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AS I LAY DYING
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C H R O N I Q U EFormé en 2001 autour de Tim Lambesis, le groupe de metalcore californien As I Lay Dying, après 2 albums chez Pluto Records et plusieurs tournées aux côtés de ténors du hardcore comme Soilwork ou In Flames, sortent leur 4ème effort studio chez Metal Blade. L'album débute par une intro : Separation, dont le petit riff en son clair semble craché par un vieux transistor, le son se fait progressivement plus saturé, plus lourd, plus sombre, annonçant la fin de l'intro et le début de la deuxième piste : Nothing Left, le tout s'enchaine parfaitement et la claque commence. La double pédale s'emballe, le riff est entétant, la voix est sombre à souhait... La machine à headbanger est en route et ne s'arrétera que pour quelques breaks et un instrumental, à peine le temps de souffler, tout au long des 12 titres de cet Ocean Between Us. Ne connaissant pas le groupe, j'ai d'abord été frappé par la technique des musiciens et plus particuliérement celle du batteur, Jordan Mancino dont les blasts sont hallucinants, les deux guitaristes et le chanteur n'étant pas en reste niveau talent. Seul le bassiste, Josh Gilbert, se fait très discret, son instrument étant noyé sous les déluges de batterie, de guitare et les growls de Lambesis. An Ocean Between Us démare sur les chapeau de roue, nous offre un riff et un refrain en voix clair entétant et jouissif, du style que vous risquez de garder dans la tête une bonne partie de la journée. Within Destruction et Forsaken sont du même acabit, un peu trop d'ailleurs, ces 4 premières chansons tiennent la route, c'est de l'énergie pur, mais, à mon goût, ça manque un poil de solos, et oui, c'est peut être ringard pour certains, mais moi j'adore, et à ce stade de l'album, ça commence à me manquer... Heureusement, la chanson suivante : Comfort Betrays va me sauver, néanmoins, la recette est toujours la même : de la force brute, des déluges de batterie et des riffs thrashs... Encore un peu, et on s'en lasserait presque... Oui... mais As I Lay Dying fait les choses bien, et juste au moment où on voulait un peu plus de mélodie dans ce monde de brutes, ils nous casent I Never Wanted. Bon, d'accord, ce n'est pas une ballade au sens propre du terme... Encore heureux, quand on écoute du metalcore, c'est pas pour danser le slow... Sur I Never Wanted, donc, le rythme se fait plus lent, la voix clair prend pour la première et unique fois de l'album, le dessus sur les growls, la double pédale est rangée au placard, et pendant 4:44, on oublie les descentes de batterie à 200 à l'heure, on se calme un peu, et on se laisse bercer par la mélodie et les émotions, soutenues tout de même par les growls de Tim Lambesis. Et... ça marche ! La chanson est magnifique, très mélodique, tout en gardant les bases thrash qui font du metalcore ce qu'il est. Les breaks tombent juste, la chanson s'énerve après les refrains et termine comme elle a commencé : calmement. S'ensuit The Sound Of Truth, véritable brulot hardcore de 2:23 agrémenté d'un excellent solo, un morceau sans aucune subtilité certe, mais réellement jouissif : Court, mais intense ! Bury Us All reprend les mêmes ingrédients que Comfort Betrays, avec un solo phénoménale, retour à la recette des premières chansons de l'album, rien à dire, c'est propre, net et diablement efficace. Departed est certainement le point faible de l'album, un instrumental d'1:40 sans grand interêt, mis à part celui de refroidir les tympans et les muscles du cou qui commencent à se fatiguer (Attention, l'abus de headbang est dangeureux pour la santé !). Wrath Upon Ourselves ressemble énormément à An Ocean Between Us, le solo en plus... une très bonne chanson si l'impression de 'déjà entendu' n'était pas si présente... Et c'est là que le bas blesse : la majorité de l'album est construite sur la même recette, si bien qu'une désagréable impression de déjà entendu s'installe sur les dernières chansons, on aurait aimé un peu plus de variété, de surprise et d'originalité... Breaks sombres et lourds, souvent agrémentés de choeurs en voix clairs, rythmiques thrashs, riffs tantot mélodiques, tantot tranchants, solos dantesques, compos travaillées et techniques, As I Lay Dying nous livre ici du très bon metalcore, les refrains sont puissants, les riffs speed/thrash collent sur place et la double assome. Même s'il n'est pas très varié et qu'il est loin de révolutionner le genre, An Ocean Between Us devrait ravir les fans du groupe et du style, ceux de Killswitch Engage en tête, et c'est là le plus important. | ||||||||||||||