Enochian Theory

Artiste/Groupe

Enochian Theory

CD

Life... And All It Entails

Date de sortie

Mars 2012

Label

Mascot Records

Style

Metal Progressif

Chroniqueur

Didier

Note Didier

13/20

Site Officiel Artiste

Myspace Artiste

C H R O N I Q U E

A la vache ! pas toujours facile de chroniquer des albums. Surtout dans les style assez techniques et émotionnels que sont le progressif ou le metal progressif. J'avais beaucoup lu de bonnes choses à propos du précédent album d'Enochian Theory, Evolution : Creatio Ex Nihilio (oui je sais tout ça parait bien compliqué), mais jamais entendu d'extraits. D'après les chroniques c'était un excellent album de metal prog et forcément, je me suis dévoué pour m'occuper de celui-ci au titre tout aussi complexe de : Life... And All It Entails...
Derrière ce mystérieux nom de groupe (l'Enochien serait un langage divin parlé par les anges, avec un alphabet, et dont certaines lettres ont été utilisées ensuite par les satanistes), se cache un trio anglais composé de Sam Street (batterie), Shaun Rayment (basse) et Ben Harris Hayes (chant, claviers, guitares).

Premier petit détail étrange, sur la tracklist, le morceau 0, titré Zero Is Also a Number n'existe bien sûr pas sur le CD : humour anglais ! Ensuite ça commence avec un excellent This Aching Isolation qui donne le ton de l'album qui sera très mélancolique, voire dépressif. Sur ce premier morceau on pense de suite aux Polonais de Riverside. La voix de Ben y est pour beaucoup, cultivant une certaine fragilité, assez monocorde. J'aime beaucoup ce morceau tout en beauté fragile. On note quand même que les riffs de guitare sont assez en retrait, baignés par une bonne couche de synthés, rendant les choses moins contrastées et percutantes que je ne l'avais imaginé. Sur le morceau qui suit, on s'enfonce un peu plus dans la mélancolie, avec un Hz (ben ouais, le symbole des Hertz) qui me rappelle la joie de vivre de nos américains de Tool. Non mais sérieusement, c'est le thème de la guitare qui donne cet effet. Encore un chouette morceau, assez orchestré, et émouvant, carrément triste.
Sur le titre en latin Non Sum Qualis Eram ("je ne suis plus ce que j'ai été"), on s'ennuie sec, bruitages, trucs qu'on ne comprend pas, au final quatre minutes douze de remplissage carrément inutile. J'ai beau éplucher la jaquette, je ne trouve pas la clef du mystère. Je vois d'autres titres en latin dans la tracklist, ça m'inquiète. Heureusement Distances remets du baume au cœur, enfin façon de parler car même si c'est très mélodieux, ça reste hyper mélancolique. On note une excellente ligne de basse, un bon piano et un chouette travail de voix de Ben. C'est encore un morceau qui rappelle Riverside (la basse, le break), et que j'aime beaucoup. On enchaine sur Inversions, plutôt réussi avec un sacré bon piano et quelques riffs de guitare qu'on aurait aimé plus appuyés. Bon, revoilà les délires casse-bonbons. Là c'est carrément exaspérant avec une voix de femme qui répète dans un haut-parleur les mêmes paroles sans arrêt. Arrrrrrrggg insupportable ! Si au moins on avait une vague explication ? Encore un titre en latin et une minute trente-huit de gaspillée.
In Times Of Silence ne me convainc guère, ce n'est pas un mauvais morceau, mais il glisse sur moi, sans laisser de trace. Ah, tiens, enfin un choc ! Pile au moment où je me dis que l'intro de For Your Glory, Great Deceiver, me fait penser à Opeth, je me prends le chant death entre les dents. Moins réussi que le chant de Mickael Akerfeld, à mon goût, ça surprend quand même son homme. Je n'aime pas beaucoup ce genre de chant, mais je suis presque content de l'entendre pour briser la léthargie qui m'a gagné. On revient à un chant plus calme avec un titre en latin plutôt sympa, histoire de me faire mentir pour le latin: Nisi Credideritis, Non Intelligetis ("tu ne comprendras pas ce auquel tu ne crois pas"). On croise un peu les styles de Riverside et de Porcupine Tree dans ce morceau. Le phrasé du chant est un peu étrange, mais c'est un morceau des plus réussis de l'album. Le final surprend un peu avec un chant death sur fond de violons cauchemardesques et de tempos atypiques. The Motives of the Machine me rappelle l'album Be de Pain Of Salvation, avec un joli instrumental, mené par une bonne ligne de basse et des interventions de gens qui nous causent de l'être humain. Un peu mystique, mais très agréable. Singularities, après une intro qui semblait violente, est au final assez calme, bien chantée, très orchestrée et accompagnée de petites répliques de voix death et de lointains riffs de guitare. Love est encore un morceau très calme où on peut entendre un bon solo de guitare acoustique, le gros du morceau étant composé d'un piano, de violons et de la voix de Ben.

Notons aussi que le bonus track The Fire Around the Lotus est un morceau de Evolution : Creatio Ex Nihilio remastérisé pour l'occasion. C'est un morceau qui alterne les moments calmes et mélancoliques avec d'autres en chant death effrayants. On note au passage que la guitare est beaucoup plus présente et bien plus puissante que dans tous les autres morceaux de l'album (tiens, tiens). J'aime beaucoup ce morceau et me dit que finalement, je ferais peut-être bien de me trouver ce fameux Evolution : Creatio Ex Nihilio.

Au final, je dirais que le compte n'y est malheureusement pas, d'où la difficulté à le chroniquer exprimée au départ. Je n'aime pas avouer une déception et pourtant, malgré les tentatives nombreuses, je dois l'admettre, il y a trop de déchets sur l'album, on s'ennuie sec sur certains passages, on perd le fil, il manque l'accroche que j'espérais. Ou bien je suis passé à côté d'un concept, d'un truc trop complexe, ou je suis trop stupide et c'en est encore plus rageant. L'album file un peu le bourdon, c'est sombre, et globalement un peu mou. Il manque du contraste, des moments chocs, je ne sais pas exactement, mais un petit quelque chose. Peut être tout simplement trop d'accent mis sur les claviers et pas assez sur la guitare. Du coup on est assez loin du metal prog espéré.

Evolution ou faux pas, l'avenir le dira...


Tracklist de Life... And All It Entails... :

00. Zero Is Also a Number
01. This Aching Isolation
02. Hz
03. Non Sum Qualis Eram
04. Distances
05. Inversions
06. Creatio Ex Nihilio
07. In Times of Silence
08. For Your Glory, Great Deceiver
09. Nisi Credideritis, Non Intelligetis
10. The Motives of the Machine
11. Singularities
12. Loves
13. The Fire Around the Lotus (Remastered) 

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