BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Après dix ans d’absence, Converge est revenu en février 2026 avec Love Is Not Enough, et quatre mois plus tard, les revoilà déjà ! Ben alors les gars, on n’avait pas envie de sortir un double album ? La raison évoquée par Bannon est que le groupe avait assez de matière pour faire deux albums, avec des teintes différentes… Et le pire là-dedans, c’est que c’est totalement vrai. J’avais commencé ma chronique de Love Is Not Enough avec : « Dès les premières notes, aucun doute : cette fois-ci, c’est du Converge pur jus. Et là, bordel, qu’est-ce que ça fait plaisir. Le groupe n’a rien perdu de sa férocité, ni de sa capacité à créer des titres à la fois rentre-dedans et totalement instables. » Alors fatalement, lorsque deux albums sortent en si peu de temps, on se sent un peu obligé de jouer au jeu des sept différences… Je ne sais pas si je les trouverai toutes, mais ce qui est certain, c’est que ces deux albums sont faits du même bois mais pas de la même essence.
Love Is Not Enough est un disque assez frontal, direct, agressif, presque impulsif. Hum of Hurt, au contraire, installe une tension, il prend le temps. J’ai d’ailleurs un peu de mal au début de l’écoute, car cet album me retourne les tripes. Je l’ai même trouvé malaisant sur certains moments. Il parle à nos viscères et non pas à notre cerveau, drôle de sensation. Mais malgré cette difficulté à rentrer dans les méandres de ses atmosphères, de ses riffs tordus, une fois cette première sensation dépassée, cet album est vraiment une pure pépite. Et afin de conclure cette pseudo-comparaison : là où Love Is Not Enough cherche l’impact, Hum of Hurt cherche la vibration.
Dès les premières secondes, le premier titre Slip the Noose, qui signifie littéralement « desserrer la corde », donne tout de suite une sensation inverse. Le morceau est une prise à la gorge, une entrée brutale dans un univers où tout est déjà en crise. On ne commence pas dans le calme, on commence dans l’urgence. Doom in Bloom commence déjà à poser le tempo, et son riff répétitif n’est présent que pour marteler son ambiance singulière. It Only Gets Worse revient à l’agressivité qui fait que Converge est Converge : sa rage, sa hargne et son triste constat… La musique et les paroles sont à l’unisson pour l’un des titres les plus impactants de l’album. Le groupe nous offre une dernière madeleine de Proust avant de nous emmener au fond de son esprit tourmenté.
Et puis il y a le reste de cet album, une sorte de chute, ou une érosion titre après titre, qui nous emmène de manière perpétuelle vers les abysses. Il cesse d’être frontal pour devenir intérieur. Dream Debris ouvre une zone plus flottante, presque spectrale : chaque instrument se répond, les guitares ne frappent plus mais enveloppent, et la voix semble simplement compléter le tableau. Detonator pousse encore plus loin cette dérive. Le morceau se tord, se fragmente, refuse les habitudes. C’est le point où l’album cesse d’obéir à ses propres règles, comme si Converge acceptait de perdre le contrôle pour mieux révéler ce qui se cache sous la surface. Quant au morceau-titre, il est certainement le plus organique de l’album. La montée lente, la répétition anxieuse, l’explosion contrôlée composent une forme de miniature de l’album entier. C’est ici que l’on comprend que Converge ne cherche pas à exploser, mais à déchirer lentement…
Depuis le soap-opéra Cavalera qui agite depuis 1996 le petit monde du Metôl, j’ai pour habitude de dire que deux, c’est mieux qu’un seul. Cette maxime est valable pour Converge avec cette double lame : la première se veut être un virulent rappel de toute la rage qui a façonné ce groupe, et la seconde est peut-être un peu plus décousue, moins cohérente, mais terriblement humaine. Ces deux albums se font bien écho au regard de la carrière des Bostoniens, qui ont toujours pris un malin plaisir à jouer sur les paradoxes.
Tracklist de Hum of Hurt :
01. Slip the Noose 02. Doom in Bloom 03. It Only Gets Worse 04. Detonator 05. I Won’t Let You Go 06. It’s Not Up To Us 07. Dream Debris 08. It Used to Matter 09. Hum of Hurt 10.Nothing is Over