C H R O N I Q U E Damien
Et voilà le retour des néo metalleux français qui commencent franchement a virer psyché depuis "la fin des temps". Le nom déjà. Hérésie. Cela nous change un peu du champ lexical couramment utilisé par le groupe, un mot qu'il a rarement employé. Ensuite les membres. Un détail, Thomas ressemble de plus en plus a Chino Moreno des Deftones... Musicalement car c'est la que cela nous intéresse, comment évolue le groupe ? Après une intro banale, le morceau Uniformes débarque. Le son est puissant grâce au mix made in Daniel Bergstrand. Les paroles sont toujours aussi...ahem recherchées, le riffing n'a pas un goût hexagonal, on pense seulement parfois à la scène Frenchcore du début du siècle. Lourds sacrifices tente de faire maladroitement la jonction entre Entombed et Meshuggah. Ne vous excitez pas, on parle uniquement de riffs, de rythme, pas de qualité musicale quelconque. Parce que oui, plus l'album défile plus l'évidence est là. Le groupe a bradé son originalité et sa personnalité pour nous sortir des textes vains et incroyablement naïfs, la musique est lourde mais totalement dénuée d'une quelconque grâce. Seuls les quelques morceaux calmes et 312 méritent que l'on prête l'oreille un instant. Mais rien de remarquable. Des sursaut de douces améliorations au milieu d'un océan de médiocrité qui pourrait presque nous faire qualifier Hérésie de pure hérésie pour la musique que nous apprécions tant elle est... caricaturale. Le mot est laché. Aqme se perd, nous livre un album que nous pourrons qualifier de bidon et retourne dans la sphère des suiveurs sans imagination, bien loin des Babylon Pression ou autres X Vision. Oui, quand on regarde les trois précédents albums qui étaient pourtant tous très bon dans leur genre (qui ne peut pas jumper sur "Si N'existe Pas" ?). Un vrai gachis qui condamne le groupe a l'exploit pour le prochain album sous peine de retomber dans un lieu qui leur parle tant : l'enfer.
C H R O N I Q U E Mathieu
J'ai découvert ce disque d'une oreille vierge de tout antécédent, je n'ai en effet jamais écouté aucun autre album d'Aqme avant celui-ci, je vais donc vous éviter les "C'était mieux avant". Lorsque j'ai appris que ce nouvel album d'Aqme a été enregistré en Suède. J'ai été surpris. Pour moi, les galettes enregistrées dans ce pays du froid sont généralement de grande qualité. Cela dit, quand j'écoute Hérésie, j'ai du mal à retrouver cette qualité qui fait la renommée des studios suèdois. Ou alors ça vient du groupe en lui-même, et je pense là mettre le doigt sur la bonne réponse. Ce sont des compositions dans l'ensemble assez simples, juste relevées d'une batterie claquante un peu au-dessus du lot par moment. Les guitares ne se foulent pas et ne vous attendez pas à des solos. Le chant s'avère relativement moyen en clair, et s'améliore un peu dans le registre crié, prenant parfois une teinte hardcore améliorant l'ensemble ou au contraire, ajoutant au chaos ambiant. Car, le pire dans cet album, c'est la présence quasi-omniprésente d'une basse exagérément saturée et d'accordages terriblement bas, créant un brouhaha grave et alourdissant la digestion de cet album horriblement linéaire. Les morceaux se suivent et se ressemblent, tous basés sur le même rythme ou presque, des alternances violent/calme. Certes quelques morceaux sortent un peu du lot et savent se rendre sympathiques par un côté catchy bienvenue. Les morceaux agressifs sont d'ailleurs dans l'ensemble, les meilleurs du disque, notamment pour la bonne raison que les paroles sont ainsi incompréhensibles, et c'est pas plus mal. A ce niveau Aqme, sur cet album ( et sur les autres ? ), se complait à nous refourguer des textes destinés à des adolescents en mal de vivre et en quête de "rebellitude", je cite : "Je n'veux pas vivre dans un uniforme ! Je n'veux pas vivre comme toi !". Et lorsque le groupe, au lieu de vouloir lancer une révolution de djeunz à mèches, souhaite nous émouvoir avec un chant adouci et une musique en conséquence, il nous sert une soupe qui ravira tout les émos de France et de Navarre. Juste une phrase, pour vous montrer les sommets atteints : "Cette souffrance a déjà un nom, elle s'appelle vie." Ca suffira, parce que faut pas déconner non plus. Entre une musique flirtant avec du hardcore correct mais terriblement linéaire et des paroles que l'on croirait tirées d'un album de Kyo, Aqme a du mal à convaincre et propose une musique terriblement adolescente, qui, après quand même trois albums, tarde à mûrir et semble s'appuyer sur une fanbase qui achèterait leurs disques quoi qu'il arrive. On s'ennuie et ça fatigue les oreilles pour pas grand chose.
C H R O N I Q U E Maxime
Hop, tout neuf, le nouvel album d'AqME m'arrive dans les mains, non pas sans appréhension, car le style néo-métal, on peut le dire ainsi, n'avance pas des masses. Peut-être un manque de représentant ? Mais peut-on encore parler de néo-métal pour AqME ? Car ils ont réussi à se créer un style un peu à part, mélangeant des guitares aux sons boueux, une batterie à la limite du blast-beat par moment et d'un chant mi-hurlé mi-chanté. C'est donc avec le titre éponyme "Hérésie" que l'album commence, courte intro d' 1 min 50, allant crescendo dans une atmosphère sombre. On en vient à "Uniformes" premier réél titre de l'album. Les guitares boueuses se retrouvent sur ce titre, accompagnant le chanteur dans une chanson aux paroles plutôt engagées. Le guitariste s'occtroie également un petit solo, ce qui ne manque de rajouter une petite touche au titre. Première bonne impression. On continue avec "Lourd Sacrifice", débutant sur un rythme soutenu. On remarque dans ce titre une réelle harmonisation de la basse et des fûts, ce qui donne au final un très bon son au morceau. Hormis cela, le titre reste bon, sans pour autant être sublime. Vient alors "Un goût amer". on ressent une réelle âme dans ce titre, autant dans le refrain que dans les couplets. Avec "Karma et Nicotine" et "Les enfers", il représente un noeud clé de l'album, trois excellents titres, qui ont ce petit plus qui fait qu'un titre est mieux qu'un autre, le tout arrosé de parole à la limite du grand chaos. S'en suit alors "Saga om Livet", un nom bien étrange, pour un titre mélancolique dans le phrasée ("cette souffrance à déjà un nom, elle s'appelle vie") et à la mélodie redondante. Pour "Romance Mathématiques", Thomas (le chanteur) se fait plus doux, et suit la logique de "Saga om Livet". Véritable intermède de l'album, "Casser/Détruire" remplis bien son rôle, 2 min 35 de bon poutrage, vraissemblablement le titre le mieux réalisé de l'album. Le final de l'album ("3/2", "un jour de pluie", "triskaidekaphobie") concluent l'album avec brio, mélodie et chant de qualité sont au rendez-vous. Avec "Hérésie", AqME nous démontre une fois de plus que la scène métal française ne s'essoufle pas, et est capable de nous livrer des albums de qualité, malgré quelques petites erreurs, cependant on accroche bien à cet album, qui ne manque de nous étonner. |