Aux Portes Du Metal

À venir

BEYOND THE STYX "Divid", CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm", ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset", THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless", VANIR "Wyrd"

Prochaine mise à jour:
le 20 avril 2026.

Nous soutenir

La compil de l'année

Les albums du moment

Tous les coups de cœur

Communautés

Artiste/Groupe:

Bloody Falls

CD:

IV

Date de sortie:

Juin 2026

Label:

Art Gates Records

Style:

Death Melo teinté de black et de trash

Chroniqueur:

Le Diable Bleu

Note:

17.5/20

Site Officiel Artiste

Autre Site Artiste

La Finlande, ce pays où le nombre de groupes de rock et de Metal par habitant bat tous les records mondiaux, nous offre encore une fois la preuve que son sol glacé est aussi fertile en riffs dévastateurs qu’en forêts de bouleaux. Parmi ses jeunes ambassadeurs les plus féroces, Bloody Falls à la diplomatie percutante, quintet originaire de Valkeakoski, vient de sortir son quatrième opus, IV — un album qui, comme son nom l’indique, enfonce le quatrième clou de leur réputation : celle d’un Death Metal mélodique aussi sombre que fin, aussi brut que poli.

Formé en 2017, le groupe — composé de M. Antero Hakala (chant), MM. Stavros Mathios et Marko Mäkinen (guitares), M. Mika Lehtinen (basse) et M. Rami Vartiainen (batterie) — a su se forger une identité à coups de riffs acérés, de textes narratifs sinistres et d’une énergie qui défie les lois de la physique (et accessoirement, celles du bon goût pour les oreille non initiées). « IV », enregistré au VSTUDIO, produit par M. Mathios lui-même et masterisé par M. Max Morton, est un monument de 11 titres où le Death mélodique flirte avec le Black et le Thrash, le tout servi avec une pochette signée Jesus Lhysta — un diable et quatre cavaliers de l’Apocalypse qui, avouons-le, auraient pu éviter de ressembler à un croquis de collégien en crise existentielle et artistique… mais bon, on ne juge pas un album à sa couverture (même si, là, c’est tentant).

Attaquons IV comme une côte à 11 pour 100 en vélo, avec l’appréhension que suscite un tel défi et la peur d’exploser en vol.
By My Own Grave. L’album s’ouvre comme une porte de prison rouillée : avec violence. Les riffs de M. Mathios et M. Mäkinen tailladent l’air, tandis que M. Hakala hurle comme s’il venait de marcher sur un Lego  pieds nus. Un début en fanfare, ou comment annoncer les couleurs de la douleur : « Ici, on ne fait pas dans la dentelle, mais dans la scie circulaire. ». Un Death Metal sublimé, à peine Melo, monstrueux, aux racines old-school.

Pestilence Is All I Need. Un titre qui sonne d’emblée comme une batterie de 12 LRM21 russes, "des-ordres" de Staline, déversant leurs terrifiantes roquettes sur ces pauvres gamins ukrainiens et dont presque tout le monde se fout (désolé pour l’analogie, mais quand la guerre inspire le Metal, c’est que le Metal est lui aussi, vraiment en forme). La batterie de M. Vartiainen est un mur de son, sublimé par des cordes prêtes à rompre, les guitares distordues compressent l’espace-temps, et le résultat est aussi implacable qu’un coup de marteau-piqueur à 7h du matin.

I Am The Devil. Le morceau le plus « dansant » de l’album — entendez par là : le seul où vous pourrez taper du pied sans risquer une entorse cervicale. Fidèle à leur style, mais avec une touche d’originalité qui prouve que la répétition n’est pas leur tasse de café noir. Un titre accessible, ce qui, dans le Death Metal, équivaut à un panneau « Bienvenue » en lettres de sang.

The Four. Hommage à leur premier album, ce morceau met en lumière le talent de M. Lehtinen à la basse, avec des modulations qui donnent l’impression d’escalader une montagne… de douleurs. L’énergie finlandaise y est palpable, comme un sauna à presque 100°C après une séance de hockey sur glace.

Doomed To Repeat. Sombre dès la première note, ce titre monte en puissance comme un pyromane dans un entrepôt de feux d’artifice. Les harmonies sont si bien travaillées qu’on en oublie presque la double pédale de M. Vartiainen, qui, elle, ne fait aucune concession. Le solo de guitare ? Un bijou brillant. Le reste ? Une leçon de cohésion.

The Churn. Une attaque de cymbale, puis un riff Thrash qui vous propulse dans un tourbillon d’angoisse. Le changement de ton à mi-parcours est aussi inattendu qu’un sourire chez un fan de Burzum. À la fin, on se demande si on a écouté une "chanson"… ou survécu à une agression sonore.

Mother, Your Son Is Bleeding. Le morceau qui broie les tripes — littéralement. Bloody Falls y explore un thème glaçant : celui d’un enfant prisonnier d’un monde de cruauté, implorant une protection qui ne viendra jamais. Le groupe commente ce morceau ainsi : « Il s’agit du point de vue d’un enfant prisonnier d’un monde de cruauté, implorant une protection qui ne viendra jamais. Le plus glaçant n’est pas la violence, mais l’indifférence, et dans cette time line visuelle, elle déchire cette prison domestique. C’est un spectacle fiévreux de dents arrachées au sol et de sourires forcés qui dissimulent un traumatisme indicible. Cela oblige le spectateur à regarder la chair et le sang qui souffrent tandis que le monde détourne le regard. Les cris des refrains appelant cette mère perfide et menaçante, associés à des accords alarmants dans leurs intonations et à des pauses glaçantes, nous permettent de ressentir la douleur de cet enfant maltraité ». Cela invite manifestement à ressentir et à réfléchir, encore cette fois-ci (il y en a tant...), à une relation filiale profane (parce que le mot toxique ne signifie pas forcément mort, il devrait être parfois banni). Coup de cœur (ou de poing) de la chronique.

Wrath. Du Metal extrême groovy et trashy, où les pauses entre les notes sont aussi calculées que les mouvements d’un chat avant de faire tomber un vase. Un morceau bas du front, mais haut en technique — à écouter en boucle, ou jusqu’à ce que vos voisins appellent la police.

Enter The Mourn. Vitesse, rapidité, et une basse qui semble vouloir percer le sol pour atteindre l’enfer. Extrême, sans concession, et donc sublime. Comme un shot de vodka finlandaise : ça brûle, mais on en redemande.

Before The Alpha. Radical, opulent, et un peu répétitif — comme un marathonien qui aurait oublié de s’hydrater. Les riffs sont décapants, mais le morceau manque un peu de cette originalité qui fait briller le reste de l’album. À réserver aux puristes du « plus lourd, plus vite ».

Black Death. Un final en apothéose, avec des arpèges « cristallins » (blague à part, ils sont aussi cristallins qu’un bloc de béton). Les sonorités sont massives, la batterie implacable, et les refrains répétitifs ont quelque chose d’hypnotique. Comme un rituel païen, mais avec plus de distorsion. Médaille d’or des GMA (Grosses Musiques Assourdissantes) de l’album.

Bien que Bloody Falls n’ait pas encore trouvé son chef d’œuvre avec cet album, il délivre une galette de très très bonne facture. Soucieux d’apporter d’autres sons et de nouvelles touches à leurs compositions déjà très inspirées, les artistes sont demeurés concentrés sur leur style de prédilection. Le groupe a tout de même intégré des éléments de Thrash au groove Metal, au Death Metal mélodique et au Black Metal. L’ensemble emmène Bloody Falls vers une direction toujours plus lourde, mais également bien plus intéressante. Très bel ouvrage, chapeau bas à ces cinq mon-sieurs. Très belle découverte, vous en conviendrez.

Avec environ 42,6 groupes de Metal pour 100 000 habitants, la Finlande est LE pays où votre playlist sera aussi dense que la forêt boréale. Cela représente environ 2 381 groupes de Metal actifs pour une population de 5,6 millions d’habitants, soit le ratio le plus élevé au monde. Quelle merveilleuse destination pour de prochaines vacances, on va pouvoir y découvrir une nouvelle vie... Bloody Falls en est la preuve vivante : là-haut, dans le nord, le Metal n’est pas un genre musical, c’est un mode de vie.

Tracklist de IV :

01. By My Own Grave
02. Pestilence Is All I Need
03. I Am The Devil
04. The Four
05. Doomed To Repeat
06. The Churn
07. Mother, Your Son Is Bleeding
08. Wrath
09. Enter The Mourn
10. Before The Alpha
11. Black Death

Venez donc discuter de cette chronique sur notre forum !