|
|||||||||||||||||
Hackneyed
|
C H R O N I Q U E
Avoir l’encéphalogramme plat constitue médicalement un état de mort cérébrale. Autrement dit, vous êtes dans de beaux draps. En musique, l’expression est parfois utilisée pour exprimer un ressenti sur un album que l’on a trouvé sans saveur, qui s’écoute sans vraiment d’intérêt. C’est exactement ce qu’il vient de m’arriver à l’écoute du nouvel album de Hackneyed. Carnival Cadavre est le troisième album de cette très jeune formation allemande, pourtant née sous une bonne étoile. Repérés par un grand ponte de Nuclear Blast, les teutons deviennent le plus jeune groupe à signer avec la major. Les portes grandes ouvertes, ils partent en tournée avec Nile et Kataklysm, participent aux plus grands festivals. Las, l’âge d’or semble déjà derrière eux. Quelques mouvements de line-up et la signature chez Lifeforce Records montrent que l’heure n’est plus vraiment à la rigolade pour Hackneyed. Alors quoi de mieux qu’un nouvel album pour se refaire la cerise ? Manque de chance, je doute fortement que le death moderne de Carnival Cadavre intéresse vraiment quelqu’un. Car il est totalement insipide. Fondé en majeure partie sur du mid tempo, Hackneyed donne l’impression d’être en pilotage automatique, se basant simplement sur une rythmique qui fait son travail et des growls entendus mille fois. Pourtant, passée une intro présentée par un Monsieur Loyal démoniaque, on se prend à croire à une bonne claque. Mais les morceaux sont patauds, sans vie, enchaînant les breaks, les ponts calmes et les accélérations, histoire de dire que l’on en a dans le ventre. Bref, chiant comme un dimanche d’automne sous la pluie. Ce qui est dommage dans cette affaire, c’est que lorsqu’Hackneyed sort un minimum de sa torpeur, cela donne quelques moments agréables, comme les solos de Feed The Lions ou le bastonnage teinté de mélancolie de Curse The Obscure. Mais comme disent les enfoirés (ne prenez pas cela pour une de mes références musicales), c’est beaucoup et c’est bien peu. On sent vaguement un potentiel mais largué dans une vague inintéressante. Carnival Cadavre fait partie de cette multitude d’albums de death (ou d’autres styles) qui finissent par prendre la poussière assez rapidement. Hackneyed n’a semble-t-il pas pris assez de temps pour créer ou peaufiner un style, se bornant à répéter des riffs maintes fois entendus. Deux îlots au milieu d’un océan d’ennui, c’est bien peu pour éviter la noyade.
Tracklist de Carnival Cadavre : 01. Raze The Curtain Venez donc discuter de cette chronique, sur notre forum ! |
||||||||||||||||