson mid-tempo dont la mélodie est assez agréable mais qui manque de panache et peine à s'incrire durablement dans ma tête. A chaque fois que je l'écoute, je me dis qu'elle n'est pas mal mais il lui manque le petit plus (un super riff, un grand refrain, un chant plus impressionnant...) qui fait les grands débuts d'album. Les choses s'accélèrent avec Course Of Life, titre speed de facture assez classique mais efficace, lancé par une intro un peu plus épique. Bien. La chanson titre est heavy et propose une ambiance (sombre) plus intéressante et des mélodies accrocheuses sur le refrain. Dommage que le milieu d'album fasse retomber la pression avec quelques titres pas foncièrement désagréables mais manquant singulièrement de relief. Je n'arrive pas à me passionner pour la ballade Gaza, je me réveille un peu (mais pas assez) sur la mélodie du refrain de Stop! et passe à côté de On Your Own qui, malgré des écoutes répétées, n'arrive pas à marquer ma mémoire. Ce milieu de parcours est donc caractérisé par un petit manque de pêche et de mélodies mémorables. Heureusement, Unreplaceable (très progressive dans son break mais un peu confuse) et Oversoul (bien speed) viennent nous secouer. Light Years, un autre titre véloce et efficace (car muni d'un refrain énergique et bien ficelé) nous rappelle que le chanteur peut très bien faire quand il a pris ses vitamines. Par contre, le voyage s'achève sur deux ballades : la soporifique Sometimes, et Fake Plastic Trees, forcément plus touchante car il s'agit de la magnifique compo de Radiohead mais qui n'égale pas la version originale.

Cette galette nous offre donc du bon et du moins bon. La vérité est qu'on a connu André plus en voix (on le sent parfois fatigué et sa prestation n'est pas très convaincante sur le début de Liberty ou sur celui d'Oversoul par exemple), plus inspiré et mieux produit (le son est loin d'être mauvais mais, comme je viens de le dire, on a déjà entendu mieux). Bien sûr, il y a quelques idées sympas ici ou là, quelques bonnes mélodies, un niveau technique plus qu'honorable... mais j'ai rarement été surpris ou émerveillé par The Turn Of The Lights. Alors, si vous êtes un grand fan de Mr. Matos et espérez passer un bon moment, vous vous laisserez sans doute faire par cet opus pas désagréable... Mais n'attendez pas une oeuvre à la hauteur des classiques du passé. En parlant de passé, Angra étant en perte de vitesse (le chanteur est parti) et André ayant du mal à faire décoller sa carrière solo, pensez-vous que ces messieurs vont nous faire le coup du retour du line-up de la belle époque, histoire de raviver l'intérêt qu'ils ont jadis si bien suscité ? Qui prend les paris ?  

 

Tracklist de The Turn Of The Lights :

01. Liberty
02. Course Of Life
03. The Turn Of The Lights
04. Gaza
05. Stop!
06. On Your Own
07. Unreplaceable
08. Oversoul
09. White Summit
10. Light Years
11. Sometimes
12. Fake Plastic Trees
(bonus track)

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