C O P R O F A G O

Artiste/Groupe

Coprofago

Album

Unorthodox Creative Criteria

Date de sortie

2005

Style

Trash extrême couplé à du free-jazz

Chroniqueur

Yann G

Note

70/100

C H R O N I Q U E

Coprofago n'aurait pas pu trouver un meilleur nom pour cet album on ne peut plus "Unorthodox". L'album déboule sur un "Crippled tracker" dans un style trash extrèmement violent, voix d'outre-tombe, rythmiques death progressives, le tout sur un fond de sons mettant mal à l'aise. Le batteur se déchire sur des rythmes changeant sans cesse, tout est ultra-progressif et barré. "The inborn mechanics" est un peu plus accessible, toujours un style trash au refrain mémorisable mais cette fois le morceau est interrompu par des ambiances et des solos de guitare/basse purement (free)jazz. Niveau originalité et mélange des styles, Coprofago n'aurait pas pu mieux faire. Sur "Neutralized" on a carrément à faire à du death limite grind. Comme pour le premier morceau, un style changeant sans cesse et très violent. Cette fois, c'est sur une rythmique bien heavy trash que le guitariste pose un solo jazzy. "Merge Into", morceau à l'ambiance plannante instrumentale jazz, surprend énormément : on passe d'un trash/grind progressif à un jazz rappelant Jens Johansson. L'ouverture d'esprit du groupe n'est plus à démontrer. "Fractures" et "Hostile silent ruptures" nous ramènent sur un death plus traditionnel. Dans ce 2ème morceau, on croirait même entendre parfois du Allan Holdsworth sur les parties Jazz. Via "Isolated through multiplicity", superbe morceau typique de jazz rock exécutés par des musiciens talentueux et virtuoses, Coprofago nous offre un entracte dans l'univers de l'extrême violence. "Constriction" déclare la fin de la trêve, certainement le morceau le plus violent de l'album : double grosses caisses, énormes rythmiques speed, refrain hurlé par un chanteur death égorgé, on ne se remet pas de ce refrain irritant. Le CD se continue par un jazz rock très bien joué : "Motion", quelles parties de basse superbes me direz vous !! L'album se termine sur "Walenlught" qui résume très bien l'esprit du groupe : union de parties métal, soft parfois proches de Dream Theater, death/grind parfois proches de Morbid Angel, avec des parties mélodiques jazzy à la Allan Holdsworth. Pour résumer, un album incroyable d'ouverture d'esprit, de technique, de mélange des genres mais extrêmement dur à digérer, parfois même dérangeant par sa violence. Peut-être que plusieurs dizaines d'écoute parviendront à nous faire vraiment apprécier cet album. En tout cas, un grand respect à ces musiciens sans limite hors du commun.