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Divers Metal
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C H R O N I Q U ETout d'abord, le menu, constitué de 496 pages : . Histoire du Hard Rock/Metal L'auteur de ce livre, Jérôme Alberola, aime la langue française, la connait bien et l'utilise dans toute sa splendeur au sein de cet ouvrage, qui casse le genre de la bio classique (comme toutes les autres - presque toutes très bonnes - de chez Camion Blanc) : là où ses congénères font de courtes phrases, claires et précises, dans un langage simple qui ne demande pas une concentration trop appliquée, Jérôme Alberola n'hésite pas à user de longs déroulages verbaux alambiqués, qui propulsent ce livre dans une sphère parfois semi-philosophique, clairsemée de considérations sur la question existentielle du hardos de base : to be hardos or not to be ? Je le confesse et le souligne, lire cet ouvrage demande donc de la concentration et non de la nonchalance, sans quoi vous passerez à côté de sa finesse (parfois gonflante, il faut l'avouer). Et pour info, je suis un gros bouffeur de livres... C'est un peu ce qui m'a dérangé aussi, à savoir que l'on ne recherche pas forcément une complexité telle dans le propos. L'on sent que l'auteur, fan ultime de Metal, chez qui nombre d'entre vous (dont moi) se retrouveront (découvertes d'albums majeurs, concerts aventureux, échanges musicaux, soirées inattendues et magiques, etc...), met un point d'honneur à prouver que le hardos / métalleux lambda n'est pas un abruti et qu'il sait aussi faire preuve de sophistication et de sensibilité et sait causer français avec des mots de plus de deux syllabes. Et c'est ce que je reproche (un peu) à J. Alberola : je n'ai pas acheté ce livre pour constater que la grande famille du hard (dont je fais partie depuis 20 ans) est subtile et cérébrée, car je le sais déjà, mais pour y lire une anthologie du Hard Rock, ni plus ni moins. J'aurais donc préféré que l'auteur mette un peu moins en avant ses capacités académiques et fasse plus simple, à l'image de JM Vandersmissen avec la bio exceptionnelle de Led Zeppelin, ou encore celle de Jimi Hendrix, toutes deux exemplaires, et qui montrent très bien que l'on peut captiver et transporter le lecteur sans pour autant compliquer les phrases. Malgré tout, le propos est étayé, même si très subjectif (et avoué, donc à moitié pardonné), le sujet bien couvert, les expériences rares partagées, et une couverture inexhaustive et subjective (on se dit, à la lecture de certains albums référencés ET oubliés, que l'auteur n'a pour horizon musical que la CDthèque de son salon) de LA discographie idéale du Metal (154 disques), avec un chapitre consacré exclusivement à Maiden, chouchou de l'auteur (ça pourrait être pire, mais pourquoi plus Maiden que Metallica par exemple ?) Bref, ce livre mérite amplement le détour pour la qualité de son contenu, mais aurait pu atteindre aisément la perfection en simplifiant son style : Claude Monnet peignait des oeuvres en apparence simples, mais bourrées de talent génial ayant demandé recherche et force travail, preuve que l'on peut faire simple, direct et excellent. Pas la peine de faire des fioritures à chaque phrase... A la décharge de l'auteur tout de même : ce dernier a l'honnêteté dès l'intro de mettre le lecteur en garde en assumant pleinement la subjectivité de son oeuvre, et par là même de vous prévenir que vous ne serez sans doute pas d'accord avec lui sur moults points de vue. Il devient donc à ce stade intéressant de lire un avis contraire ou différent au votre et de découvrir de nombreux albums que vous ne connaissiez pas. Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
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