C H R O N I Q U E
Coprofago
n'aurait pas pu trouver un meilleur nom pour cet album on ne peut
plus "Unorthodox".
L'album déboule sur un "Crippled tracker" dans
un style trash extrèmement violent, voix d'outre-tombe,
rythmiques death progressives, le tout sur un fond de sons mettant
mal à l'aise. Le batteur se déchire sur des rythmes
changeant sans cesse, tout est ultra-progressif et barré.
"The inborn mechanics" est un peu plus accessible, toujours
un style trash au refrain mémorisable mais cette fois le
morceau est interrompu par des ambiances et des solos de guitare/basse
purement (free)jazz. Niveau originalité et mélange
des styles, Coprofago n'aurait pas pu mieux faire.
Sur "Neutralized" on a carrément à faire
à du death limite grind. Comme pour le premier morceau,
un style changeant sans cesse et très violent. Cette fois,
c'est sur une rythmique bien heavy trash que le guitariste pose
un solo jazzy.
"Merge Into", morceau à l'ambiance plannante
instrumentale jazz, surprend énormément : on passe
d'un trash/grind progressif à un jazz rappelant Jens Johansson.
L'ouverture d'esprit du groupe n'est plus à démontrer.
"Fractures" et "Hostile silent ruptures" nous
ramènent sur un death plus traditionnel. Dans ce 2ème
morceau, on croirait même entendre parfois du Allan Holdsworth
sur les parties Jazz.
Via "Isolated through multiplicity", superbe morceau
typique de jazz rock exécutés par des musiciens
talentueux et virtuoses, Coprofago nous offre un entracte dans
l'univers de l'extrême violence.
"Constriction" déclare la fin de la trêve,
certainement le morceau le plus violent de l'album : double grosses
caisses, énormes rythmiques speed, refrain hurlé
par un chanteur death égorgé, on ne se remet pas
de ce refrain irritant.
Le CD se continue par un jazz rock très bien joué
: "Motion", quelles parties de basse superbes me direz
vous !!
L'album se termine sur "Walenlught" qui résume
très bien l'esprit du groupe : union de parties métal,
soft parfois proches de Dream Theater, death/grind parfois proches
de Morbid Angel, avec des parties mélodiques jazzy à
la Allan Holdsworth.
Pour résumer, un album incroyable d'ouverture d'esprit,
de technique, de mélange des genres mais extrêmement
dur à digérer, parfois même dérangeant
par sa violence.
Peut-être que plusieurs dizaines d'écoute parviendront
à nous faire vraiment apprécier cet album.
En tout cas, un grand respect à ces musiciens sans limite
hors du commun.
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