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Evenoire
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C H R O N I Q U EEvenoire est un groupe tout droit venu d'Italie et qui sort son premier album grâce à ses compatriotes de Scarlet Records. Si la pochette peut presque faire penser à celle du troisième album d'In This Moment (la seule couleur de l'arbre étant sur les feuilles et étant aussi le bleu...), musicalement, il n'en est rien. Pochette qui se veut aussi un peu conventionnelle pour le genre, guère surprenante ou tape à l'oeil, c'est tout juste si elle intrigue. Mais passons outre cet artwork non révolutionnaire et penchons-nous sur Vitriol, qui, espérons-le n'aura pas le même effet qu'une pluie d'acide ! (Oui, je le reconnais, le jeu de mot est mauvais, mais que voulez-vous, on ne se refait pas !) L'album débute par une intro, très conventionnelle, symphonique, un peu sombre et qui gagne en intensité au fur et à mesure que la minute trente défile. C'est avec Days Of The Blackbird que les hostilités commencent. Et on réalise que le folk dans le groupe, c'est la flûte un peu dansante, et que le gothic n'est pas du gothic, juste du metal avec une chanteuse qui utilise quelques petites touches de vrai metal gothic. Oui, ça semble sombre, oui, il y a un grunter, une voix lyrique d'épouvante en arrière plan, mais ça n'a rien de véritablement gothic ni folk. On nous aurait donc menti... Et malgré ce mensonge éhonté apparent, on décèle quand même dès le début de cet album un potentiel certain. Maintenant, reste à savoir s'il est véritablement exploité ou si le groupe n'a pas poussé son talent. Misleading Paradise commence par une flûte plutôt entraînante, puis les guitares lourdes et la rythmique arrivent pour justifier une fois de plus un classification dans un genre auquel Evenoire n'appartient pas. On sent toujours le potentiel, mais le sentiment que le groupe a bien plus en réserve persiste et cela restera jusqu'au dernier morceau. Sur tout l'opus, la voix de Lisy Stefanoni enchante : arabisante sur l'intro de Forever Gone puis délicate sur le couplet pour revenir dans la force dans le refrain, elle a un chant juste, clair. La demoiselle tente même des poussées vers un chant lyrique et elle ne faillit pas dans cet exercice au combien compliqué pour certaines chanteuses. Un chant varié, tout comme la musique. Et pourtant, on reprochera à l'Italienne de trop en faire, à être trop poussive dans ses lignes de chants. Voudrait-elle palier à un défaut de production pour se faire entendre ? Pourtant, on ne peut pas faire de reproche à la production qui sert plus le groupe qu'autre chose et qui lui permet de marquer des points là où d'autres groupes échouent, premier album oblige, les moyens ne suivant pas toujours. The Prayer, une ballade qui sert d'interlude n'apporte pas grand chose à l'opus, si ce n'est effectivement une respiration et du repos après que nos oreilles aient un peu souffert par la voix parfois trop gueularde de la brune. Girl By The Lake confirme quant à elle que le groupe fait dans le conventionnel. Le côté symphonique du début ne fait qu'écho qu'à ce que les groupes de metal symphonique ont fait avant eux, le mélange d'un rythme soutenu puis plus lent et calme qui forment un le morceau le plus long de l'album. Maitrisé certes, mais sans grand intérêt. C'est avec le morceau suivant que le groupe va faire mouche et réaliser le morceau le plus surprenant de Vitriol. Evenoire explore vraiment son côté folk avec ses guitares et sa rythmique. Même le chant de Lisy est changeant, dynamique, dansant. Un morceau énergique, qui montre le potentiel de la formation et qui provoque même l'enthousiasme que l'on avait pas jusqu'à présent. Il est bien dommage qu'il faille attendre le septième morceau pour avoir quelque chose qui sort du lot, et surtout que les deux derniers morceaux ne suivent pas. On retombe dans les morceaux assez clichés et déjà entendus, avec en prime sur Wise King, un clavier arabisant qui fait presque du hors sujet par son côté électro. Le gros point positif de l'album sera donc la voix de sa représentante féminine. Et pourtant Lisy pourra parfois agacer en forçant trop. Son accompagnateur masculin, présent sur une minorité de titre, lui ne réussira pas à charmer l'auditeur par des apparition presque inutiles et pas de très bonne qualité. Quant à la musique, si elle est mélodique, si elle est maîtrisée, si elle bénéficie d'une très bonne production, si elle peut surprendre sur de cours instants, elle se veut trop conventionnelle et ne révolutionne véritablement pas le genre. Evenoire semblerait donc être un groupe de plus avec une chanteuse... Et pourtant, il y a du potentiel. Ce n'est pas une pluie d'acide que l'on aura pris avec Vitriol, mais une douche plus tiédasse qu'autre chose. Mais laissons-leur le bénéfice du doute, après tout, ce n'est qu'un premier album !
Tracklist de Vitriol : 01. Vitriol
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