Artiste/Groupe:

Coil Commemorate Enslave

CD:

Maxima Moralia Sovraumanità

Date de sortie:

Octobre 2015

Label:

Land Of Fog Records

Style:

Black Metal Léopardien

Chroniqueur:

Mythos

Note:

16/20

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Le Black Metal italien semble se porter à merveille, en témoigne ce nouvel opus de Coil Commemorate Enslave. Formé en 2008 sous la houlette des compères Tevildo, Consalvo et Brutominore, le groupe a sorti depuis ses débuts une démo et deux albums. Maxima Moralia Sovraumanità est donc le dernier bébé des italiens issus de la province de la Basilicate (sud de l’Italie).

Premier constat, l’opus est court, trente minutes seulement pour plus de cinquante sur le précédent. Ce basculement aurait été justifié si le style pratiqué avait changé, mais ce n’est pas le cas. D’autant que les pistes instrumentales sont elles aussi plus nombreuses. Heureusement, Maxima Moralia Sovraumanità se rattrape par la qualité de son Metal et de sa poésie.

« La noia è come l’aria »

L’entrée en matière est une piste de deux minutes où une femme entame un monologue en italien. Le sample semble provenir d’un film du même cru, et l’inspiration est quant à elle profondément Leopardienne (du poète Giacomo Leopardi). Le reste de l’album est en effet très mélancolique, de ce qui touche au néant par l’ennui le plus pur. Musicalement, cela se traduit par un Black atmosphérique qui s’appui sur une voix typé « dépressif ». Très beau.

Leopardi est souvent surpassé par ses successeurs nihilistes que sont Cioran ou Nietzsche. Pourtant, il est l’un des premiers à aborder ces thématiques. Plonger dans son œuvre, c’est plonger dans l’âme d’un poète désespéré, où la réflexion sur l’ennui devient la pensée sublime par excellence. Expérience d’apparence paradoxale -comme le souligne très justement Pascal Gabellone-, car en anéantissant toute douleur, elle en produit une nouvelle, plus intense encore car figée sur le néant.

Coil Commemorate Enslave traduit avec une très grande justesse ce sentiment, en produisant un album triste, mais de cette tristesse qui vous porte vers le haut, vous emmène dans les splendeurs de la pensée absolue. Les italiens se rapprochent alors du dernier Grift, Syner, dans cette quête d’une musique désespérée et désespérément belle. Mais avec une violence que n’a pas Grift, plus intense dans la puissance mais toujours dépressif dans son chant.

Coil Commemorate Enslave signe un très bon album, aux âmes ennuyées et torturées, entre gaieté et mélancolie.

Tracklist de Maxima Moralia Sovraumanità :

01. Intro
02. Turbine Tragico
03. Her Dancing Eyes
04. Apologia Dell'Orgia
05. Il Nulla Senza Tregua