C H R O N I Q U E
Il y a tout juste cinq ans, en 2009, un groupe italien de Cagliari en Sardaigne sortait un album qui allait bouleverser ma vision du Doom Metal, sous le titre Le Mirage De l’Idéal. Avec sa couverture tirée d’une peinture du symboliste français Gustave Moreau, son nom mystique issu d’un essai de théologie du suédois Emanuel Swedenborg et son approche musicale, mélange de Doom Funéraire et de Black Metal, Arcana Coelestia ouvrait de nouveaux chemins. Non pas qu’ils étaient les premiers dans cette voie bien sûr, mais les premiers à réellement me toucher dans cette approche si particulière du Doom Metal (à l’époque j’écoutais surtout du Candlemass, Isole et consorts).
Puis ce fut la traversée du désert, cinq ans d’attente à imaginer le pire. Heureusement on pouvait retrouver les membres du groupe sur d’autres projets : Locus Mortis, Dea Marica, Urna et plus récemment Aphonic Threnody. Le dernier d’Urna, Mors Principium Est, chroniqué par mon collègue Azagtoth, nous laissait déjà entrevoir ce que pouvait être un nouvel album d’Arcana Coelestia, nous ne pouvions aucunement être déçus.
Vers septembre 2014, Avantgarde Music annonce enfin la sortie de l’opus tant attendu sous le titre de Nomas, avec une couverture très travaillée et incarnant à la perfection l’imagerie d’un genre si torturé et complexe que le Black/Doom Funéraire. Il ne restait plus qu’à espérer que la musique suive, comme toujours, et ce fut sans trop de surprise le cas.
Je ne m’attendais pas à une nouvelle révolution du groupe italien, mais bien à une poursuite des deux précédents albums, et c’est dans cette voie que s’inscrit Nomas. En cinq pistes aux allures de monolithes, Arcana Coelestia nous replonge dans ce Doom Funéraire dont il garde si fièrement le secret. Des ambiances lourdes mais planantes, agrémentées de passages Black aux guitares électrifiées et maléfiques, Nomas enfonce les portes sans trop de difficulté et conquit son auditoire dès les premières notes de l’opus. La voix de RM est lente mais tout en puissance, elle accompagne avec majesté la batterie martiale de son confrère PV, pour ensuite laisser à MZ le soin de construire de longs et mélodiques riffs sur chacune des cinq pistes que comporte l’album. Grâce à cette fameuse incursion d’effets Black Metal, Arcana Coelestia parvient aussi à nous sortir d’une éventuelle monotonie, qui guette parfois dans des opus de Doom typés Funéraire. Chose qui est aussi évitée grâce à l’ajout d’une voix claire entraînante, qui fait figure de point d’accroche pour l’auditeur alors perdu dans ces atmosphères complexes aux hallucinations synesthésiques.
Evidemment Nomas est dur d’approche à la première écoute, et la couverture nous prévenait à l’avance : c’est à une véritable pyramide, à la fois brute de décoffrage mais riche en tunnels et chemins tortueux, qu’on a affaire dans ce nouvel album. Il faut savoir trouver le bon angle et le bon point d’attaque pour pouvoir entrer dans ce Doom Funéraire aux caractéristiques pyramidales. La chose n’est pas aisée mais s’apprécie sur la durée.
Sans trop de surprise, Arcana Coelestia nous livre donc une nouvelle démonstration de son Black/Doom Funéraire. Peut-être moins impressionnant que Le Mirage De l’Idéal, Nomas parvient tout de même à séduire l’auditeur dans un dédale de notes et de longues ambiances, que la pyramide funèbre saura vous offrir si vous vous laissez entraîner dans son culte mystique et planant. Et comme dit l'autre "un philosophe a dit un jour : le mystère des Pyramides, c'est le mystère de la conscience dans laquelle on n'entre pas", alors bon voyage !
Tracklist de Nomas :
01. Nomas I 02. Nomas II 03. Nomas III 04. Nomas IV 05. Nomas V
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