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Fastway
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C H R O N I Q U EQuand je disais dans mon édito l’autre jour, que les vieux sont toujours là, je ne croyais pas si bien dire. Voilà que Fastway sort un nouvel album, Eat Dog Eat (j’avoue que je connaissais l’expression Dog Eat Dog, mais pas l’inverse mais bon...) Fastway devrait réveiller en vous quelques souvenirs, enfin, en tout cas pour ceux qui était déjà des hardos dans les années 80. Formé en 1983 avec à sa tête "Fast" Eddy Clarke (Motörhead) et Pete Way (UFO) et au chant Dave King. A priori, vous l’aurez compris, un assemblage plutôt intéressant même si Pete Way n’y fit pas long feu. Fastway sort un album éponyme puis deux albums qui rencontrent un franc succès : All Fired Up et Waiting For The Roar. Pour ceux que ça intéresse, ces deux albums sont disponibles sous forme d’un mini coffret, à un prix fort raisonnable. Grâce à ces succès, Fastway se retrouve à ouvrir pour les plus grands de l’époque (AC/DC). En 1988 sort un déjà moins inspiré On Target puis en 1990 Bad Bad Girls. En 1991, ils se séparent et après quelques tentatives foirées de remonter l’affaire c’est finalement en 2007 que Fastway renaît de ses cendres avec au chant Toby Jepson (Little Angel) qui assure aussi la basse et Matt Eldridge aux fûts. Cet album sort donc vingt-et-un ans après le précédent. La vache ! Autant lâcher le morceau tout de suite, c’est un excellent album qui comblera sans problème les amateurs de bon hard rock et autres fans (plutôt que nostalgiques) des années 80 (dont je fais partie). Je classerai, surprise, cet album au même niveau que l’album solo de Brian Robertson. Le son est tout à fait actuel (il défonce), avec une prod aux petits oignons et les compos de Fast Eddie (perso je ne l’ai jamais trouvé si rapide, mais bon à l’époque Yngwie n’avait pas encore chamboulé le paysage guitaristique) sont particulièrement réussies. Il a eu du temps pour les travailler, ceci dit. Pas de faiblesse sur cet album, on commence fort et on ne relâche jamais la pression. Le premier morceau Deliver Me, donne une idée du contenu de la galette avec un riff massif, et une magnifique voix qui est celle de Toby (qui me fait pas mal penser à Myles Kennedy). Gros riff donc, bonne voix, mid tempo, excellent. Eddy n’a pas perdu la main, comme Brian Robertson, il est adepte de la wah-wah et des solos pas si rapides mais si inspirés, qui me semblent bien plus efficaces. Le refrain est archi accrocheur, que demander de plus ? Ben, il suffit de continuer à écouter. Car le Eddy semble avoir retrouvé une bonne inspiration. Avec Fade Out, il trouve encore le chemin de la chanson qui accroche l’auditeur : belle voix chaude, une basse simple mais efficace et un bon refrain. Ca semble facile pour lui ! Très facile. Les titres s’enchainent comme autant d’appel au tapé-du-pied et au bougé-de-tête. Le blues rock Leave The Light On ou l’excellent Sick As A Dog (dont l’intro fait immanquablement penser à du vieux Motörhead) sont des plus réussis. La ballade Dead And Gone est très sympatoche, pourtant je suis rarement fan, mais là j’accroche bien, faut dire que la guitare acoustique est prenante et la prestation de Toby au chant, troublante... que d’émotion ! Les fans de Bon Jovi pourraient bien y trouver leur compte. Le morceau s’énerve et change de style vers le milieu, le chant est toujours impressionnant, on pense encore à Myles Kennedy dans le style vocal. Franchement pas de passage à vide dans cet album grâce à ce savant mélange de superbe voix, de refrains accrocheurs et de bons riffs. Dans Do You Believe, Fast Eddy manie habilement sa pédale wah-wah, épaulé par une bonne grosse basse, le solo est fort inspiré, lent et subtil. Dans Love I Need, très bluesy, on pense un peu à Black Country Communion, c’est bien fait, et ça s’accroche bien au bulbe. On termine avec un On And On, qui, une fois de plus me fait penser à du Alter Bridge, propret et efficace. On termine avec une seule envie, s’en remettre une petite dose depuis le début. Certes, cet album n’invente rien musicalement. Par contre, il délivre une dose massive de bonnes ondes rock’n’roll, ce qui fait un bien fou au quadragénaire qui rédige cette chronique. Pas de prise de tête, on comprend tout, tout de suite, c’est du hard rock, teinté de blues, le chant y est des plus agréable, la guitare très inspirée et finalement ça devient très vite un album qu’on écoute régulièrement. Merci les gars, mais n'attendez pas vingt ans pour revenir !
01. Deliver me
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