EARACHE

Artiste/Groupe

Earache

Album

Metal II A Headbanger's Companion

Date de sortie

10/09/2007

Style

Compilation Métal Extrême

Chroniqueur

Damien

Note

19/20

Site Officiel

http://www.earache.com/

C H R O N I Q U E

Déjà le second volet des compilations de la maison anglaise, référence incontestable du Metal au pays de la reine. Et un label européen majeur. Un label qui a juste vu défiler Morbid Angel, Carcass, Napalm Death, Entombed, Cathedral et nouvelle maison du Deicide de Glen Benton. Rien que ça. Zoom sur les 6 CD de cette fantastique compilation.

Premier CD, les essentiels du Metal Extrême. On ouvre sur le Heartwork de Carcass, on enchaîne sur Napalm Death, on arpente le God Of Emptiness de Morbid Angel, on redécouvre Akercocke. En se fait gentiment dérouiller par les Berzeker (mais si, les psychopathes Grindeux d'Australie), on se fait écrabouiller par les chaînes des tanks de Bolt Thrower avec le culte et monstrueux Cenopath, à vrai dire ça fait tellement de bien de replonger dans ces classiques des 90's que l'on se croirait revenu en plein milieu de la décennie. Un premier CD destructeur, histoire de se rappeler au bon souvenir.

Second CD, les classiques plus rock du label. Enfin presque. Parce que certes Clutch, Sleep, PitchShifter, ce n'est pas du Metal extrême. Mais rien que le titre de Cadaver Inc. vaut le détour * imaginez une intro à la Unsane, genre Sludge Noise Rock, avec la voix un peu Black qui va bien, c'est gentil pendant une bonne minute mais lorsque ça vire au Black génocidaire entrecoupé de Rock laminé par un chant d'hystérique (Mike Patton x 2000), on touche au génie. Soulignez encore les monstrueux titres d'Iron Monkey, de Rabie Castle, de Mistress et de Nocturnus, et vous obtenez un disque de qualité au moins aussi bonne que le premier. Enorme pour un CD de groupes secondaires.

Troisième galette, les petits jeunes. Ben les petits jeunes me direz vous, ils envoient du bois sévèrement aussi ! Entre les décalqués d'Ephel Duath (vraiment un groupe à suivre), les lourds Blood Red Throne (avec une chanson et un son scie sauteuse avec un riff dont vous me direz des nouvelles !), les brutes épaisses de Nox et Crowpath, d'une violence qui fait mal, là encore il y a de quoi effrayer le voisin. On souffle un petit peu, on vient de se prendre trois CD qui font mal.

Et on replonge. Quatrième volée de bois vert, le live. Oh trois fois rien, vous (re)prendrez bien du Morbid Angel, du Deicide, du Napalm Death, du Carcass ou du Entombed ? Comment dire non ? En plus, quand il y a comme voisins Bolt Thrower ou The Berzerker, avec qui plus est un mix surprenant d'homogénéité et de clarté, vous vous faites rappeler gentiment que le Metal, ça se joue aussi sur scène. Et que les albums ne sont pas faits par ordinateurs et qu'il est facile pour leurs créateurs de les rejouer sur scène. Simple comme bonjour.

Et là, le plus dur arrive * le cinquième disque, celui des remixes. On commence tranquillement avec PitchShifter et Scorn puis tout s'accèlère avec la rencontre orchestrée en 1998 entre Morbid Angel et les Berzerker. Day Of Suffering version speedcore, encore plus ravageur que la version originale. Puis un remix absolument monstrueux d'Ephel Duath en remet une couche. On se ballade chez DubWar et Mortiis, Napalm Death rencontre Delta 9 pour un titre de Indus Techno Death brutal et où la patte Napalm se reconnaît instantanément. Ewigkeit donne dans la pure Techno, Ultraviolence porte décidemment bien son nom, OLD nous martyrise les neurones mais tout cela n'est rien en comparaison de la tornade destructrice qui suit * la rencontre entre le DJ Freak et Brutal Truth. Comment dire. La violence et la sauvagerie pure qui règne ne trouvent d'équilibre que dans l'annihilation pure et simple proposée par le DJ. Un Death Industriel terrifiant, véritable apocalypse sonore, un déluge incroyablement violent et froid, entre coups de bombes atomiques, bobines de cinémas, soupapes et riffs d'animaux. L'herbe ne repoussera pas. Un peu comme si le Info Dump de Strapping Young Lad avait fini de voir Devin Townsend fou. Derrière encore, deux bons gros remix industriels et next.

Dernier bébé, le Metal le plus barré du label. Bon, quand on voit les 22 secondes du The Kill de Napalm Death qui lance la dernière rasade, on se dit que le label en a encore dans le ventre. Impression confirmée quand on se prend le Ill Neglect de Brutal Truth. On alterne le grind, le Death, l'Indus (aaah, Godflesh...), on se prend encore une bonne grosse mandale. Et comment mettre un terme à ce second volet ? En mettant deux bombes Grind qui vous pètent à la gueule. Manque plus que le suppositoire et au lit !

En conclusion, victoire par un K.O. terrassant de Earache qui rappelle à tous les labels actuels et à tous les jeunes groupes que sans lui, le Metal ne serait pas ce qu'il est. Entre oldies mémorables et morceaux récents et excellents, voici donc un second volet tout aussi indispensable que le premier, peut-être encore plus efficace et qu'il convient de déclarer sur la place publique comme Culte. Un peu comme le label. Alors on prend ses deux mains, on applaudit bien fort, et on se prosterne devant l'un des plus grands labels de l'histoire du Metal. Merci Earache.