C H R O N I Q U E
Avant toute chose, je dois vous avouer que, selon moi, Dark Moor fait partie depuis plusieurs années des meilleurs groupes de Power Metal symphonique. Les Espagnols ont sorti coup sur coup trois bijoux, Tarot, Autumnal et Ancestral Romance et ont détrôné un Kamelot qui, lui, a dans le même temps sorti deux albums bien fades (Ghost Opera et Poetry For The Poisoned). Autant dire que j’attendais impatiemment ce nouvel album de Dark Moor et que j’y plaçais de grands espoirs de les voir enfin s'imposer comme l’un des groupes incontournables du style. Seulement, il ne fallait pas se louper. D'autant que Kamelot est revenu l'année dernière avec un album intéressant et que les Autrichiens de Serenity se montrent de sérieux prétendants au trône.
C’est donc sans trop d’appréhension que je commence l’écoute de ce nouvel album. Après l'intro, symphonique évidemment, on s'attend à quelque chose de grandiose. Et le premier morceau nous laisse un peu sur notre faim. Nous n’avons pas affaire à un début d'album aussi tonitruant que pouvait l'être Autumnal (avec Swan Lake) ou Ancestral Romance (avec Galdir). Toutefois le morceau reste tout à fait correct, les orchestrations sont bien en place et on s’y laisse prendre, même si l’on y décèle quelques redites des albums passés. On s’attendait juste à un peu mieux (c'est ça quand on a sorti précédemment trois albums excellents) et donc on attend de voir ce que nous réserve la suite. Avec le second morceau, It Is My Way, on reste perplexe. Qu'est ce qu'il se passe ? Le morceau n'est pas intéressant, le refrain est bâclé et Alfred Romero, pourtant un excellent chanteur, en fait des tonnes. Bon, on se dit que c'est le mauvais pas de l'album. Ca arrive. Vite, passons au morceau suivant. Hélas, The Road Again, n'est pas fait pour nous rassurer non plus. Ce n'est pas vraiment un mauvais titre mais on s'attendait à mieux de la part de Dark Moor. Le refrain répété encore et encore sent le manque d’inspiration. On peut faire le même constat avec le morceau suivant, Together As Ever, uniquement sauvé par son refrain. Et à ce stade de l'écoute, ça commence un peu à sentir le roussi. The City Of Peace qui suit ne relève pas vraiment le niveau. Sympathique certes mais on est encore loin (très loin, même) des meilleurs titres du groupe. On se dit que décidément, l’album ne décolle pas. Et le coup de grâce est donné par la ballade Gara and Jonay qui est d'une fadesse... oui, je sais, ce mot n'existe pas mais l'autre mot qui me vient à l'esprit est pathétique, alors... Pourtant, Dark Moor sait nous concocter de belles ballades mais celle-ci est tout simplement ratée. Et voilà déjà une succession de titres sans âme, que n'importe quel groupe pouvait écrire. Avec Living In A Nightmare, on retrouve (enfin !) le Dark Moor aux tempos rapides que l'on aime. Les orchestrations sont impeccables, Alfred adopte un chant assez théâtral sur les couplets. Il s'agit du premier morceau qui nous fait vraiment retrouver le sourire. Seulement, on en est déjà à la huitième piste. Et la suivante, un titre chanté en espagnol, n’est pas particulièrement enthousiasmante non plus. Vous l’avez compris, et ce n'est pas Spanish Suite (Asturias), la traditionnelle et sympathique relecture instrumentale d'un grand thème de la musique classique qui changera la donne : le mal est fait, Ars Musica ne sera pas l'album qui imposera Dark Moor comme le champion du Power Metal Symphonique. Et comme tout groupe qui n'a pas grand chose à dire ou dont l’inspiration s’est tarie, l'album se termine sur deux titres bonus inintéressants : une version acoustique de The Road Again (titre déjà pas génial en version électrique) et une version orchestrale de Living In A Nightmare d'un intérêt pour le moins limité. Au moins, on ne se posera pas la question de savoir si on doit acquérir la version en édition limitée ou pas…
A la fin de cette écoute, la moisson de morceaux intéressants est bien maigre. Quatre ou cinq titres sortent leur épingle du jeu mais sur un total de onze (treize si on compte les bonus), le compte n’y est pas. Bien sûr, Ars Musica n'est pas un mauvais album en soi (d’où la note) mais il est tellement indigne de ce que nous a proposé Dark Moor sur ses trois précédentes oeuvres que la déception est forcément immense. Maintenant, le faux-pas, ça arrive. J’espère que c’en est un et pas un aveu du manque d’inspiration du groupe aujourd’hui. Car l’album faiblard de la discographie, Dark Moor nous l’a déjà proposé avec Beyond The Sea. Celui-ci n’est pas aussi raté, heureusement. J’attends donc déjà le prochain album pour être rassuré sur ce point.
Tracklist de Ars Musica :
01. Ars Music (intro) 02. First Lance Of Spain 03. It Is My Way 04. The Road Again 05. Together As Ever 06. The City Of Peace 07. Gara And Jonay 08. Living In A Nightmare 09. El Ultimo Rey 10. Saint James Way 11. Spanish Suite (Asturias) 12. The Road Again (acoustic version) 13. Living In A Nightmare (orchestral version)
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