C H R O N I Q U E
Aquilus est un "one man project" d'un multi instrumentiste australien du nom de Waldorf. Le groupe (si on peut appeler Aquilus comme ça, du coup) a vu le jour en 2004. Et après deux démos et un EP, voici le premier album, intitulé Griseus.
Aquilus, sur le papier, joue du Metal atmosphérique (c'est le groupe qui le dit). En fait, à l'écoute de ce CD, difficile de coller une étiquette définitive à Aquilus. L'album s'ouvre sur une longue pièce de quatorze minutes, Nihil. Ce morceau nous promène dans diverses ambiances, du Black au début du morceau mais avec ensuite de nombreux passages symphoniques, acoustiques (guitares et piano) ou planants au synthé. On a droit aussi à des chœurs assez monumentaux. La seconde partie du morceau, uniquement instrumentale, est pour ainsi dire la musique d’un film épique. On se croirait dans Le Seigneur des Anneaux. On pourrait trouver assez étrange de commencer un album par un tel morceau mais il reflète finalement assez bien ce qui va suivre. Et effectivement, le morceau suivant, Loss, commence par une longue intro au piano. Ce titre nous offre tout de même un passage bien Black Metal après une lente montée en puissance avec encore des chœurs mais le piano reprend ses droits sur la partie centrale du morceau. Les chœurs et le chant black réapparaissent à la fin. Nous voici donc plongés dans l'univers de Waldorf, entre parties agressives (voix et guitares) et parties mélancoliques (instrumentales au piano ou à la guitare acoustique). Le reste de l’album, comme ces deux premiers morceaux, joue sur cette alternance des ambiances posées et des passages plus agressifs (qui sont finalement minoritaires). Les parties instrumentales constituent la plus grande part des morceaux. Le morceau le plus éloigné de ce que l’on peut attendre d’un album de Black Metal est le long In Lands of Ashes (près de douze minutes). Ce morceau débute, après un bref passage en guitare acoustique, par une longue intro plaintive au piano puis la guitare acoustique reprend sa place. Le piano revient seul au bout de trois minutes trente, appuyé par une orchestration discrète. Les orchestrations s'intensifient (pour une partie de nouveau assez cinématographique) et on revient finalement sur la guitare acoustique. Ce n'est qu'au bout de sept minutes que la batterie apparaît. Des choeurs arrivent (ambiance Bathory). C'est uniquement sur la fin du titre qu'une voix Black se fait entendre. Notez qu’à aucun moment, le morceau ne s’est électrisé. Le titre suivant, Latent Thistle, le plus court de l'album, peut être, lui, considéré véritablement comme du Black Metal bien qu'il y ait de nouveau une partie calme en acoustique puis au piano dans la seconde partie du morceau. Un passage lorgne même presque vers le Folk. Smokefall et The Fawn sont aussi construits avec des parties bien agressives qui retombent sur des parties mélancoliques. Le contraste est assez saisissant, même si l’on retrouve toujours en toile de fond ces orchestrations grandiloquentes. Waldorf joue constamment sur ce brassage d'ambiances. Nightbell, du haut de ses dix-sept minutes, clôt cette oeuvre pour le moins hétéroclite. Après un démarrage rappelant encore un peu Bathory (époque Nordland), les orchestrations prennent les choses en main, quelques choeurs pointent le bout de leur nez. La première partie du titre, épique, est assez grandiose. En revanche, le final (en fait, la moitié du morceau) tout au piano avec orchestrations légères est un peu longuet.
Vous voilà prévenus. Griseus n'est pas un album évident à cerner. Progressif, Atmosphérique, Ambient, Black... Le disque durant une heure vingt, je ne vous cache pas que j'y ai trouvé quelques longueurs. L’ensemble est d’ailleurs presque indigeste à écouter intégralement, j’ai eu un peu de mal à me l’envoyer d’une seule traite. Malgré cela, les morceaux sont vraiment réussis et gagnent à être écoutés de manière isolée pour les apprécier pleinement. Certaines parties instrumentales auraient sûrement gagné à être raccourcies mais ce n’est que mon avis. L’artiste, lui, a en a décidé autrement. Griseus est une œuvre ambitieuse qui demande un certain nombre d’écoutes avant d’adhérer totalement à l’univers du bonhomme. Mais pour l’auditeur qui prendra son temps, il recèle de bien belles choses.
Tracklist de Griseus :
01. Nihil 02. Lost 03. Smokefall 04. In Lands of Ashes 05. Latent Thistle 06. Arboreal Sleep 07. The Fawn 08. Night Bell
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