Coma

Artiste/Groupe

Coma

CD

Don't Set Your Dogs On Me

Date de sortie

Décembre 2012

Label

earMUSIC

Style

Heavy Rock

Chroniqueur

Didier

Note Didier

15/20

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Autre Site Artiste

C H R O N I Q U E

Les Polonais de Coma reviennent. J’avais découvert le combo avec Excess, leur premier album destiné à l’international, comprenez chanté en anglais et non pas en polonais comme le reste de la discographie du groupe. Car Coma est déjà ancien, considéré comme un des plus grands groupes de rock en Pologne. Eh oui, de rock. Car en Pologne, comme dans pas mal d’autres pays, le rock peut être pêchu, à grosses guitares, heavy rock, comme on dit, sans pour autant effrayer les passants et la ménagère de 40 ans. Il y a des questions à se poser quand on compare ça à notre paysage rock. Enfin bref, là n’est pas le débat. Le sujet ici est Coma, et ce nouvel album, Don’t Set Your Dogs On Me, deuxième album chanté en (très bon) anglais (tiens, encore un sujet de débat d’ailleurs…), qui devrait permettre au groupe de se faire connaitre un peu mieux hors de ses frontières. J’avais beaucoup aimé Excess et je retrouve avec plaisir l’alchimie qui m’avait séduit à l’époque : un chanteur hors du commun (Piotr Rogucki), vecteur d’émotions, une grosse basse (Rafal Matuszak), une production soignée. Les guitaristes Dominik Witczak et Marcin Kobza et le batteur Adam Marsza³kowski complètent la formation. A l’époque je me demandais dans quel style ranger Coma, car ils touchaient un peu à tout. Après avoir écouté ce dernier album une bonne trentaine de fois, je me pose la question : quel est vraiment le style de Coma ? Difficile à dire, mais finalement je comprends que c’est peut-être bien ça leur style : des touche-à-tout plutôt doués. Autant Excess m’avait quasiment séduit instantanément, autant je dois l’avouer, j’ai dû travailler un peu plus sur ce nouvel album, d’où les trente écoutes dont je parlais. En effet, l’impression initiale était plutôt la déception, par rapport à Excess, ne retrouvant pas les émotions captées à l’époque. Au final, je finis par y trouver largement mon compte, avec quelques superbes pièces et quelques autres sur lesquelles j’accroche moins.

Dans les choses particulièrement réussies, on trouve d’abord quelques Objects Musicaux Non Conventionnels : Par exemple cet hystérique Dance With A Queen. Etonnant, le chant hurlé d’un fou, un riff monstrueux, le tout rappelle certains morceaux des étonnants Pain Of Salvation. Une réussite, qui fait sourire quand on repense à l’étiquette « groupe de rock » du combo dans son pays. Autre réussite aux sonorités qui me rappelle un peu System Of A Down, c’est Rainy Song. Rythme surprenant, gros travail de batterie, chant génial, le tout est atypique et très bon. Deux morceaux à ambiance, plus posés, sont particulièrement forts. Ce sont Late, où le chant de Piotr, est encore superbe (il rappelle celui d’Eddie Vedder), et surtout Moscow, qui est pour moi le meilleur morceau de l’album. Chant et basse énormissimes, refrain accrocheur, qui vous fait frissonner. Je retrouve avec ce style là ce qui m’avait séduit dans Excess. C’est peut-être la position du morceau (onzième sur treize) qui a fait que j’ai eu plus de difficultés à appréhender l’album dans son intégralité. J’ajoute à ma liste de réussites un morceau plus ambiant (style Pearl Jam), Furious Fate, superbement chanté, dont le jeu de basse sort encore du lot. Plutôt planant dans son intro, le morceau s’excite sérieusement vers la moitié. Un bon petit solo vient rappeler que le guitariste n’est pas en reste même si les solos ne sont pas systématiques dans la musique de Coma. Le refrain est très accrocheur, une fois de plus le chant dégage un quelque chose de vraiment unique. Chapeau !

Attention tout le reste n’est pas à ignorer pour autant, car Keep The Peace qui ouvre l’album par exemple est un bon morceau, dans lequel on retrouve le style post-grunge sur lequel surfe Coma par moment, avec en prime toujours une excellente basse, de bons gros riffs et un chanteur qui passe des montagnes d’émotions dans sa voix, avec ce style qu’ont certains de laisser entendre leur inspiration entre deux phrases vocales. Mêmes remarques sur le chant étonnant de With You, plus rock, voire pop (qui a dit cucul ?) sur le refrain. Lion est un long morceau, un poil déprimant, avec de bons breaks mélodiques, et une ambiance prenante. A Better Man est un morceau dont l’intro fait penser à du Sting, qui se mue en du Nickelback, c’est propret, la voix se fait plus éraillée. When The Music Is A Flame, qui clôture cette galette, est encore un bon morceau, qui me fait penser, par le son guitare/basse à un morceau de Red Hot Chili Peppers. On y trouve encore des lignes de basse exceptionnelles et surtout j’aime bien la parabole « when the music is a flame, we jump into the same fire ». C’est tout à fait ça pour moi, et ce, depuis longtemps…

Les choses moins originales pour moi, sont des morceaux comme Always Summer (typé aussi Pearl Jam), sur lequel bizarrement j’accroche moins, ou bien le titre éponyme de l’album dont le refrain limite hardcore me laisse plus indifférent. Je n'aime pas trop non plus ce Songs 4 Boys, plus banal, dont le refrain m’énerve passablement. 

Au final je suis à nouveau séduit par les Polonais de Coma. Leur style assez varié m’interpelle, même si j’ai mis un peu plus de temps à succomber qu’avec Excess. Le chant est vraiment exceptionnel, le morceau Moscow est l’exemple même du morceau réussi qui me semble représentatif du groupe. Le style global est un peu mélancolique (tiens c’est pareil chez Riverside, d’autres Polonais, c’est étrange cette particularité nationale), et la production parfaite. Il serait intéressant de voir ces musiciens défendre leur beefsteak sur des planches françaises. En attendant, c’est un album bigrement recommandé, tout comme l’était son prédécesseur.

  

Tracklist de Don’t Set Your Dogs On Me :


01. Keep The Peace
02. With You
03. Always Summer
04. Dance With A Queen
05. Rainy Song
06. Late
07. Lion
08. Furious Fate
09. Don't Set Your Dogs On Me
10. Song 4 Boys
11. Moscow
12. A Better Man
13. When The Music Is A Flame

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