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DEPRESSED MODE
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C H R O N I Q U EJe ne sais pas si c'est un effet secondaire de l'été étrange que nous vivons mais les disques que votre serviteur reçoit à chroniquer sont tous plus meilleurs les uns que les autres. Et Depressed Mode en est le flagrant exemple. Inconnu de ma part je dois avouer que je suis devenu immédiatement fan. DM joue un Metal gothique puissant tout en atmosphères grandiloquentes sombres, emmené par la voix d'une charmante demoiselle et traversée par des éclairs de haine Black Metal. D'habitude, le Black est étouffant, rageur, parfois nihiliste, et il est rare de le voir cohabiter avec des atmosphères gothiques d'une noirceur absolue et une chanteuse à la voix parfaite. On pensait avoir tout entendu en terme de Metal Goth et de Black, certains groupes de la première catégorie n'hésitant pas à faire appel à un sombre hurleur Deatheux. Mais là. Alone, le premier morceau pose directement le truc : un piano, des guitares puissantes, des vociférations étonnement claires, l'ambiance est glaciale mais chaleureuse, Depressed Mode va faire mal. Et le groupe se fait fantômatique. So Long renvoie directement les Dimmu Borgir et autres Cradle Of Filth à l'école : jamais, jamais la musique n'avait pu être aussi noire, puissante et belle. Depressed Mode commence même à foutre carrément les jetons au pauvre auditeur lambda qui n'avait pas été préparé. On continue à naviguer dans cet univers sombre et désolé, Suffer In Darkness est à pleurer. Mais le groupe continue. Un orage démarre Ghosts Of Devotion, le morceau titre et là, on est directement dans les tréfonds de l'univers : un rythme qui plairait bien aux espagnols d'Orthodox, une lourdeur doom atomique et funèbre, voici la bande son idéale pour se faire enterrer. Le titre suivant ? The Sun Is Dead (ça ne faisait aucun doute), lente agonie à la Celtic Frost version Monotheist, se payant même le luxe d'être encore plus profond que ce dernier. Et jusqu'à la fin, on ne ressort pas de ce disque. On pourrait même tuer la première personne qui troublerait l'écoute de Ghost Of Devotion. Plus ténébreux qu'aucun groupe ne l'avait été jusqu'à maintenant, le dernier morceau revêt même un habit cosmique, digne des Yob mais en version suicidaire. Depressed Mode vient de servir l'album idéal pour décourager tout touriste en mal de plage, l'album ultime de musique sombre et dépressive, le Saint Graal de tout groupe noir. Seul Depressed Mode paraît pouvoir faire mieux un jour, bien que cela paraisse pour l'instant bien impossible. Un disque encore pire que n'importe quelle drogue, un disque qui s'insère en vous et ne vous lâchera jamais. Un disque simplement fantastique.
Tracklist de Ghosts of Devotion : |
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