C H R O N I Q U E
Je viens de découvrir ce groupe anglais qui a maintenant trois albums au compteur, dont le précédent, Resplendent Grotesque, qui avait reçu un Spellemann Award (récompense norvégienne pour le « meilleur album metal de l’année »). Depuis cet album, le line-up a été remanié autour du membre fondateur Aort (qui joue également dans deux autres excellents groupes, Binah et Indesinence), avec notamment un nouveau vocaliste sans antécédent, Wacian. Le processus de maturation de ce disque fut assez long, l’enregistrement s’est fait aux studios Orgone de Londres (Ghost, Cathedral et Ulver notamment y sont passés).
Le résultat est un album de « black » metal progressif, sur lequel j’ai perçu des influences de l’école britannique Akercocke/Talanas pour ces structures de compos complètement imprévisibles et l’équilibre entre extrémisme et tendance progressive, par ailleurs de formations norvégiennes comme Vulture Industries. Le nouveau vocaliste chante mieux que le précédent tout en se situant dans les mêmes registres : plus juste dans le chant clair (prédominant), sans forcer dans les aigus et livrant une interprétation souvent très théâtrale et exubérante à l’image d’un Jason Mendonça (Akercocke) ou d’un Bjørnar Nilsen (Vulture Industries). Musicalement, c’est techniquement très maîtrisé, mélodique et varié ; le côté black est souvent mis de côté et se limite souvent aux shrieks caractéristiques du genre. Le groupe va puiser son inspiration au niveau des riffs dans le heavy et le thrash plus que dans du trémolo linéaire ou des arpèges simplistes. Chose que l’on regrettera, la basse est beaucoup plus discrète que sur les précédents albums, ses lignes étant quasi systématiquement calquées sur celles des guitares. Dx et Rx sont des plages ambient somme toute assez dispensables. Même si je m’attendais à quelque chose de plus extrême à la base, à l’image de ce qu’ils avaient pu faire auparavant, la variété et l’ingéniosité des compos, fort bien arrangées et ce chant versatile tout en restant toujours pertinent sont autant d’éléments qui m’ont séduit au fil des écoutes. Code n’a à mon avis pas une personnalité aussi forte que les formations précitées et il manque cette touche géniale qui mettrait tout le monde d’accord.
Code livre son effort le plus progressif depuis le début de sa carrière, ambitieux et au travail mélodique fin et soigné. La performance du chanteur est à saluer, renvoyant à d’excellentes références en la matière. Il manque simplement un peu d’audace au groupe pour s’imposer dans le style. Je vous encourage néanmoins à vous intéresser à ce disque et aux précédents par la même occasion.
Tracklist d’Augur Nox :
01. Black Rumination 02. Becoming Host 03. Ecdysis 04. Glimlight Tourist 05. Dx 06. Garden Chancery 07. The Lazarus Chord 08. The Shrike Screw 09. Rx 10. Trace of God 11. Harmonies in Cloud 12. White Triptych
Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum !
|