Cyril Achard

Artiste/Groupe

Cyril Achard

CD

Violencia

Date de sortie

Mars 2010

Style

Jazz Metal

Chroniqueur

yanng

Note yanng

14/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

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C H R O N I Q U E

Si certains albums ont marqué ma vie, deux de Cyril Achard en font partie : l'énorme album instrumental Confusion et le projet Taboo Voodoo (dont l'album sera prochainement dans notre rubrique d'albums légendaires "Back To The Past") monté avec Mike Terrana et Ivan Rougny. Une date au Triton qui reste mémorable !

Cyril, guitariste virtuose du sud de la France, avait décidé de s'éloigner du monde du metal pour évoluer dans le jazz/jazz-rock. Ses albums exécutés sous la forme d'un trio comme Trace ou en compagnie du bassiste Michaël Manring sont des témoignages de sa nouvelle orientation.

C'est en mars 2010, dans l'écurie Lion Music bien connue pour promouvoir les shredders et autres prog-eux, que Cyril Achard sort son nouvel album intitulé Violencia. Si on ajoute le nom de l'album et la pochette montrant un homme en train d'hurler, on aurait pu croire que Cyril avait évolué vers le hardcore ou le thrash. Mais il n'en est rien. Alors ce retour ? Jazz ou Métal ? Les deux mon capitaine !

Violencia est un album instrumental joué sous la forme d'un trio. Cyril est accompagné par Eric Lebailly à la batterie et Franck Hermany à la basse.
Le concept même de l'album est d'associer un jeu de guitare solo et une rythmique plutôt metal à un environnement totalement jazz-rock.
L'environnement est on-ne-peut-plus-roots, aucun overdub, nature de chez nature. Le résultat est brut et sonne comme un enregistrement live d'un trio tapant le boeuf dans un garage.

Le son de guitare de Cyril est juste crunchy, une petite distorsion rappelant les vieux sons Fender. Rien à voir avec les simus d'ampli à lampe Ibanez. Le jeu de batterie est tout bonnement jazz, pas de double grosse caisse... et pourtant Eric tabasse ses fûts sur les morceaux les plus violents mais ça continue de sonner jazz-rock.

Du côté des compos, l'album est ultra-complexe. Le genre d'albums totalement indigestes si on ne s'y reprend pas à plusieurs fois. Car la question du public se pose : y a-t-il un public pour Violencia ? Car Violencia est vraiment trop jazz-rock pour les métalleux qui s'attendent à des mélodies plus accrocheuses et plus faciles, à un son plus power-chords et à une grosse batterie dopée à la reverb. Mais également bien trop agressif pour un public purement jazz-rock.

Brutalize, Saint Hetfield et Violencia représentent assez bien le mélange jazz-metal de Cyril. La base des compos est heavy mais la complexité des mélodies et les changements incessants de rythmes rendent la digestion assez difficile. Personne ne pourra dire que Violencia est un album commercial ! Il faut vraiment plusieurs écoutes pour se remémorer des mélodies.

Des morceaux comme All Or Nothing, plus calmes, rappellent un peu le style de Taboo Voodoo et sont plus faciles d'approche. Violencia présente même des côtés progressifs, les solos et riffs sur Sweet And Furious, par exemple, vont parfois lorgner du côté de chez Rush.


Lion Music fait un sacré pari en sortant l'album le moins commercial de l'année. Le jeu de Cyril est génial, les compos sont hyper travaillées et le tout sonne vraiment boeuf dans un garage mais le public métalleux moyen se fera bien trop de noeuds au cerveau en l'écoutant. Un album qui pourrait se résumer en "Quand Allan Holdsworth rencontre Metallica".

Message personnel pour Cyril : des rumeurs circulaient sur un volume 2 de Taboo Voodoo, décroche ton iPhone et appelle Terrana !!!