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Axel Rudi Pell
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C H R O N I Q U EAxel Rudi Pell fait partie du cercle relativement privé des musiciens les plus prévisibles du Metal. Avec une régularité inébranlable, le guitariste allemand, au cortège de pochettes indissociables et chansons interchangeables, livre un nouvel album à ses fans. Avec Circle Of The Oath, on arrive tout de même à sa quatorzième production (je ne compte pas les compilations de ballades, les albums live ou autres best-of). Qu'attendre et que dire de cette nouvelle offrande ? Un chroniqueur en panne d'inspiration pourrait être tenter de bâcler le travail, se réfugiant derrière l'argument plus ou moins recevable que si l'on chroniquait un CD d'Axel Rudi Pell comme ce dernier prépare ses albums, il suffirait de faire un "copier/coller" de la chronique précédente... Mais ce ne serait pas très gentil, ni très professionnel. Et puis, sait-on jamais, on n'est pas à l'abri d'une surprise. D'autant plus qu'on ne peut nier que certaines oeuvres de Mr. Pell se démarquent du lot car plus inspirées ou plus fournies en mélodies accrocheuses qui font mouche. Allez, creusons donc ce Circle Of The Oath, en dépit de la méfiance qu'il suscite, afin de déterminer s'il fait partie des bons albums du guitariste ou s'il n'est qu'un disque de plus, destiné à sombrer dans l'oubli. Au bout d'une écoute, il apparaît assez clairement que les surprises brillent (une fois de plus) par leur absence, même si Circle Of The Oath n'en est pas totalement dénué (j'y reviendrai). Cependant, il est également clair que ce nouvel album est loin d'être désagréable et qu'il aurait tendance à s'inscrire dans la lignée des bons crus d'Axel (aux côtés de Between The Walls, Oceans Of Time ou Kings and Queens). Après la sempiternelle introduction (The Guillotine Suite, dont il n'y a pas grand chose à dire) faisant office de calme avant la tempête, arrive Ghost In The Black, un titre efficace dont le refrain est soutenu par des claviers aux sonorités un peu différentes de celles que Ferdy Doernberg a l'habitude de nous proposer. Autre signe distinctif, le riff principal a des faux airs de Running Wild. Même si ce démarrage n'est pas d'une originalité renversante, il est plutôt bien fichu et franchement plaisant. Run With The Wind est une compo sans surprise mais très efficace. Un bon mid-tempo hard rock, carré, simple, bien balancé, et servi par la voix toujours aussi impressionnante de Johnny Gioeli. C'est avec Before I Die qu'arrive la première des rares surprises de l'album. Si le style n'a rien de révolutionnaire, on se laisse emporter par un refrain excellent, dont la mélodie s'incruste avec facilité dans votre tête, pour ne plus en sortir. Classique, mais redoutable d'efficacité. Attention: deuxième surprise avec la chanson titre. Comme le veut la tradition, il s'agit d'une compo lente et épique qui approche les dix minutes. Oui, mais ce coup-ci les influences européennes habituelles (comprenez surtout Ritchie Blackmore et son groupe Rainbow) ont été remplacées par d'autres, plus américaines. Les deux premières minutes de Circle Of The Oath sont caractérisées par la présence d'une guitare sèche et d'une ambiance bluesy plutôt inédite pour du Axel Rudi Pell, la suite est plus lourde et heavy et le refrain laisse rejaillir un petit aspect oriental comme le guitariste aime à le faire de temps en temps (souvenez-vous de Casbah, par exemple). Bref, c'est plutôt réussi, ça change un peu... On se dit que cet album se développe de façon intéressante. Hélas, il n'y aura pas d'autres surprises sur la deuxième moitié de la galette. On y trouvera tout de même deux compos réussies (Fortunes Of War et Hold On To Your Dreams, Heavy/Hard Rock classique mais efficace) mais aussi un goût de déjà-entendu persistant ainsi que quelques titres moins marquants comme la ballade Lived Our Lives Before, ou World Of Confusion (suite de The Masquerade Ball) qui s'avère un peu longue et répétitive. Si l'on résume, on retiendra parmi les points forts: Circle Of The Oath est un album agréable, qui perpétue une certaine tradition (Hard/Heavy des 70's/80's) sans tenter de révolutionner quoi que ce soit. Il comblera probablement les fans du groupe, restés fidèles après toutes ces années et quelques disques plus médiocres que celui-ci. Pas de quoi s'extasier... mais pas de quoi s'indigner non plus.
Tracklist de Circle Of The Oath : 01. The Guillotine Suite Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
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