Attention, groupe de néo metal, scène décriée s’il en est. Au
passage, je vois passer partout l’intitulé nu-metal, peut-être qu’il faut
parfois changer le nom d’un produit trop décrié pour tenter d’en relancer la
réputation ? On s’en souvient - ou pas - mais le carton réalisé parKornavec ses deux premiers disques avait vu l’émergence
d’une nouvelle scène et, plus globalement, de nouveaux venus dans le metal des
années 90 et c’est d’ailleurs un certain Dino Cazares qui fit le
lien entre le label dominant de l’époque Roadrunner et nos jeunes Américains. On
ressent rapidement l’influence de Korn dans la musique de Coal Chamber
avec notamment cette basse qui slappe à la manière d’un
Fieldy. Mais si la dynamique générale reste 100% néo, la voix
rocailleuse et plus sombre de Dez Fafara permet au groupe de se faire sa place dans un
style alors rapidement balisé.
On passera la pochette, assez laide, avec une ambiance assez sombre de Coal Chamber,
ou les looks, assez travaillés des membres du groupe, bien datés aujourd’hui mais
assez dans leur époque. C’est que le quatuor n’y allait pas de main morte avec une
mention spéciale pour le guitariste Miguel Rascon et le batteur
MikeCox, bien déjantés. La bassiste Rayna Foss
ne passait pas inaperçue avec son jeu mis en avant et son look, atout charme dans une
scène metal qui reste tout de même assez masculine. Le groupe gardera une présence
féminine à ce poste après le départ de cette dernière pour raisons
familiales.
Ce disque simplement nommé du nom du groupe démarre très fort avec Loco,
véritable hymne néo metal qui fait encore aujourd’hui partie des classiques de cette
scène et certains médisant n’hésitent pas à dire que sans ce single,
Coal Chamber n’aurait sans doute pas explosé commercialement. Remarque un
peu dure à mon sens, car ce disque se défend tout de même bien pour qui n’est
pas rétif à ce style musical. Il est vrai que la recette du groupe tend à se
répéter. On retrouve souvent la même dynamique avec toujours cette rythmique
slappé, ces parties de batterie plutôt simples mais pour autant bien adaptées,
même si le chant, très sombre et étonnamment mixé en retrait, permet quelques
alternances entre cris énervés et chant à la Jonathan Davis.
Quelques gimmicks comme le "the roof is on fire …" fonctionnent bien et on tient là un
authentique classique néo métal. Comme les Coal Chamber sont
arrivés assez tôt, ils ont échappé à l’étiquette de
suiveurs purs même si la continuité avec Korn reste évidente.
Le groupe connaîtra ensuite une trajectoire compliquée avec un Dark Days certes
estimé mais des rapports compliqués dans le groupe et une mode qui aura vite passée
auront raison d’eux ; Dez Fafara ayant en outre un réel succès
avecDevildriverautrement plus adapté à son
époque. Météorite attachante de la scène néo, Coal Chamber
a tout de même laissé une belle marque à la fin des années 90 avec
son look remarqué et le charisme de ses membres. Les fans de néo considèrent ce
disque comme un classique et si on ne doit ressortir que quelques disques de cette scène et de
cette époque, celui-ci en fait clairement partie.
Tracklist de Coal Chamber
:
01. Loco 02. Bradley 03. Oddity 04. Unspoiled 05. Big
Truck 06. Sway 07. First 08. Maricon
Puto 09. I 10. Clock 11. My
Frustration 12. Amir Of The
Desert 13. Dreamtime 14. Pig