DJABAH

Artiste/Groupe

Djabah

Album

Danhomé

Date de sortie

05/06/2007

Style

Death-Metal

Chroniqueur

Septiis

Note

16/20

Site Officiel

http://www.djabah-music.com/

C H R O N I Q U E

Ceci va peut être vous paraître bizarre mais Danhomé est déjà le deuxième album de Djabah. Le premier, enregistré au studio des milans, sorti il y a quelques années, était passé inaperçu, sûrement pas par manque de qualité mais parce que le groupe n'avait pas su se défaire des comparaisons incessantes avec Gojira.

Avec ce deuxième album, Djabah nous montre qu'il a trouvé définitivement la direction qu'il voulait suivre. Et quelle direction intéressante !! Ce "Danhomé" est en fait un album concept qui traite de l'esclavage et de la condition des esclaves. Et pour rester le plus crédible possible, la quasi-totalité des textes a été écrite en fon et en yourouba, deux dialectes africains.

Mais vous êtes en droit de vous demander si l'alliance entre le death metal et le sujet de l'esclavagisme reste plausible. Je répondrais positivement en ajoutant même que le résultat est plus que surprenant !! Une première certitude, la production est soignée, le son réalisé par Neb Xort au Drudenhaus studio, puissant et original, a donné à Djabah une réelle personnalité.

"Danhomé", chanson titre, ouvre le bal crescendo avec son intro hypnotique et lancinante, comme si un fantôme passé ressurgissait subitement pour nous rappeler l'histoire. Puis vient "Kpengla", premier moment fort de l'album, où le groupe durcit le ton. Le break au milieu de la chanson y est tout simplement mémorable. C'est à ce moment que l'on comprend que l'on n'a pas à faire à des manchots, la prestation du batteur est tout simplement phénoménale...

"Soumis" est tout en nuance, son couplet avec son riff répétitif et entêtant vient contraster avec la rage que présente son refrain. Ce titre nous permet de remarquer que le chant tribal des deux chanteurs convient parfaitement au concept et apporte un nouveau plus à la personnalité du groupe.

Arrive ensuite "Sévices et tortures", qui traite des pertes subit chez les esclaves lors de leur déportation. La musique colle ici parfaitement au thème, les riffs de guitares sont tout simplement chaotiques et torturés, le chant, enragé. Cette chanson n'est que souffrance et douleur. A coup sur la meilleur chanson de l'album. A écouter absolument .

A peine le temps de nous remettre de nos émotions que le groupe nous assomme avec un "Possession" ultra violent où seul le refrain nous permet de souffler grâce à son riff à nouveau chaotique. Et ce n'est pas tout car "Toelo", le morceau le plus violent déboule directement à la suite. Le groupe envoie ensuite un "7 fois le tour de l'arbre" un peu plus nuancé quoique présentant un refrain entêtant sur fond de blast. Le break de fin est remarquable. A noter la présence en fin de piste de chant béninois !

"Umgbé" et son chant qui vous reste gravé dans la tête dès la première écoute vient clôturer l'album comme il a commencé, de manière hypnotique sur fond de larsens qui disparaissent tout doucement, comme si le fantôme du passé repartait tout doucement après nous avoir rappelé les horreurs du passé.

La seule chose que l'on peut reprocher à cet opus est peut être sa longueur * 32 minutes. Mais le concept colle parfaitement à la musique du groupe, les riffs de guitares sont souvent chaotiques et torturés et le chant tout simplement tribal.

Ce "Danhomé" devrait permettre à Djabah de se forger une identité propre et de s'affranchir définitivement de l'étiquette Gojira avec qui il n'ont plus grand chose en commun. Le groupe peut voir grand si il continue dans cette direction. Et la scène death française peut se frotter les mains * après Trepalium, Benighted et autres Kronos, voila qu'un autre groupe de qualité vient de grossir ses rangs.