C H R O N I Q U E
Quand on voit un line-up aussi prestigieux, on ne peut que s'attendre à de l'excellence, à la crème de la crème. Chickenfoot est un groupe américain composé de Sammy Hagar (ex Van Halen) au chant, de Michael Anthony (Van Halen) à la basse, de Joe Satriani à la guitare et de Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) à la batterie. Rien que ça ! Les esprits cartésiens que nous sommes fantasmons déjà sur une synergie des 3 groupes pré-cités, espérant découvrir un album légendaire, basé sur le meilleur de Van Halen, des Red Hot et du jeu de Satch.
Malheureusement, la réalité est différente du fantasme et ce nouvel album vient nous le prouver. Il faut préciser que le groupe Chickenfoot s'est formé "par accident" à la suite d'une série de jams à la Cabo Wabo Cantina, le restaurant d'Hagar, à Cabo San Lucas, au Mexique. Le mot "jam" résume bien cet album. Les 4 zicos ont voulu se faire plaisir, jammer, ce qui doit être un véritable régal sur scène. Malheureusement, ils ont eu tendance à négliger un peu les compos en studio.
Au niveau du style, Chickenfoot fait du "big-rock", du hard-US sans grande originalité, entendu 1000 fois mais qui ne laisse toutefois pas indifférent.
Le nom de Satriani pourrait laisser penser que les guitares sont trop présentes et trop mises en avant mais ce n'est pas le cas. Satriani assure son rôle de guitar-lead sans trop en faire. Certes, ses solos sonnent Satch ; ses legatos, ses utilisations de wah-wah, ses phrasés sont immédiatement reconnaissables mais jamais on ne rencontre la moindre esbrouffe.
Cet album comporte donc du bon, du moyen et du "sans grand intérêt". Malheureusement, rien d'excellent.
Dans le bon, on notera :
- l'hyper accrocheur dansant "Sexy Little Thing", démarrant sur une introduction rappelant un peu AC/DC puis enchainant sur un big-rock US entrainant au refrain qu'on ne peut s'enlever de la tête. Le genre de morceau à mettre à fond dans une salle de concert pour chauffer le public avant que le groupe ne monte sur scène.
- l'entrainant "Runnin' Out" emmené par une rythmique en picking de Satriani sur lequel Hagar & Compagnie se font vraiment plaisir. Le solo à la wah-wah de Satriani est un vrai bonheur.
- l'ultra-classique "Get It Up" basé sur un enchainement de gros riffs basiques qui mise tout sur l'accroche. Pourtant entendu mille fois, le genre de morceau qui donne la banane. Une nouvelle fois, Hagar prend son pied en hurlant des "Arriba Arriba" sur un refrain qu'on ne peut s'enlever de la tête. Le solo de Satriani est encore excellent, inspiré et rappelant la bonne époque du Séville Guitar Festival où le sieur officiait aux côtés de grands chanteurs.
Dans le moyen, on citera :
- "Soap On A Rope" à l'introduction et aux riffs accrocheurs rappelant Deep Purple et au refrain ayant une couleur de Van Halen, cette assimilation étant sûrement due à la voix si particulière de Sammy Hagar.
- "Oh Yeah", une nouvelle fois un hyper-classique du hard-US. Morceau accrocheur, basé sur les riffs de Satriani, le refrain est ultra-prévisible. La partie de break guitare/batterie avant le solo de Satch est toutefois intéressante.
- le très groovy "Down The Drain" aux gros riffs rappelant un peu le "Runnin' With The Devil" de Van Halen
- le funky groovy "Turnin' Left". Une nouvelle fois, le refrain est très rythmique et très accrocheur même si ultra-prévisible. Le toucher de Satch donne un sacré groove à tout ça.
Pour le reste, pas grand intérêt. "Avenida Revolution", qui ouvre l'album, n'est certainement pas un excellent choix pour ouvrir l'appétit et déclencher l'enthousiasme ; "Future in the Past", qui le conclue, termine sur une note très funky rock old-school.
Cet album ne contient heureusement qu'une seule ballade "Learning to Fall", malheureusement on nage dans le cliché de la ballade US facile mille fois entendue.
Pour conclure, espérons que le groupe de jam qu'est Chickenfoot se lâchera en reprises de classiques du rock lors de la tournée à venir car il ne faut pas trop compter sur les compos de cet album pour déchainer les foules.
|