C H R O N I Q U E
L’hiver normand doit être réellement terrible pour que des entités comme Aurvandil puissent en émerger. En effet, j’ai rarement entendu un groupe hors Scandinavie dont la musique évoque à ce point froid, solitude et désolation.
Aurvandil, au nom d’inspiration mythologique scandinave, est à la base seul aux commandes de ce projet, et s’est récemment offert les services d’un batteur permanent, notamment pour ce dernier Thrones.
Depuis sa signature chez Eisenwald Tonschmiede, un « mini » (de plus de quarante minutes, quand même) et un album ont vu le jour (nuageux et à la lumière blafarde) avant celui-ci.
En termes de ressenti, je situerais le black metal d’Aurvandil à mi-chemin entre la solitude Burzumienne, la nostalgie Drudkhienne et le vide de Hate Forest. Sur Thrones, Aurvandil retourne à une production assez primitive, mettant en avant un riffing monolithique secondé par une basse vrombissante et une batterie linéaire, qui laissent à peine entendre un voix plaintive et distante, qui résonne comme un faible cri de désespoir dans une plaine enneigée.
Quatre compositions de douze à dix-huit minutes, toutes plus poignantes les unes que les autres. Le penchant atmosphérique est moins prégnant que sur le précédent album, Yearning, mais les passages acoustiques sont toujours de mise, essentiellement en introduction des morceaux et amènent un surcroît de froideur au tout. Le côté répétitif des structures est inhérent à la longueur des morceaux, qui proposent néanmoins un minimum syndical de variété rythmique ; sans pour autant parler de cassure, on passe régulièrement du blast de base au mid tempo ternaire et même à des passages sans batterie, ce qui permet de distinguer des mouvements au sein des morceaux.
Quoiqu’il en soit, ce disque parlera surtout à ceux qui veulent bien écouter ce qu’il a à dire, comme souvent pour ce type de projet solo et minimaliste. Néanmoins, il est frappant de constater à quel point Aurvandil réussit à passer pour ce qu’il n’est pas ; car si l’on me l’avait présenté comme un obscur ermite norvégien retiré dans sa masure de campagne pendant six longs mois d’hiver pour composer assidûment ce quatuor, fruit de la douleur engendrée par l’abandon et l’isolement, j’y aurais cru.
Tracklist de Thrones :
01. For Whom Burnest Thou 02. The Harvest Of Betrayal 03. Summon The Storms 04. Ingen Lindring
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