BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Valeur sûre de la scène metalcore américaine, Boundaries nous vient du Connecticut de Hartford. Composé de Matthew McDougal (chant), Cory Emond (guitare), Tim Sullivan (batterie), Nathan Calcagno (basse) et Cody Delvecchio (guitare), le groupe a connu quelques mouvements de personnel et tient son cap avec un quatrième album depuis 2020 (vous vous souvenez de la crise sanitaire ou vous parait-elle tant éloignée ?). Les impacts furent multiples, continuent de se faire sentir et la réception contrastée du dernier single de Boundaries en est une modeste incarnation. En effet, le mix de Skies Cast Amber Black n’a pas fait l’unanimité. Pourtant ce morceau évoquait un sujet d’actualité avec une critique de l’individualisme qui règne dans l’industrie du disque américaine. Bon, critiquer l’individualisme par des Américains est un peu étrange vu que c’est un peu ce qui définit l’essence même de ce qu’ils sont. Les voilà pris à leur propre piège, victimes d’une de leurs valeurs fondamentales, tel est un des gros défis de cette Amérique qui semble par instants ne plus savoir qui elle est. Il n’est pas interdit de penser dans un élan d’optimisme qu’une forme de lucidité commence à percer dans une société qui semble s’écraser sur elle-même.
Ayant signé chez Sumerian Records, le groupe semble regretter une industrie focalisée sur la rentabilité immédiate, la logique du streaming. Compliqué pour les groupes de se positionner dans un business en perpétuelle évolution. Ce quatrième disque a été produit par Drew Fulk (Knocked Loose,Fit For A King), sonne plutôt bien et forcément moderne. D’où les réserves évoquées plus haut … Style qui a retrouvé une popularité démente comme le montrent les journées Mainstage dédiées dans le cadre des derniers Hellfest, les places sont chères.
Ce nouvel effort de Boundaries sonne très efficacement. Le rendu est bon, supporte bien les écoutes et Boundaries maîtrise plutôt bien son sujet même si les réserves inhérentes au metalcore restent prégnantes. Les Américains incarnent un metalcore agressif, intense et l’aspect hardcore pointe souvent derrière une brutalité maîtrisée. Le chant de Matthew McDougal n’y est pas étranger, lui qui vocifère comme un damné. Sur ce sujet, les thématiques du groupe sont plutôt intéressantes, LE poète Dante sur le précédent disque, une réelle dimension sociétale sur ce disque, Boundaries enrichit sa proposition ce qui continue de leur donner un cachet. Après une décennie plutôt discrète, Boundaries force son destin, multiplie les disques, fait appel à des producteurs de renom, joue sur différents labels, cumule les invités de qualité (Make Them Suffer, Landon Tewers). Souhaitons que ce travail acharné leur réussisse, la qualité de ce disque peut y contribuer. Sur les planches vite messieurs, qu’on puisse voir le résultat.