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Diagonal
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C H R O N I Q U EEncore un album venu d’ailleurs pour vous prouver que les voies alternatives et progressives peuvent apporter des surprises intéressantes. En effet le second album des anglais de Diagonal, le bien nommé The Second Mechanism, apporte une pierre de plus à l'édifice de ceux qui vouent un culte à la musique progressive des années 70 et qui pensent qu'elle est encore de nos jours source d'innovation. Entièrement musical, à l’exception de quelques petites vocalises dans le titre Hulks, cet album varie allègrement en un Jazz fusion et un rock psyché aux tonalités metal. Ce disque, très hétérogène musicalement reste toutefois très homogène à l'écoute grâce à une remarquable intégration phonique et à une durée de morceau assez conséquente, de six à onze minutes, permetant à l’auditeur de pleinement apprécier l’atmosphère singulière proposée par chacun des six titres. Un disque « instrumentalisé » Le quintette de Brighton fait preuve de belles qualités musicales et imaginatives. Sans atteindre le niveau stratosphérique du dernier Steven Wilson, cet album à 95% musical démontre une belle harmonie et une intégration instrumentale remarquable. Pourtant, dieu sait que plusieurs titres, dont l’excellent Mitochondria, sont déstructurés, proposant plusieurs phases distinctes autour d’un même thème. Cependant l’ensemble reste cohérent et donc très efficace. Quelques bruits de robots SciFi pour commencer, suivi d’une intro très rock, presque metal tout en batterie et basse… l’atmosphère est mise en place et les instruments mélodiques, à cordes ou à vent, vont pouvoir faire leur travail. Voyage/Paralysis est très seventies, psyché mais avec des connotations metal bien présentes, par la grâce de l’excellente batterie de Luke Foster et du fond de basse fourni par Nicholas Richards. Le second titre, These Yellow Sands, est largement typé western à tel point qu’il ne ferait pas défaut dans la bande son de Django Unchained. C’est prenant et le thème musical, bien soutenu par les claviers de Ross Hossack, peut nous faire penser aux titre 100% musicaux de l’album Rome de Daniele Luppi & The Danger Mouse. Les quelques connotations folkloriques de fin lancent parfaitement Mitochondria, et sa longue plainte langoureusement balkanique. Délicieusement destructuré, avec des instruments à vents qui n’hésitent pas à suivre leur propre chemin, ce titre soumet l’auditeur à un certain stress par l’intermédiaire de sons répétitifs. En gros, ce titre vous met sous pression positive. Vient ensuite Hulks, seul titre ayant une « petite » partie chantée. Et celle-ci étant d’excellente qualité, cela me fait regretter de n’avoir pas eu le loisir d’entendre plus cet autre instrument. Avec ses tonalités plus rock, qui incluent des accents mariachi et des teintes de Madness dans la voix, ce titre a un rendu auditif très imagé. Trompette, saxo et clarinette permettent au titre de prendre son envol et l’excellente guitare de David Wileman y fait quelques gammes très intéressantes. L’album se referme sur une note plus Jazz fusion, avec le planant et atmosphérique Capsizing. Tout en saxo et clarinette (bravo à monsieur Nicholas Whittaker pour l'ensemble de son travail), rythmé par une batterie impeccable, ce titre se termine sur les mêmes bruits robotiques qu’à l’ouverture, ce qui permet de refermer son cahier de voyage là où on l’avait ouvert. Certains y trouveront du Frank Zappa, d’autres du Yes. Moi j’y vois un album très intéressant et varié qui réjouira les amateurs de Steven Wilson ainsi que les « oldschools » très jazz fusion. Si je dois émettre un petit regret, c’est peut-être dans le manque de voix qui aurait peut-être pu donner le petit plus là ou les instruments trouvent leurs limites. Mais bon, cela ne m’empêchera pas de vous recommander chaudement l’écoute de ce The Second Mechanism.
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