Empires Of Eden

Artiste/Groupe

Empires Of Eden

CD

Channelling The Infinite

Date de sortie

Juin 2012

Label

Music Buy Mail / Cargo Records

Style

Power Metal Mélodique

Chroniqueur

Blaster of Muppets

Note Blaster of Muppets

14/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

Stu Marshall, guitariste australien de son état, revient pour un troisième assaut mené par son projet Empires Of Eden. Le concept est le même que sur les deux opus précédents : du heavy/speed mélodique caractérisé par de la descente de manche acrobatique et une pléiade de chanteurs invités pour l'occasion. Mais qui est venu pousser la chansonnette cette fois-ci ? Quelques pointures tout de même, puisque nous retrouvons l'excellent Steve Grimmett (Grim Reaper, Grimmstine, ex-Lionsheart...), le cultissime Udo Dirkschneider (ex-AcceptUDO), le puissant Rob Rock (Impellitteri, Driver), le terrassant Sean Peck (Cage), mais aussi Mike Dimeo (ex-Riot, ex-Masterplan), pour n'en citer que quelques-uns. Tout ce beau monde s'est donc réuni pour nous servir une bonne dose de power metal épique qui décoiffe... sur le papier, en tout cas. La question est maintenant de savoir si les compos de Mr. Marshall sont à la hauteur des attentes suscitées par une brochette de musiciens si talentueux.

L'ensemble est plutôt agréable et bien fait, convenons-en, mais quelques petites choses manquent pour faire de ce Channelling The Infinite un incontournable du genre. Un peu de nuance ainsi que davantage de variété n'auraient pas fait de mal à cet album. OK, ça joue vite, ça joue fort, les manches de guitares sont parcourus dans tous les sens, la double grosse caisse n'a pas fait le déplacement pour rien (Jason Manewell est un batteur puissant qui laisse peu de répit à son instrument), et les vocalistes se tirent la bourre afin que l'on puisse déterminer lequel d'entre-eux chante le plus fort et le plus haut. Musicalement, on sent bien que le metal pratiqué par notre ami australien puise ses origines en Europe (on pense aux heures les plus "musclées" de groupes comme Accept, Judas Priest, Helloween ou Edguy... ) et si le leader d'Empires Of Eden ne réinvente rien, il sait balancer quelques compos franchement efficaces.

On peut reprocher un léger manque de surprises à l'ensemble, mais il faut reconnaître que le guitariste a su proposer aux vocalistes des compos adaptées à leur style, et donc proches de leurs groupes d'origine. C'est assez flagrant avec la mid-tempo heavy et très carrée : Hammer Down. Interprétée par Udo Dirkschneider, cette chanson rappelle évidemment le style résolument 80's d'Accept. Même remarque pour la chanson titre plus ancrée dans les 90's, confiée à Sean Peck, et qui se rapproche très logiquement de l'univers de Cage, avec un tempo speed et des riffs très Priestiens (époque Painkiller). Dans ce contexte, il n'est donc pas étonnant de constater que des chansons comme This Time et Your Eyes officient dans un heavy plus hard rock que power metal, puisqu'elles sont respectivement chantées par Steve Grimmett et Mike Dimeo. Ces compos mélodiques font d'ailleurs beaucoup de bien au disque car elles permettent de l'aérer. Tout comme la très réussie Lions For Lambs, à la mélodie accrocheuse (très bon refrain), et sur laquelle Alessandro Del Vecchio livre une performance impeccable (il me fait penser à un certain Mats Levén sur ce titre). 
Le reste de la galette est essentiellement speed, c'est souvent convaincant mais parfois un peu fatiguant. Parmi les réussites, on pourra compter Cry Out (pas la plus véloce mais servie par un refrain bien fait, chanté par un Rob Rock irréprochable) ou World On Fire, classique mais très efficace (Louie Gorgievksi est, lui aussi, à son avantage, même si son chant se rapproche un peu trop de celui de Tobias Sammet). Par contre, Cyborg finit par prendre un peu la tête. Et c'est quoi ce premier couplet suraigu ?? C'est pour affoler les chiens du quartier ?? Alors soit, Carlos Zema est un monstre mais là, désolé... il ne faut pas recommencer, monsieur ! Dans la série "pourquoi éviter les clichés ?", White Wings se pose là. Un numéro heavy/speed pas désagréable mais qui n'apporte rien de spécial au genre. Et vous l'aurez sans doute deviné, les "White Wings" dont on parle sont des "wings of destiny"... Vous comprenez pourquoi je vous parlais de clichés ?

Il y a de l'énergie, de la technique, du chant de haute volée et des tempos enlevés dans Channelling The Infinite. Largement de quoi satisfaire les amateurs de power metal mélodique bien speedé. Cependant, si l'ensemble est plutôt bien fichu et efficace, ça manque d'hymnes inoubliables et on se trouve parfois en présence de quelques longueurs ou compos peu mémorables. Les fans des chanteurs mobilisés pour l'occasion et les aficionados de guitares en folie feraient tout de même bien de s'intéresser à Empires Of Eden, ils ne découvriront pas l'album du siècle mais trouveront assurément de quoi passer un bon moment. 

 

Tracklist de Channelling The Infinite :

01. Cry Out (feat. Rob Rock)
02. Hammer Down (feat. Udo Dirskchneider
03. This Time (feat. Steve Grimmett
04. Channelling The Infinite (feat. Sean Peck
05. Lions For Lambs (feat. Alessandro Del Vecchio
06. Cyborg (feat. Carlos Zema
07. World On Fire (feat. Louie Gorgievksi
08. Your Eyes (feat. Mike Dimeo
09. Born A King (feat. Danny Cecati
10. As Flames Scorch The Ground (feat. Vo Simpson
11. White Wings (feat. Ronny Munroe
12. Hammer Down - All Star Version (bonus track)
13. Born A King (bonus track with Sean Peck)

Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum !