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Coronatus
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C H R O N I Q U ECoronatus, groupe allemand, sort son troisième album, Fabula Magna et célèbre l'arrivée d'une nouvelle chanteuse, Lisa Lasch pour les parties "rock" des morceaux. L'album débute par une intro sobrement appelée Prelude, sur laquelle on entend clavier et orchestrations plutôt douces et presque mystiques. Ce dernier effet étant renforcé par les vocalises de Carmen R. Loch, la chanteuse lyrique du groupe. Mais le combo décide de durcir le ton dès le second morceau : une rythmique soutenue, des guitares plutôt agressives, des orchestrations plutôt sombres et discrètes. Et pourtant, à d'autres moments, Coronatus prend des chemins plus joyeux, comme le Tantalos qui irait presque flirter avec du speed. L'utilisation d'instruments traditionnels tels que la cornemuse ou la flute apporte une autre petite touche folk à cette musique et la fait parfois aller n'importe où. Comme sur Flying By (Alone) qui part dans tous les sens et se termine on ne sait pourquoi par un piano qui semble véritablement fatigué, mauvais signe, car nous aussi nous commençons à être fatigués ! Encore une fois, je ne suis pas d'accord avec le genre qu'on a donné à Coronatus ! Le rythme n'est pas assez lourd, pas assez lent pour entrer dans le gothic metal, on dirait plutôt du heavy symphonique, bien que le côté symphonique ne soit pas des plus marquant ! Quant aux guitares, même si l'effet est sympa, enfin surtout pour le son, on se demande pourquoi il y a deux guitaristes puisqu'ils font, le plus souvent, la même chose ! Alors, on se dit qu'heureusement, le groupe a deux chanteuses et que ça peut apporter ce qu'il manque à ce Fabula Magna : l'originalité, la fraîcheur... Et bien non ! Carmen R. Loch reste dans son registre lyrique, ne module pas sa voix, et la voix nasale de Lisa Lasch est vite pesante comme sur le refrain de Der Fluch. Carmen a tout de la voix lyrique qui ne transmet rien, elle se contente de chanter, et pour l'émotion, elle nous fait comprendre qu'il faudra repasser, ou pas. Et même si parfois, elle change de ton, rien n'y fait, on n'y voit pas grand intérêt. L'idée de contraster les voix est intéressante, mais, encore aurait-il fallu choisir une chanteuse "rock" écoutable. Car si au début, c'est surprenant et qu'on arrive à apprécier la chose, on sature bien vite ! Et quand on écoute Blind, la ballade de l'album, on découvre vite la supercherie : ça veut faire dans l'émotion, la douceur, mais ça ne passe pas. C'est surfait, on a presque l'impression de voir un film avec de mauvais acteurs, sauf qu'heureusement pour nous (et encore), on ne fait que les entendre ! Quant aux choeurs, le mélange des voix féminines aux masculines rend la chose sympathique, mais malheureusement, il n'en sort toujours rien de très original et peut-être auraient-ils mérité d'être plus travaillés et plus en avant. Alors oui, il y a de la technique et quand ils veulent les membres de Coronatus maitrisent ce qu'ils font. Mais le manque d'originalité, le manque d'émotions, le manque de travail sur certaines parties instrumentales se font beaucoup trop sentir tout au long de cet opus. Et les points positifs ne suffisent pas à nous faire passer au dessus du négatif, ce qui est bien malheureux ! Mais si le groupe ne sortait pas un album par an et se donnait plus de temps, peut-être arriverait-il à nous surprendre un peu plus et nous faire apprécier cet univers. Dans tous les cas, ce n'est pas avec ce Fabula Magna que le groupe réussira son pari. |
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