Artiste/Groupe:

Artizan

CD:

The Furthest Reaches

Date de sortie:

Avril 2015

Label:

Pure Steel Records

Style:

Heavy Metal

Chroniqueur:

Blaster Of Muppets

Note:

15/20

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J'ai connu Artizan il y a deux ans avec l'album Ancestral Energy. Sans être totalement bouleversé par cette découverte, j'avais tout de même entrevu un certain nombre de qualités qui ne m'avaient pas laissé indifférent. Je m'étais alors dit que je surveillerais les futures propositions du combo américain. Comme je suis un homme de parole, me voilà en train de vous parler de The Furthest Reaches, troisième album de cette formation toujours encline à présenter un heavy metal mélodique de qualité.

Alors, qu'est-ce qui a changé depuis la dernière fois ? Pas grand-chose si ce n'est qu'un deuxième guitariste (Bill Staley) est venu rejoindre le line-up composé de deux ex-LeviathanTy Tammeus (batterie) et Tom Braden (chant) ainsi que de Shamus McConney (guitare) et Jon Jennings (basse). A part ça, on retrouve le style heavy metal classique enrichi de quelques touches progressives pratiqué précédemment... et l'album est encore une fois produit par l'expert Jim Morris (Iced Earth, Kamelot, Crimson GloryPyramaze, Jag Panzer, Death, Demons & Wizards et j'en passe...). Et parmi les deux invités présents sur la galette, on retrouve même le chanteur Matt Barlow (ex-Iced Earth, ex-Pyramaze, Ashes Of Ares) qui avait déjà participé à l'album précédent. L'autre personne venue prêter main forte aux Floridiens est la vocaliste Sabrina Cruz du groupe Seven Kindgoms. Voilà pour les présentations ! 

Musicalement, la recette n'a pas vraiment changé dans le fond... mais on la sent plus maîtrisée que précédemment. Et pourtant, comme ce fut le cas avec Ancestral Energy, la première écoute de cet album d'Artizan ne m'a pas trop impressionné. Mes premières impressions furent mitigées. "Ok, c'est sympa, sans plus"... me suis-je dit. Mais vous le savez, certains albums ne se livrent pas immédiatement et méritent d'être bien creusés afin d'être appréciés. Face à un disque qui ne nous accroche pas instantanément, on n'a pas toujours la patience d'insister dans notre vie quotidienne mais la mission du chroniqueur est de perséverer... ce qui est une très bonne chose dans le cas présent. 

The Furthest Reaches est présenté comme un concept album de science fiction ambitieux. Et c'est peut-être cela qui le dessert dans un premier temps. On pense "concept album" et immédiatement les noms de quelques oeuvres de Queensrÿche (le fameux Operation: Mindcrime), Dream Theater ou Arjen Lucassen (avec Ayreon ou Star One) nous traversent l'esprit. On imagine des ambiances de folie, une production impressionnante, quelque chose de fort et épique... et du coup, on est un peu désarçonné face à la (relative) simplicité de la copie rendue par Artizan. Mais il ne faut pas s'arrêter là car le travail effectué est intéressant et se révèle finalement de très bonne facture. Et comme je le disais un peu plus haut, le groupe a progressé. Dès Summon The Gods, première vraie chanson qui succède à l'intro Coming Of Age, on sent que le propos est un peu plus heavy et percutant que sur Ancestral Energy. Un peu plus épique aussi. Cela se confirme avec Hopeful Eyes et The Furthest Reaches... morceaux heavy non dénués d'une certaine sophistication, aux mélodies soignées et aux riffs assez simples mais efficaces. The Cleansing démarre avec une ambiance diabolique notamment entretenue par Matt Barlow. Petit avertissement, n'attendez pas une grande performance de l'ex-Iced Earth ici, il est plus narrateur que chanteur. En tout cas, la chanson est très bien construite, changeante et possède son lot de mélodies accrocheuses. Wardens Of The New World se montre également catchy. La participation de Sabrina Cruz n'y est pas pour rien. Finalement, tous les titres, à mi-chemin entre heavy prog US et NWOBHM s'enchaînent bien et aucun ne se montre mauvais ou même médiocre. Le chanteur, Tom Braden, dont le style peut évoquer celui de Joacim Cans (Hammerfall) en plus expressif ou théâtral, est irréprochable d'un bout à l'autre de l'aventure. On pourra dire la même chose de la paire de guitaristes McConney/Staley qui propose une palette de riffs traditionnels bien sympas et plus marquants que sur l'album sorti il y a deux ans (celui de l'épique Into The Sun en fin de parcours pemet de mesurer les progrès accomplis dans ce domaine), ainsi que quelques harmonies et soli impeccables et jamais futiles. Le mix de Jim Morris met en avant chaque instrument, permettant à tous les musiciens de briller (la basse est notamment bien plus audible que sur un album de metal lambda).

Pas de doute, après plusieurs écoutes, l'évidence s'impose : The Furthest Reaches est un album réussi qui gagne à être creusé pour révéler tout son potentiel. Certes, le metal a beaucoup évolué depuis les années 80 ou 90 et on a entendu de nombreuses formations proposer des choses plus percutantes ou spectaculaires, à grand renforts de son énorme, arrangements ou orchestrations symphoniques qui en mettent plein la vue. Artizan est plus old-school, simple et humble dans son approche mais son propos est juste et sa musique a finalement quelque chose de moins superficiel que celle d'autres groupes à priori plus accrocheurs. 

 

Tracklist de The Furthest Reaches :

01. Coming Of Age
02. Summon The Gods
03. Hopeful Eyes
04. The Furthest Reaches
05. The Cleansing
06. Wardens Of The New World
07. Heed The Warning
08. Supernova
09. Starchild
10. Into The Sun
11. Come Sail Away 
(Styx cover - limited edition bonus track)