BEYOND THE STYX "Divid",
CRIPPLED BLACK PHOENIX "Sceaduhelm",
ARMORED SAINT "Emotion Factory Reset",
THE MOON AND THE NIGHTSPIRIT "Seed Of The Formless",
VANIR "Wyrd"
Le hard FM c’est LE genre metal qui fait le plus causer, qui divise le plus, et ça depuis la nuit des temps. Deux catégories s’opposent et sont aussi irréconciliables que des fans de l’OM d’un côté et du PSG de l’autre (qu’on me pardonne cette métaphore footballistique, mais c’est de saison). A ma gauche les pros qui vont se targuer d’argumenter que les mélodies sont à tomber, tout comme les solos shreds ou encore les chœurs, que les groupes sont sans cesse à la recherche de la meilleure chanson possible, tout en technique et touchant le plus grand nombre possible. C’est pas faux… A ma droite les anti qui considèrent ces groupes peroxydés pour midinettes avec autant d’intérêt qu’une fourmi marchant sur une terrasse un soir d’été, que le seul but de leur existence est d’avoir la liste de groupie la plus longue en tournée et que les albums se suivent et se ressemblent tous, comme les groupes.
Impossible à rabibocher, qu’j’vous dis. En tout cas cette courte intro un peu hors sujet pour dire que Harsh baigne dans cette catégorie Hard FM, et gage supplémentaire de plaisir, ils sont bien de chez nous puisqu’ils sont parisiens. Pour une fois qu’un groupe français suit ce sillon hard FM, profitons-en ! Harsh c’est l’alchimie d’Albert Arnold au chant et à la guitare, Séverin Piozzoli à la guitare, Julien Martin à la basse et Leo Löwenthal à la batterie (je ne cite pas les chœurs, l’ensemble des membres s’y colle). Avec ce nouvel album, Harsh va nous offrir un manifeste de hard FM, mais pas que, le groupe prouve sur chaque titre qu’ils maitrisent leur sujet, leur technique et assurent plus qu’il ne faut. Alors Hard FM, selon mes propres cages à miel puisqu’ils jouent à la frontière de plusieurs cases, Hard Rock, Glam, voire Heavy Rock. Mais bon, pour cette fois, et toujours selon votre serviteur, j’y ai trouvé du hard FM, au sens le plus noble du terme, donc je m’en tiens à mes oreilles. Certains ne partageront pas, d’autres peut-être, chacun ira de son propre commentaire, mais en attendant il est surtout grand temps de se plonger dans cet opus.
Avec quelques titres marquants sur cet opus le groupe va embarquer beaucoup de monde avec eux. Il suffit d’écouter une seule fois All I Ever Wanted pour comprendre. Un riff et une mélodie et en dix secondes on sait que Harsh tient un hit en puissance. C’est juste excellent, ça se retient bien malgré nous avec ce refrain parfait, du grand art.
Un peu plus loin on trouve Forever Yesterday, une sorte de ballade aux relents rock US, façon désert californien. Ici on sent une inspiration Zeppelinienne du meilleur effet et un morceau là-aussi toppisime (oui je sais ça risque de se répéter).
Avec Back To Life le groupe part dans un délire plus funk qui groove pas mal, tout en conservant cet esprit hard FM. Ils varient les plaisirs, ce qui permet de maintenir l’auditeur en haleine à chaque fois. Comme une autre corde à leur arc, Harsh va aussi se pencher sur des moments plus hard rock sur Never Gonna See Me Fall dont l’inspiration Aerosmith est indéniable et sacrément bien foutue. Sans singer leurs pairs, ils offrent un moment de hard, certes très abordable, mais tellement bien torché que ça laisse pantois (moi le premier). Et bien entendu je garde le meilleur pour la fin.
Si Harsh est connu pour son travail et ses compositions, ils sont aussi férus de reprises, et ici c’est la Maniac de Michael Sembello que tout le monde connait comme la BO de Flashdanse, j’en reste là sur ce sujet et je ne vais surtout pas blablater sur ce film, chacun comprendra. Par contre cette version de Harsh est une dinguerie monumentale puisqu’ils arrivent à donner un côté punchy et rock à ce titre, tout en conservant l’esprit. Leur version est addictive et ils emportent tout sur leur passage avec ce titre placé au beau milieu de l’album. Bien vu les gars.
Le lecteur assidu l’aura compris, je fais bel et bien partie de l’une des catégories citées au début. Il est fort probable que les autres me tombent dessus après avoir parcouru cette missive. Mais j’assume ! D’ailleurs si le groupe n’attrape pas un coup de cœur c’est uniquement la présence un peu intempestive des Who-ho sur tout l’album, mais je reconnais qu’un groupe de hard FM sans Who-Ho, c’est comme un gâteau sans sa cerise. Il n’empêche que Feels est un album plein comme un œuf et Harsh un groupe à découvrir et à suivre tant leur maitrise du style est impressionnante. Alors Hard Rock ? Hard FM ? Heavy Rock ? Glam Metal ? Franchement on s’en fou, c’est excellent et c’est la conclusion qui s’impose ici.
Tracklist de Feels: 01. Break Your Way 02. All I Ever Wanted 03. Fuel To The Fire 04. Offer You A Rome 05. Don’t Mess With Me 06. Forever Yesterday 07. Back To Life 08. Maniac 09. Losing My Mind 10. Dancing Dancing 11. Never Gonna See Me Fall 12. When We’re Together