« Ma cabane au Canada Est blottie au fond des bois On y voit des écureuils Sur le seuil Si la porte n'a pas de clé C'est qu'il n'y a rien à voler »
C'est par cet hommage appuyé à Line Renaud que je souhaite commencer cette chronique pour vous dire que le Canade est un pays à part. En effet, ils prennent la France pour un pays digne de recevoir tous les retraités ou pestiférés artistiques, chanteurs, comiques, qui n'ont pas pu marcher assez bien au States. Ainsi, nous avons pu recevoir avec un bonheur relatif un bon paquet de Québécois qui, eux, ne disent jamais «tabernacle» parce que c'est pas bien poli. Mais heureusement revient Despised Icon qui, après six années de hiatus, a décidé de remettre le couvert et les pendules à l'heure de leur Deathcore. Beast signe leur retour à grand coup de motherfucker dans ta face et de (…) ; mais on me dit dans l'oreillette que c'est pas très convenable non plus... D'autant que les bougres ont de l'humour, parce que faire une affiche des résultats de vente d’album à base de quenelles, en train de se fendre la bûche devant des têtes d'animaux morts, il fallait en avoir des énormes...

Despiced Icon est reconnu comme étant un des pères fondateurs du Deathcore, style qui mélange Death Metal et Hardcore (Jean Mich' toujours là pour vous expliquer l’inexplicable...). Il faut reconnaître que les bougres savent y faire et que cette cinquième galette est l'archétype du genre. Après de multiples changements, le groupe se «stabilise» autour de Alexandre Erian et Steve Marois au chant, de Benoit Landreville et Eric Jarrin à la guitare, de Max Lavelle à la basse et de Alex Pelletier à la batterie.
Bon, on va être clair d'entrée de jeu : lorsque le groupe annonce du Deathcore, je me suis dit que, comme plein d'autres groupes de metalcore, le groupe va nous faire passer des vessies pour des lanternes et nous vendre un mélange discutable. Eh ben, j'ai vite fermé mon bec et, dès The Aftermath, j'ai compris que mes nouveaux chums allait me donner une leçon du genre.
Avant l'écoute, je n'avais jamais entendu un groupe faire une synthèse aussi parfaite de ces deux courants. Imaginez plutôt les deux mainstages de n'importe quel festival qui alternerait toutes les minutes avec d'un côté Cannibal Corpse et de l'autre côté Walls Of Jericho (par exemple..) et vous avez une idée du mélange très bien senti de ce skeud. D'autant que les musiciens sont tous au diapason et peuvent avec une facilité déconcertante passer d'un style à l'autre sans aucun souci. Les chanteurs sont aussi très complémentaires et avec le timbre de voix assez particulier du hardcore d'un côté et du death, qui peut aller jusqu'au growl le plus gras, de l'autre ; là aussi la synthèse est parfaite. C'est comme si un mec à casquette portait un T-shirt de Mayhem...
Inutile de vous en faire des tonnes sur cet album, si vous aimez la Hardcore et le Death vous ne serez pas déçus. Une fois le style intégré, la recette est reproduite morceau après morceau avec une virtuosité qui peut en faire pâlir plus d'un... Sur les dix titres, le groupe se permet deux petits écarts : tout d'abord Drapeau Noir, chanté en français (ou en québécois, difficile à dire) et une pause instrumentale sur Dedicated To Extinction. Mais à part cela, peu de place à la surprise, mais plutôt à l’efficacité directe et massive. Ce Beast est une belle découverte qui devrait trouver facilement un auditoire à l'image de leurs compositions, brutal et sans compromis.
Tracklist de Beast:
01. The Aftermath 02. Inner Demons 03. Drapeau Noir 04. Bad Vibes 05. Dedicated To Extinction 06. Grind Forever 07. Time Bomb 08. One Last Martini 09. Doomed 10. Beast
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