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Ashes Of Ares
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C H R O N I Q U EAshes Of Ares : voilà un nouveau nom qui fait son entrée sur la scène metal. Cependant, notez bien que les musiciens qui composent ce groupe ne sont pas des inconnus. Deux d'entre eux sont des ex-Iced Earth : Matthew Barlow (chant) et Freddie Vidales (guitare et basse). Le troisième membre de ce trio n'est autre que Van Williams, le puissant batteur qui a fait ses armes chez Nevermore. Le producteur engagé n'est pas un nouveau venu non plus puisqu'il s'agit du fameux Jim Morris (des Morrisound Studios) qui a notamment déjà travaillé à de nombreuses reprises avec Iced Earth (mais aussi avec Demons & Wizards, Crimson Glory, Death, Kamelot, Jon Oliva's Pain...). Vu les noms (et donc les groupes) sus-cités, je ne vous cache pas que j'avais hâte de découvrir cet album. L'excitation est donc à son comble au moment où je me prépare à écouter ce disque. Un peu plus de trois quarts d'heure plus tard, cette excitation retombe pour laisser place à un sentiment de satisfaction... et non d'exaltation. Verdict : pas mal du tout, mais pas génial non plus. Disons-le d'entrée de jeu, ce qui fait la force de Ashes Of Ares, c'est surtout Matthew Barlow. C'est essentiellement la présence et la prestation impeccable de ce chanteur que je retiendrai après plusieurs écoutes de cet album. Non pas que la musique soit inintéressante... mais elle n'est peut-être pas tout à fait à la hauteur de la performance de Barlow. Son grain de voix, sa puissance, les mélodies imaginées ainsi que les harmonies ou choeurs déployés font tout le charme de ce disque et confirment que le monsieur est un grand, aussi efficace dans l'agressivité que sur des passages plus chaleureux ou touchants. Pour le reste, il y a quelques très bonnes compos dans un style heavy sombre et percutant mais également une poignée de morceaux qui, il me semble, n'attireraient pas plus d'attention que cela si un chanteur plus quelconque avait été placé derrière le micro. Ce qui dessert légèrement Ashes Of Ares, c'est aussi peut-être la comparaison avec les meilleures oeuvres des groupes dont ses musiciens sont issus. Malgré de bonnes choses, le trio arrive rarement à égaler les grands moments d'Iced Earth ou Nevermore. The Messenger fait démarrer l'album sur de bons rails, avec une intro inquiétante et une suite bien tonique sur laquelle les musiciens livrent un metal heavy, guerrier et parfaitement interprété. On ne s'ennuie pas non plus avec Move The Chains, la remuante Chalice Of Man et son refrain épique souligné par des choeurs intéressants ou What I Am qui, comme les deux autres compos sus-citées, officie dans un registre rythmé et musclé. Malgré cela, il apparaît assez vite que Freddie Vidales, aussi bon soit-il, n'est pas Jon Schaffer ou Jeff Loomis quant il s'agit d'écrire des riffs (ou des soli) qui tuent. Pour sa défense, j'insisterai sur le fait qu'il n'y a aucune mauvaise chanson sur cet album. Mais tout n'est pas captivant non plus et certaines parties de guitare sont sans doute un peu trop banales pour impressionner. Ainsi, une petite poignée de compos pas désagréables passe sans que j'en retienne grand-chose. En revanche, un bon point est à accorder à The Answer, car l'exercice de la ballade est périlleux et beaucoup de groupes s'y cassent les dents, mais pas notre trio qui signe une chanson aussi belle que puissante. Un dernier mot concernant le son : là aussi, c'est pas mal mais perfectible. La batterie est parfois trop en avant (c'est flagrant sur l'intro de What I Am, la caisse claire claque trop fort et le rendu n'est pas très agréable) et le son de guitare, assez basique, n'est pas le plus beau qu'il m'ait été donné d'entendre. Ce premier essai signé Ashes Of Ares est plutôt sympathique et réjouissant dans la mesure où il rappelle à notre bon souvenir cet excellent vocaliste qu'est Matt Barlow. Il ne s'agit pas de l'album de l'année car il peine parfois à maintenir l'intérêt qu'il sait, par ailleurs, si bien susciter dans ses meilleurs moments. Cependant, le potentiel est palpable. Il manque juste la petite touche de génie qui ferait de cet opus autre chose qu'un bon album de heavy metal parmi d'autres. Même si la claque n'est pas aussi forte que je l'aurais voulu, je reste curieux d'entendre la suite et surtout de voir les Américains sur scène, notamment lors de leur tournée européenne en première partie de Powerwolf (et en compagnie de Majesty et Battle Beast) qui passera par notre capitale le 26 septembre prochain.
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