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Graveworm
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C H R O N I Q U E
On ne va pas se le cacher, si l’on veut faire fortune dans la musique, mieux vaut éviter de faire du metal. Parfois, à force de persévérance ou de chance, on accède à la notoriété. Mais encore faut-il avoir la bonne idée et du talent à revendre. Bref, c’est pas gagné. Avec vingt ans d’existence et un huitième album au compteur, les transalpins de Graveworm ont de la ténacité à revendre. Et un certain sens de l’opportunisme au passage en transformant son black metal atmosphérique des débuts en metal gothique pas vraiment salué par la critique. Graveworm, malgré le soutien de Nuclear Blast, n’a jamais vraiment percé. Alors à l’annonce de la sortie de Fragments Of Death, on pouvait se demander si la bande à Stefano Fiori allait verser dans le renouveau ou le chant du cygne. Et ça part plutôt fort avec Insomnia, bourrin et martial avec un bon refrain mélodique. Le morceau va directement à l’essentiel, ce qui est généralement une bonne entrée en matière. Mais le problème, c’est que le soufflé retombe très vite et la suite de l’album est une succession de ritournelles sans intérêt. Techniquement, le groupe est en place. La production est excellente. Mais l’inspiration est partie sans laisser d’adresse. Le sentiment de remplissage est flagrant. Il faut dire que des morceaux comme Only Death In Our Wake ou Living Nightmare sont d’une platitude exaspérante. Sitôt écoutés, il n’existe aucune envie de replonger dedans. Pire encore, le groupe tombe dans le pataud sur Where Angels Do Not Fly ou The World Will Die In Flames, aux relents de mauvais death mélodique. Finalement, Graveworm s’en sort mieux en reprenant les vieilles ficelles black, comme See No Future, malheureusement gâchée par sa longueur. Anxiety, bien porté par une voix claire excellente, rehausse le niveau de l’album et prouve que les italiens peuvent encore pondre des hymnes convaincants. C’est beaucoup et c’est bien peu. Peut-être suis-je un peu trop sévère car Fragments Of Death n’est pas, à proprement parler, un mauvais album. Il est juste inintéressant. On se doute que les belles années de Graveworm sont derrière eux mais ce n’est pas en maintenant le pilotage automatique que la gloire va pointer le bout de son nez. Dommage car le potentiel est indéniable mais on en n'attend plus rien. Tracklist de Fragments Of Death : 01. Insomnia Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
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