BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Vous savez ce que c’est de découvrir un artiste ? Vous vous dites que vous allez tomber sur quelque chose de nouveau, et que cela va ravir vos petites oreilles. Le groupe Detach The Islands était totalement inconnu aux miennes, mais avec leur étiquette mathcore–powerviolence, un style qui m’accroche toujours aussi bien, je n’allais pas bouder mon plaisir. Galette dans le mange-disque et zahou !
Et là, stupeur et tremblements à l’écoute du premier titre de ce Concrete Jungle ! Je me dis que je le connais… Mais oui, qui chante ça déjà ? Comment ils s’appellent… Je tourne, je vire, je m’agace, et je craque : direction leur Bandcamp. Et là, bingo ! Le premier titre est une cover de Nerdy, des excellents Poison The Well, mais passée à la sauce Detach The Islands ! Bon sang mais c’est bien sûr. Me voilà soulagé.
Mais pourquoi commencer un album par une cover ? Étrange, non ? En réalité, Concrete Jungle s’avère être un disque de transition, un bilan, un moment-charnière, mais aussi un disque de célébration, comme l’explique Emmett Ceglia, batteur, compositeur et cerveau du projet. Le groupe new-yorkais condense sur cet EP sept années de mutations, d’expérimentations et de chaos organisé, tout en signant la dernière apparition studio du chanteur Ashley Levine.
C’est un patchwork cohérent de nouveaux titres, de covers, de remixes et de sessions exhumées, qui documente la trajectoire du groupe entre 2019 et 2026.
Chaque morceau a donc sa petite histoire. Nerdy, par exemple, est une reprise longtemps jouée en live, enregistrée lors des sessions de A Highly Magnified History. Detach The Islands ne se contente pas de copier : ils déconstruisent, resserrent, accentuent la tension. La voix d’Ashley Levine y est particulièrement féroce, presque désespérée, contrastant avec la nostalgie émotionnelle du morceau original.
Le morceau-titre Concrete Jungle a été enregistré live pour la section rythmique. Cet excellent titre est à placer au rayon free-metal (en référence au free jazz) : dissonances, ruptures rythmiques imprévisibles, chaos mathcore contrôlé… Il reflète un savoir-faire musical impressionnant.
Time Slows Down When You Look At Me est un morceau plus atmosphérique, presque contemplatif. Il tranche avec le reste de l’EP, mais reste un moment de respiration, même si, honnêtement, il ne m’a pas marqué plus que ça.
Puis les mecs remettent ça ! Une seconde cover, avec Takyon (Death Yon) de Death Grips. Leur version d’un titre plutôt axé rap / spoken word est explosive, nerveuse, presque hystérique. La présence de Fernando Morales au chant renforce encore l’aspect frénétique. Detach The Islands transforme le chaos industriel de Death Grips en violence organique.
L’EP se conclut sur deux versions remixés de deux anciens titres, et surtout de deux titres qui me semblent être les plus représentatifs du groupe. Ils proposent un mélange de technique et de puissance, avec autant d’impact qu’une calotte de ma grand-mère. Ce cocktail de mathcore, de screamo à fleur de peau et de hardcore frontal est un vrai plaisir pour tous les amateurs du genre.
Cet EP est un excellent moyen de clore un chapitre pour mieux en ouvrir un autre. C’est à la fois un adieu et un nouveau départ, avec l’arrivée de Scot Moriarty (ex-Organ Dealer) au chant. Un EP dense, intelligent, violent, mais aussi profondément organique.
Bref : si vous aimez ce style, vous trouverez forcément un petit bout de bonheur dans cette jungle...
Tracklist de Concrete Jungle :
01. Nerdy 02. Concrete Jungle 03. Time Slows Down When You Look At Me 04.Takyon (Death Yon) 05.Culture Architects (2026 Mix) 06. Refugee Anatomy (2026 Mix)